Médéa

Menace sur la production automobile

L'industrie automobile continue à subir les effets de la pénurie de semi-conducteurs qui dure depuis plusieurs mois. Plusieurs sites de production ont sensiblement réduit leur rythme de travail pour l'adapter à cette situation inédite. D'autres, rappelons-le, avaient cessé toute activité durant l'été écoulé.À l'origine de cette crise historique, on signale une paralysie des usines de production de ces fameux composants électroniques provoquée par la pandémie de Covid-19. On notera aussi que ces usines sont domiciliées, pour l'écrasante majorité, en Asie et notamment en Chine. Ces producteurs de semi-conducteurs étaient contraints de stopper leur activité, mettant, ainsi, en difficulté leurs partenaires dans l'industrie automobile. Et même si, depuis, ces sites ont repris leur activité, le retard cumulé sur plusieurs mois a sérieusement impacté les volumes de production habituels.
Ce qui a entraîné aujourd'hui des délais de livraison de plus en plus longs, atteignant déjà les 12 mois pour certains modèles à grand succès commercial.
Il faudra plusieurs mois, voire quelques années pour retrouver les équilibres d'avant 2020.
En effet, on apprend que cette pénurie mondiale de puces électroniques pourrait durer jusqu'en 2023 avec des baisses dans les capacités de production. Et même si certains fabricants ont annoncé leur volonté d'investir dans de nouvelles usines de fabrication de ces composants, pour faire face à la demande croissante, leur entrée en production ne saurait intervenir avant deux à trois ans.
Des constructeurs en difficulté
Des grands constructeurs, comme Volkswagen, Toyota ou encore Renault, ont vu leurs volumes de vente subir des chutes drastiques au cours de l'année en cours. En plus du volet commercial, des plans de mise en chômage ou de travail partiel pour leurs nombreux effectifs affectés à la production ont été décidés, ce qui a engendré sur certains sites des tensions et des manifestations contre ces décisions, d'autant que les salaires ont connu une réduction substantielle.
Il est à signaler également que l'utilisation de ces composants électroniques est encore plus indispensable dans la production de véhicules électriques dont l'offre est appelée à se développer, compte tenu des échéances internationales, arrêtées pour la conversion obligatoire à ce type de locomotion.
Par ailleurs, et comme un malheur n'arrive jamais seul, la crise des semi-conducteurs vient d'être aggravée par une autre pénurie qui pointe déjà son nez, à savoir des problèmes de plus en plus confirmés en magnésium. Largement utilisé dans les alliages d'aluminium destinés à l'automobile, le magnésium est essentiellement produit par la Chine et sa production est gravement perturbée par la crise énergétique qui sévit actuellement.
Les pénuries se multiplient
Ce métal, plus léger que l'aluminium, est devenu important pour l'industrie automobile, qui consomme à elle seule près de 35% de la production mondiale. Le magnésium sert à alléger et renforcer l'aluminium, qu'il rend aussi plus facile à usiner. Il est utilisé pour les pièces de l'habitacle, notamment les armatures de volant, les corps de boîtes de vitesse et les structures de sièges.
Sa production est concentrée à 85% en Chine qui assure l'approvisionnement à hauteur de 95% des usines automobiles mondiales.
Les causes de cette perturbation sont liées à la décision des autorités locales de la province de Shaanxi, où sont domiciliées les usines d'imposer aux fonderies de magnésium d'arrêter leur production ou de la réduire de moitié afin de limiter la consommation électrique de la province, en pleine crise énergétique.
C'est dire que la crise que connaît l'industrie automobile mondiale risque de perdurer et d'aggraver encore davantage les déséquilibres entre l'offre et la demande mondiales avec des délais de livraison de plus en plus longs.
Dans cette perspective, l'éventuelle reprise des importations des véhicules neufs en Algérie à partir de 2022 s'annonce dès maintenant sous de mauvais auspices.
Notre marché n'étant pas prioritaire, les futurs concessionnaires devront, sans doute, jouer des coudes pour bénéficier de quotas respectables et surtout de livraisons rapides.
B. Bellil
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