Medea - Revue de Presse

Médéa Les légumes, les fruits et le reste



La dégradation continue du pouvoir d'achat, dont souffrent surtout tous ceux qui «n'arrivent pas à joindre les deux bouts», ne cesse de faire l'actualité dans ce sens que toute opération d'approvisionnement alimentaire nécessite aujourd'hui une... concertation familiale. Conséquence directe des possibilités financières de plus en plus limitées du... budget du ménage. Ainsi, après avoir abordé précédemment cet envol spectaculaire des prix des produits alimentaires que l'on achète chez l'épicier, notre article d'aujourd'hui est relatif à un phénomène qui dure depuis plus d'une quarantaine d'années et qui n'est pas encore près de disparaître dans la mesure où rien ni personne, malheureusement, ne semble en mesure d'y faire face et d'endiguer. C'est le phénomène du fardage et de la tromperie, dans les fruits et les légumes surtout, que tout le monde peut constater chaque jour que Dieu fait au niveau de nos marchés. Indifféremment des villes, que l'on soit à Médéa, Blida, Chlef ou ailleurs. En effet, si les prix des fruits et légumes varient selon la loi de l'offre et de la demande en une période donnée, selon les saisons, ce qui peut paraître tout à fait normal, et lors des nombreuses fêtes religieuses que nous célébrons durant l'année, ce qui reste anormal tout autant qu'inexplicable, c'est ce phénomène du fardage et de la tromperie sur la qualité et le poids réel des légumes surtout et des fruits, qui continue de «saper» le moral et «grever» le budget de plus en plus faible des pauvres clients-consommateurs qui assistent impuissants à cet état de fait et l'acceptent bon gré mal gré. Ne pouvant malheureusement faire autrement. «Pourquoi toute cette terre autour ? Ne pourriez-vous pas couper ces tiges et ces queues avant la pesée ? Ne trouvez-vous pas que cette salade est trop mouillée ? Ne me raclez pas le fond du cageot, s'il vous plaît ! Pourquoi deux ou trois qualités différentes dans un même cageot et pour le même prix» ? Telles étaient dans le passé et très rarement aujourd'hui, la chose étant devenue tout à fait... normale, les réactions de la majorité des citoyens faisant leurs emplettes dans n'importe quel marché de fruits et légumes du pays. Des clients impuissants et bien obligés de payer presque le double du prix de vente d'un produit donné, à l'exemple des artichauts, des fenouils, des cardes, des oignons verts, de la salade, de la pomme de terre... pour ne parler que de ces légumes. Pour toute réponse aux réclamations de ces clients, toujours cette même réponse de la part des marchands : «Nous n'y pouvons rien. Nous les achetons ainsi !» Dans toute cette situation, aggravée par tous les chamboulements que connaît aujourd'hui le commerce (commerce informel, libéralisation sauvage...), le client constitue le dindon de la farce, l'oiseau à déplumer, dans la mesure où il est le seul à subir le contrecoup de toutes ces anomalies relevées dans la présentation à la vente de plusieurs produits, notamment ceux cités plus haut : une tige d'artichaut qui dépasse les 20 cm de longueur, une pomme de terre entièrement recouverte de terre, exceptée celle qui nous vient tout récemment du Sud mais plus chère bien évidemment, des queues de cardes longues de plus de 50 cm, une salade trop mouillée... Une situation dans laquelle les pouvoirs publics devraient avoir leur mot à dire à travers une réglementation bien précise, effective sur le terrain, à laquelle producteurs et revendeurs devraient se soumettre. Cela n'est pas une simple sinécure, tout le monde en convient, mais il serait possible d'y réfléchir à commencer par la sensibilisation. En espérant un retour aux bonnes pratiques d'antan où le client en avait réellement pour son argent, avec la possibilité d'acheter selon ses capacités financières, à travers les choix, pour un même produit, qui lui étaient offerts. Et c'est justement dans ce sens que s'est tenue dernièrement, au niveau du siège de la bibliothèque communale de Médéa, une rencontre regroupant plus d'une dizaine de mandataires en fruits et légumes et madame Ikram Mellat, chef du service de «la promotion de la qualité», qui était accompagnée de M. M'hamed Habirèche, chef de bureau au niveau du même service relevant de la direction du Commerce de la wilaya de Médéa. Une rencontre d'information et de sensibilisation qui vient après la promulgation de la circulaire n° 36 émanant du ministère du Commerce et relative notamment à toutes les indications que doit nécessairement comporter tout emballage de bananes importées. Ceci pour être en conformité avec le décret exécutif n° 05/484 du 22 décembre 2005, relatif à l'étiquetage sur tous les produits alimentaires sans exception. L'occasion également pour ces responsables d'aborder d'autres points très importants, comme la possession obligatoire d'un registre de commerce et la présentation des factures, à tout moment, aux agents chargés du contrôle. Le dernier point à avoir été abordé et longuement discuté a été justement celui relatif au fardage et à la tromperie sur la qualité et le poids des produits proposés à la vente dans les marchés de fruits et légumes. Une situation que les mandataires présents ont fait endosser aux... producteurs. Et c'est le même manège qui... tourne depuis des décennies avec au centre toujours le petit client-consommateur ! Jusqu'à quand ? La question est toujours d'actualité.
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