
La réalité sociale d'une frange de la société, en particulier celle du troisième âge, n'est pas aussi reluisante qu'on peut l'imaginer.L'association Tawassoul ouel Ihsane, fraîchement agréée, soucieuse pour cette catégorie de gens, vient de faire découvrir à l'occasion de la fête des mères qui a été célébrée récemment au siège de la radio locale le vrai visage d'une partie de ces vieilles mamans ramenées de loin des zones rurales où elles continuent à s'accrocher à leur lopin de terre en vivant dans des conditions difficiles et précaires. Elles n'ont pas un autre choix, dit-on, la plupart d'entre elles sont atteintes de maladies chroniques.A travers cette action de solidarité organisée en collaboration avec la radio locale et la direction de l'action sociale, les membres fondateurs de cette association caritative, à leur tête le président Abdelkader Kaâb, ont voulu par ce geste ô combien significatif rendre le sourire et surtout la dignité à ces vieilles femmes laissées-pour-compte à cause d'un handicap physique. Le microphone de la radio locale a recueilli le témoignage de ces valeureuses grandes dames, dont certaines sont des moudjahidate qui ont vécu et résisté à la souffrance et aux affres de la soldatesque française et du terrorisme.Chacune d'elles garde jalousement l'amour de la patrie, elles se souviennent aujourd'hui parfaitement de l'histoire émouvante vécue durant les malheureuses et tristes époques de feu et de sang, où plusieurs de leurs proches chéris ont été tués. Entre autres, on peut retenir l'histoire bouleversante et touchante de la vieille Keltoum de Sidi Nadji (Berrouaghia), dont l'âge frôle les 80 ans, mais toujours debout sur ses solides jambes, elle raconte qu'elle a perdu son cher mari très tôt, la laissant seule avec cinq filles et un garçon en bas âge.Il fallait les nourrir, les habiller, les chauffer et surtout les éduquer sans l'aide de personne, elle s'est mise durement, aussitôt après avoir fait le deuil de son regretté époux, aux travaux agricoles. Les menaces du terrorisme font leur apparition durant cette époque dans le douar, raconte-t-elle, son fils unique devant cette situation d'insécurité prend les armes et rejoint volontairement les rangs des Patriotes pour pourchasser les hordes du terrorisme aveugle.Elle se rappellera toute sa vie jusqu'à son dernier souffle, dit-elle, de cette journée invivable, obscure, dramatique et douloureuse quand la nouvelle lui est tombée tel un couperet sur la tête à l'annonce de la mort de son fils et deux autres Patriotes qui ont été tués aux abords de la forêt dans une embuscade tendue par les terroristes.Après cette perte cruelle la touchant profondément dans son âme et sa chair, khalti Keltoum, la brave et courageuse n'a pas baissé les bras en reprenant les armes à son tour pour rejoindre les Patriotes afin de venger son fils et défendre son pays jusqu'à la fin de ses jours, déclare-t-elle. Les invités présents à cette cérémonie conviviale, dédiée à toutes les mères, n'ont pu retenir leurs larmes en écoutant le douloureux récit de cette femme âgée exemplaire, qui continue de nos jours à mener une vie dure et difficile dans son lointain douar privé de commodités nécessaires pour une vie décente.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Teta
Source : www.elwatan.com