
Vous venez de décrocher le prix du meilleur court métrage au Festival international du film amazigh Issni N'Ourgh d'Agadir, au Maroc, peut-on avoir vos impressions après cette distinction 'Je suis vraiment très content d'avoir eu ce prix. L'objectif de ma participation à ce festival était plutôt de faire des rencontres avec des réalisateurs et des artistes. Je l'ai eu, tant mieux. Je le dédie en premier lieu à ma mère, qui m'a aidé et soutenu dans la réalisation de ce court métrage. J'ai beaucoup profité de son expérience et de sa connaissance sur la maison traditionnelle kabyle. Cet espace vital, qui contient en lui toute l'organisation et le mode de vie familiale kabyle doit absolument être sauvé de l'oubli et de la dégradation.Vous avez participé avec un court métrage traitant de la protection du patrimoine architectural kabyle ancien, peut-on savoir comment vous avez eu l'idée de choisir ce sujet 'Honnêtement, ça fait mal de voir les maisons kabyles anciennes, authentiques, délaissées et défigurées par les nouvelles constructions, souvent anarchiques, désordonnées et inachevées de surcroît. Toutefois, l'idée de faire ce film m'est venue en évoluant auprès de la maison traditionnelle de mes voisins (Tazeqqa n Dda Qaci). Son état de délabrement m'a fait de la peine, sa toiture effondrée et ses murs délabrés. J'ai essayé alors de décrire l'état de cette demeure à travers mon film, qui n'est qu'un appel à la préservation et à la sauvegarde de la maison traditionnelle et du patrimoine kabyle qui nous est cher.Je voudrais faire remarquer que la poterie utilisée dans le film a été façonnée, fabriquée et décorée avec art et amour, par yemma et, en fait, c'est elle qui mérite un vibrant hommage pour son assistance et sa patience durant la réalisation.Pouvez-vous nous parler des étapes et conditions de réalisation de votre film 'J'ai réalisé ce film en 2013, mais l'idée de le faire cogitait dans ma tête quelques années auparavant. J'ai commencé seul, par des prises d'images au bled, chose qui me prit une bonne semaine de travail. Puis, ma mère m'a rejoint pour le travail de la mise en scène, sans oublier mes s?urs, qui m'ont donné un coup de main. Ensuite, il y a mes frères, dont le jeune Djillali et mon ami Slimane Ouali, qui m'ont aidé à prendre des photos, mais aussi plusieurs jeunes du village.C'était véritablement une aventure passionnante, avec tous ces gens qui ont participé à la réalisation du film, et de manière authentique avec beaucoup d'humour dans cette maison kabyle.Puis, j'ai pris le son de chaque objet artisanal, en le mixant au reflet de la percussion pour en faire des airs musicaux. J'ai essayé en quelque sorte de donner aux images une connotation plus artistique. Le travail de mixage m'a pris des jours et des nuits, vu que c'est la partie la plus complexe dans la réalisation, il fallait ainsi faire le montage du film image par image parfaitement calées sur le son enregistré.Avez-vous déjà réalisé d'autres productions cinématographiques 'Mes premières réalisations remontent à 2007. J'ai réalisé des petits films qui ont un rapport avec la peinture. Etant diplômé de l'Ecole des beaux-arts de Marseille, j'ai eu l'occasion d'assister, en 2003, dans cette ville, au Festival du film d'animation, où j'ai rencontré plusieurs artistes et réalisateurs de courts métrages. Dès lors, j'ai décidé de me lancer dans la réalisation de films courts. J'ai alors réalisé Obsession de Carrée, un film qui a remporté le prix du jury au Festival du film vidéo à Nîmes, en 2008. Cela m'a encouragé à faire d'autres courts métrages, dont les thèmes concordent parfaitement avec ceux de ma peinture et ma musique et en fonction de mon inspiration, bien sûr. D'autres films suivront au moment opportun.Vous êtes également artiste-peintre et musicien...Oui, j'aime toucher à plusieurs disciplines. Je n'aime pas me confiner dans un seul domaine. Et vu que la musique, la peinture et la réalisation son complémentaires, j'essaie de produire du mieux que je peux. Dans mes spectacles de musique, j'aime bien conjuguer projections de vidéos ou d'images de mes peintures sur scène pour agrémenter le show. Il m'arrive aussi de dessiner en live. J'ai déjà fait ça dans plusieurs pays : Canada, Danemark, France, Espagne. J'aimerais un jour pouvoir faire la même chose dans mon propre pays si l'occasion m'était donnée.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafid Azzouzi
Source : www.elwatan.com