Il n'est certainement pas nécessaire d'êtreexpert financier, en matière de dépenses publiques engagées par l'Etat engénéral et par les collectivités locales en particulier, pour savoir que lessommes d'argent en question sont puisées du Trésor public dont une partie estconstituée par l'argent du contribuable.De l'argent est censé être dépensé de façonrationnelle et surtout rigoureuse. Ce qui n'est malheureusement pas toujours lecas. En effet, au moment où la wilaya de Médéa connaît un net regain en matièrede modernisation de ses espaces urbains, touchant pratiquement ses dix-neufdaïras, dans le cadre du vaste plan d'aménagement et d'embellissement entamédepuis le mois d'avril 2006, il est malheureux et désolant, à la fois, de voircertaines stèles, à haute valeur symbolique et des monuments renfermant desdécennies, pour ne pas dire un siècle et plus, d'histoire d'une ville, dans unétat d'abandon total. Une situation qu'une grande majorité de citoyens duchef-lieu de wilaya notamment, n'arrivent pas à comprendre et encore moins àadmettre. Et ils nous l'ont dit avec force détails: «Aquoi riment tous ces énormes efforts, que nous saluons, soutenons etencourageons, entrepris actuellement sous l'impulsion de M. le wali, pourdonner à Médéa un visage qui sied à une ville distante de moins de 90 kmd'Alger, la capitale, une ville qui deviendra, dans 10 ou 15 ans, une banlieuede cette dernière, si d'un autre côté des stèles, des monuments et autres lieuximportants sont complètement abandonnés?» Et ces citoyens de nous citer desexemples très édifiants. En effet, au bout de l'avenue Colonel Tayeb Bougacemidit Si El-Djoughlali (l'ex-rue Gambetta durant la période coloniale) tout prèsdu carrefour Bologhine, se trouve une stèle (l'ancien monument aux morts desFrançais) qui a été restaurée et transformée en lieu de recueillement à lamémoire de nos valeureux chouhada de la Glorieuse Révolution de Novembre. Ellel'a été effectivement depuis l'indépendance du pays jusqu'à la réalisation, ily a une quinzaine d'années du cimetière de chouhada situé à la sortie sud de laville de Médéa. Et depuis, cette stèle se trouve dans un état d'abandon total.Alors qu'à quelques dizaines de mètres plus loin, à la Place des Martyrs(ex-Place d'Armes avant 1962), la Maison de l'Emir Abdelkader vient debénéficier d'une opération de restauration qui fait d'elle, aujourd'hui unmagnifique musée que beaucoup de villes, à travers le pays, voudraientposséder. Une situation dont est victime un boulevard commerçant ducentre-ville et qui va à l'encontre du plan d'aménagement et d'embellissementactuellement mené. A quelques mètres plus loin, une autre image bien triste queconstitue ce bâtiment lugubre, abandonné à 90% qui était pompeusement appelé«centre commercial» et aujourd'hui devenu le lieu de prédilection de tous lesfléaux sociaux et en même temps un vaste urinoir! Et dire qu'il avait engloutides tonnes et des tonnes de béton armé après avoir fait disparaître cemagnifique espace vert que fut le jardin Bréauté, qui faisait la fierté de tousles Médéens. Enremontant l'avenue Si Tayeb El-Djoughlali, on arrive à la Place du 1er Novembre(ex-Place de la République) pour les Français et Placet El-Fougania pour lesMédéens musulmans) au beau milieu de laquelle se trouve le fameux kiosque àmusique qui a toujours fait partie de l'identité des habitants de la ville deSidi El-Berkani, même s'il a été construit par les autorités d'occupation. «Etlui aussi se trouve malheureusement, dans un état d'abandon qui ne doit ni nepeut plus durer», nous diront des habitués de cette place. Un abandon qui avaitcommencé, faut-il le rappeler, par cette décision prise, de façonincompréhensible, par les autorités responsables de son entretien de «peindre»ses merveilleuses colonnes au nombre de huit, tapissées de graniteauxmulticolores. Un kiosque à musique qui est devenu, aujourd'hui le lieu de rendez-vousdes SDF, le lieu de prédilection d'interminables parties de football pour lesenfants ou tout simplement le lieu de «détente pour des jeunes désoeuvrés enmal d'évasion ou de... bol d'air frais»! Et qui n'hésitent pas à laisser leursjambes balancer par-dessus les garde-corps du kiosque, sans aucun respect pourles citoyens, des retraités en majorité, pour qui la Place du 1er Novembreconstitue le seul lieu de rendez-vous, devant l'inexistence de foyers pourcette frange de la population, tous secteurs confondus. Un kiosque à musiquequi, est-il nécessaire de le préciser, fait face au majestueux «MesdjedEnnour». Leboulevard de l'ALN qui longe le siège de la sûreté de wilaya et celui de lawilaya pour arriver au niveau de l'OPOW Imam Lyès, n'est pas en reste. Eneffet, il y a deux années, avait été érigé un Mémorial juste en face ducomplexe omnisports. Un mémorial à la mémoire des chouhada, faut-il lerappeler, qui n'a jamais reçu plus d'une fois, lors de son inauguration, unegerbe de fleurs! Toutes les cérémonies de ce genre se tenant actuellement aucarré des Martyrs, à la sortie sud de la ville de Médéa. Un mémorial dont lepetit portail est ouvert 24h sur 24, dans un abandon total, lui aussi, témoinle barbouillage qui a été fait sur sa plaque commémorative, et lui aussi devenule refuge privilégié et permanent d'un SDF! Et dire que ce mémorial se trouvesur un tronçon de la RN n°1 et sur le passage des différents cortèges officiels(wali, ministres et même le président de la République, lors de ses visites àMédéa). Une situation qui est loin d'aller dans le sens des travauxd'embellissement que connaît actuellement le boulevard de l'ALN.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Rabah Benaouda
Source : www.lequotidien-oran.com