La préparation à la session du baccalauréat, prévue pour le 13 septembre, s'avère difficile pour les candidats, qui se sentent complètement abandonnés et privés d'un accompagnement psychologique.Les semaines de confinement imposées par la hausse des cas de contamination par la Covid-19 ont fortement marqué les élèves en classe terminale. Ainsi, la fermeture des établissements scolaires publics et privés a fait perdre aux lycéens un nombre important de jours de cours.
Cette situation les a plongés dans le doute et bousculé tous leurs repères. C'est d'ailleurs le cas de Sirine, lycéenne de Kouba en filière scientifique, qui, d'une voix tremblante, n'a pas fait dans la dentelle pour exprimer son désarroi : "Nous nous sommes retrouvés à la maison en mars sans cours, et notre lycée ne nous a jamais contactés pour nous rassurer, ou même organiser des cours à distance." Et d'ajouter : "D'habitude on mise sur la fin du troisième trimestre ministère de l'Education nationale, et qui ont été diffusés surles chaînes de télévision publiques, elle a fait savoir qu'ils n'étaient pas d'une grande utilité. Pire, déplore-t-elle, "ils nous faisaient perdre notre temps à cause des flashs publicitaires qui ponctuaient chaque cours". Abondant dans le même sens, Karim, la cinquantaine, parent d'élève, raconte que son fils n'arrive même pas à commencer ses révisions.
D'ailleurs, nous confie-t-il, "je me demande comment il va passer son examen avec seulement deux trimestres de cours". Vraisemblablement, pour certains, travailler efficacement chez soi n'a jamais été aussi compliqué, surtout avec les tentations, les fake news et autres appels au boycott, qui peuvent décourager et perturber les futurs candidats.
Sur les médias sociaux, plusieurs élèves appellent, en partageant des publications, à rendre l'examen du baccalauréat facultatif, comme il a été décidé pour le BEM. D'autres encore appellent à la définition des seuils de cours, en raison de la situation exceptionnelle que connaît le pays. Pour leur part, les enseignants n'ont pas été épargnés, eux non plus, par les retombées de la crise sanitaire, comme nous affirme Samia, enseignante de physique à Béjaïa. Elle a indiqué avoir créé un groupe sur facebook, où elle diffusait des vidéos pour essayer de finir le programme scolaire.
À sa grande déception, cette initiative n'a pas attiré l'attention des élèves. Même démarche entreprise par Feryal, enseignante d'anglais à Annaba, qui, avec ses collègues, a créé un groupe sur la messagerie de facebook pour proposer des exercices aux élèves et organiser, ensuite, des séances de correction en utilisant l'application de visioconférence Zoom. Au sujet de la réouverture des écoles, Feryal a indiqué que l'établissement où elle travaille compte ouvrir ses portes le 23 août pour y tenir des séances de révision. Selon elle, cette mesure est loin d'être suffisante, car les élèves "sont abattus et perdus et ont besoin d'un soutien psychologique", a-t-elle insisté. "D'où la responsabilité des parents, car leur implication est primordiale", a-t-elle ajouté. Touchées par le contexte de crise sanitaire, les écoles de soutien scolaire ont basculé dans le monde des cours à distance.
C'est le cas d'un établissement dans la banlieue Est d'Alger, qui propose des cours particuliers de mathématiques et comptabilité, en utilisant l'application de visioconférence Google Meet. La prestation de cette école n'est pas gratuite, puisqu'une seule série de 8 séances est facturée à 8 000 DA. Dans le groupe facebook Bac 2020 DZ, certains internautes estiment que les cours particuliers sont une perte de temps, à l'ère des TIC, tout en signalant qu'il existe des "leçons expliquées en détail sur Youtube et, pour interagir avec les professeurs, il suffit de se connecter sur Zoom".
De nombreux autres élèves évoquent d'ailleurs les avantages évidents que leur offre l'enseignement à distance, en leur permettant surtout de travailler à leur rythme.
Imène AMOKRANE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Imène AMOKRANE
Source : www.liberte-algerie.com