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Les travailleurs en grève



Les travailleurs de l'entreprise Gesi-TP (Ex-Génisider), spécialisée dans les travaux publics, entament depuis mardi un mouvement de grève. Ils dénoncent la situation « lamentable » qui prévaut au sein de leur société. Ils n'ont pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois, affirment-ils.Les grévistes réclament en fait l'exécution des 10 revendications sur lesquelles s'est engagée la Direction Générale lors de la réunion du 4 novembre 2019 dont la signature et l'application des accords collectifs datant de 2013, le versement des salaires impayés, le paiement des cotisations de l'entreprise (2% de la masse salariale) au titre des ?uvres sociales, le paiement des dettes au titre des cotisations de la Cacobath pour permettre à cette dernière de verser les indemnités de congé payé au profit des employés concernés.
Les employés de Gesi-TP déplorent également le « dégraissement » des effectifs décidé par la DG qui a réduit le personnel de l'entreprise de 1 300 à 498 agents. « D'où la décision de procéder à des licenciements sans indemnités », indiquent les représentants des travailleurs. « En dépit de cette mesure, les problèmes multiples persistent toujours au sein de l'entreprise », souligne Bouzara Abdelkader, Secrétaire général du syndicat de l'entreprise.
« Notre société qui est classée dans la catégorie 9, c'est à dire, disposant de plusieurs atouts dont les ressources humaines qualifiées et compétentes, la taille, le savoir-faire, le patrimoine, ne mérite pas un tel sort », regrette-t-il. N'ayant pas reçu de réponse concrète de la part de la DG, ils ont recouru au débrayage comme moyen de pression afin d'arracher le maximum d'acquis qu'ils jugent légitimes.
Ils lancent un SOS aux hautes autorités du pays afin de trouver une solution à cette société criblée de dettes fiscales, parafiscales et commerciales. Sur les 11 projets détenus, Gesi-TP ne fait fonctionner que deux seulement. Les autres ont été carrément abandonnés et les ouvriers libérés. Contacté, le DG de l'entreprise, Kouider Miraoui, avoue que l'entreprise vit à l'instar de beaucoup de sociétés une situation difficile à cause de la crise sanitaire.
« Nous n'avons pas travaillé les mois d'Avril, mai et la moitié du mois de juin. L'entreprise n'a par conséquent pas eu d'entrées. Il n'y a pas d'argent pour le moment pour payer les salaires », reconnait-il. Cela dit, « dans quinze jours au plus tard, la société va recouvrer des créances et va bénéficier d'entrées d'argent. Nous allons aussitôt payer les salaires avec les rappels », promet-il.
Le DG demande toutefois aux travailleurs de patienter encore ces quelques jours. « Je comprends parfaitement la réaction des travailleurs, eux qui sont des pères de familles mais recourir de manière systématique à une grève ne fera que compliquer davantage la situation de l'entreprise. Nos clients risquent de résilier les contrats que nous avons signés avec eux à cause de ce mouvement de protestation. Autant de marchés que nous risquons de perdre. », souligne M Miraoui.

B. K.
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