
Une journée d'étude, coïncidant avec la célébration de la Journée internationale de la santé publique, a été programmée jeudi dernier au sein de l'auditorium Hadj Hamdi de l'université Yahia Fares de Médéa.Cette manifestation, dont le thème portait sur les maladies liées à l'alimentation, a vu la présence d'un panel de médecins et de spécialistes venus de différents CHU du pays, en présence d'autres invités de marque dans le domaine de l'économie et de la nutrition.L'Association des médecins libéraux de la wilaya de Médéa, présidée par le docteur Mohamed Fateh Benkortebi, spécialiste en infectiologie, était l'initiatrice de cette rencontre scientifique. Il faut dire que le phénomène de la «mal-bouffe», provoqué par des aliments malsains, a pris des proportions inquiétantes dans notre pays. Le consommateur algérien se trouve constamment exposé au danger et coincé ne sachant quoi faire devant cette situation ambiguë, car ignorant tout de la «traçabilité» du produit importé devant un silence absolu et un manque d'information de la part des officiels chargés de veiller à la santé du citoyen.Les différents conférenciers, qui se sont succédé, ont mis en cause la mauvaise et douteuse nourriture qui est servie aujourd'hui dans nos assiettes.Le Dr Benkortebi a ouvert le bal des conférences par une intervention fracassante traitant et énumérant les scandales alimentaires qui ont éclaté à travers plusieurs pays, dont le nôtre, faisant de nombreuses victimes innocentes. Il souligne dans son introduction le regret de la disparition du petit commerce du coin plus sûr, cédant place ainsi aux chaînes de distribution dans les nouveaux supermarchés où des plats préparés et des fast-foods font leur apparition à bon marché, et ce, tout en imposant leur loi dans le paysage de la consommation rapide, tonne-t-il. «Nous ne savons plus d'où proviennent les viandes, poulets, dindes, merguez, viandes hachées, ?ufs et autres produits laitiers», fulmine-t-il, car «les usines de fabrication travaillent souvent dans des conditions douteuses loin d'un contrôle régulier et rigoureux sur la qualité du produit». Il fait le procès ainsi de la découverte, ces derniers temps, de viande avariée de bêtes malades mise en vente sans scrupule, lait contaminé, abattoirs où points de vente ne respectant pas les normes d'hygiène, tueries avicoles clandestines.Ces dernières décennies ont été ponctuées, relève-t-il, par de nombreux scandales alimentaires aussi bien dans le monde qu'en Algérie. Il a évoqué également les scandales qui se sont succédé depuis la vache folle à la viande d'âne de Sidi M'hamed (Alger), aux victimes du botulisme (cachir) de l'est du pays, au mouton de l'Aïd El Adha de l'année passée, dont la viande avait pris une couleur verte dégageant une odeur fétide transformant la fête en cauchemar. «Et la dernière cochonnerie de mars 2017 vient de la viande qui serait avariée provenant du Brésil.»Même les produits pharmaceutiques concernés?Les produits pharmaceutiques n'ont pas échappé à ces grands scandales en rappelant à l'occasion le récent et incroyable scandale du «remède miracle» contre le diabète RHB. En conclusion, il rappelle des propos du père de la médecine Hippocrate qui disait : «Nous sommes ce que nous mangeons» et «que ton aliment soit ta première médecine». De ce fait, quelle est la confiance que l'on peut accorder aujourd'hui à la nourriture industrielle, aux systèmes d'élevage intensif utilisant une alimentation animale bon marché, à la pollution de notre environnement contaminant les cultures, à un système de production qui prospère souvent aux dépens du bien-être animal et de la santé du consommateur 'Outre les associations de protection du consommateur (dont le rôle est à réinventer) et les services répressifs du commerce, la sécurité alimentaire dont on parle dans notre pays doit être en principe veillée par le Comité national du Cortex Aliment Arius (CNCA) mis en place en 2005. Or, on n'a jamais, précise-t-il, entendu parler ou enregistrer une quelconque réaction de ce comité après la série de scandales alimentaires qui a secoué le pays. Quoi qu'il en soit, les fraudeurs doivent être poursuivis et punis en prenant exemple sur d'autres pays comme la Chine, le pays des «scandales alimentaires», qui a promis en septembre 2016 une stricte application de la peine de mort pour les coupables des plus graves infractions à la sécurité alimentaire. Pour le conférencier, le meilleur moyen de contrôler le contenu de son assiette reste la cuisine maison plus saine, moins calorique et biologique. Le procès fait au cours de cette journée d'étude par les praticiens de la santé a été d'une sévérité alarmante jusqu'à vous couper dorénavant l'appétit !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Teta
Source : www.elwatan.com