C'est aujourd'hui que s'ouvre dans la sallede conférences et de spectacles de l'Institut de gestion et des sciencescommerciales de M'sallah-Médéa (ex-complexe théâtral) la deuxième édition du«Festival national du théâtre comique» qui est placée, cette année, sousl'hommage au regretté Mohamed Touri-Benamar, l'un des plus talentueux comédiensdu théâtre algérien.En effet, placée sous le haut patronage demadame la Ministrede la Cultureet de monsieur le Wali de Médéa, et entrant dans le cadre de «Alger capitale dela culture arabe», cette deuxième édition se veut un hommage particulier augrand comédien comique que fut le regretté Mohamed Touri, décédé à la fleur del'âge, 45 ans. Un âge où l'artiste atteint véritablement la plénitude de tousses moyens pour l'expression pleine et entière de son talent sur scène. Ainsi,après avoir honoré, lors de sa première édition du mois de novembre 2006, deuxautres grands artistes, le scénographe Abdelkader Ferrah et Sirat Boumediène,tous les acteurs du théâtre national se retrouvent aujourd'hui à Médéa, cetteville d'histoire, de culture et de savoir, pour rendre, à titre posthume, unvibrant hommage à Mohamed Touri.Qui était Mohamed Touri ? Né un lundi 9novembre 1914 à Blida, la ville des roses, il commença par apprendre le SaintCoran, tout en apprenant à lire et à écrire l'arabe. Quelque temps après, il serendra à Constantine où il fréquenta l'une des écoles dirigées parl'Association des oulémas algériens. En 1928, il retournera à Blida, sa villenatale, où il intégrera la troupe théâtrale «El-Amel» des Scouts musulmansalgériens (SMA). En 1933, ce sera la troupe andalouse «El-Widadia», à Blidatoujours, qui l'accueillera dans sa section théâtrale. Ce qui lui permettra decôtoyer les monuments de la musique andalouse que furent les regrettés DahmaneBenachour et Mohamed Benguergoura. Ceci amènera Mohamed Touri à créer, en 1936,sa propre troupe théâtrale. La première troupe théâtrale créée dans la villedes roses, avec comme représentation, la première du genre, «Les malheurs dupauvre» de Moussa Khedaoui. Entamant l'écriture de ses premières pièces enarabe classique, Mohamed Touri dut vite se raviser, devant le fort tauxd'analphabétisme qui caractérisait le public qui suivait ses représentations, àécrire en arabe dialectal (populaire).L'année 1956 verra le commencement de sesdéboires avec l'administration coloniale, dans ce sens qu'il sera accusé«d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat français et de propagande enfaveur des fellaghas» à travers ses pièces théâtrales. «Bien que ses démêlésavec l'administration coloniale aient commencé, en réalité, bien avant ledéclenchement de la Révolution de Novembre 1954", selon l'épouse de MohamedTouri. Emprisonné à Serkadji, à Alger, d'où il sortira trois années plus tardtrès affaibli physiquement par une longue maladie, Mohamed Touri-Benamardécédera le jeudi 30 avril 1959 et repose aujourd'hui à Blida, sa ville natale.Une ville qui espère toujours voir le nom de son fils prodige, Mohamed Touri,rejoindre ceux des 35 artistes de la «Troupe du Front de libération nationale».En plus de ce qu'il aura rendu commeinestimables services au théâtre algérien, Mohamed Tourin, cetauteur-compositeur-comédien et chanteur aura également laissé derrière lui desdizaines de chansons et chansonnettes, aussi comiques que satiriques, dont lesplus célèbres restent «F'louss, f'louss» (l'argent) et «Ana mellit» quiconnaissent, une soixantaine d'années après, le même succès auprès du publicalgérien.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Rabah Benaouda
Source : www.lequotidien-oran.com