Le conseiller à la sécurité nationale du président américain a regretté que le référendum d'autodétermination prévu lors du cessez-le-feu de 1991 ne se soit pas tenu depuis 27 ans.Ça va faire jaser du côté du Palais royal. Le pouvoir marocain qui s'interrogeait sur la position que va adopter la nouvelle administration américaine au sujet de la question sahraouie est désormais fixé. Elle n'est pas du tout en sa faveur. C'est le moins que l'on puisse dire. Le statu quo dont il l'a entourée n'est plus tolérable. Et c'est dans des mots qui ne laissent planer aucun doute que le conseiller à la sécurité nationale du président américain l'a dénoncé. La Minurso doit atteindre l'objectif qui lui a été assigné et qu'elle n'a pu réaliser depuis près de trente ans: l'organisation d'un référendum d'autodétermination. «Si nous sommes vraiment déterminés à protéger les innocents dans les zones de conflit, nous devons insister pour que les opérations de maintien de la paix soient responsables, robustes et efficaces», a déclaré, jeudi dernier, John Bolton lors de la présentation de la stratégie américaine, consacrée aux missions de maintien de la paix déployés en Afrique. Rappelons que le souverain marocain avait pris la décision d'expulser la composante civile de la Minurso après que l'ex-SG de l'ONU, Ban Ki-moon eut qualifié la présence marocaine d'«occupation» lors de sa visite au mois de mars 2016 dans les camps des réfugiés sahraouis. Plus jamais ça! La position de l'administration américaine est justifiée par le mandat de la Minurso qui n'a été renouvelé que pour six mois tout en étant tenu à réaliser des avancées qui permettront d'aboutir à une solution politique. Une autre façon de faire pression sur le Maroc pour négocier. Une décision imposée par Washington. «Nous avons demandé une période de renouvellement de la mission de six mois plutôt que d'une année, et nous avons insisté pour qu'un mandat robuste et efficace soit lié à des progrès politiques substantiels» a souligné le chef du National Security Council (NSC), qui était invité par le groupe de réflexion républicain, Heritage Foundation, pour débattre de la nouvelle stratégie des Etats-Unis en Afrique. C'est grâce à cette démarche, que «les partis au conflit et les pays voisins-clés ont convenu de se rencontrer pour la première fois depuis 2012» à Genève, a enchaîné John Bolton qui a révélé avoir discuté de la question sahraouie avec l'envoyé spécial de l'ONU, Horst Kohler, dont il a vanté «les idées créatives». En ce qui concerne la Minurso la Maison-Blanche est claire: «Nous ne soutiendrons que les opérations efficaces et efficientes, et nous chercherons à rationaliser, reconfigurer ou mettre fin aux missions qui ne sont pas en mesure de remplir leur mandat ou à favoriser une paix durable», a averti le successeur du général McMaster qui a regretté que le référendum d'autodétermination prévu lors du cessez-le-feu de 1991 ne se soit pas tenu depuis 27 ans. «27ans de déploiement, 27 ans et la mission est toujours là, comment pouvez-vous justifier cela'», s'est interrogé John Bolton. Des positions qui ne sont pas sans rappeler celles de son mentor James Baker, ex-envoyé spécial de l'ONU pour le Sahara occidental dont il fut le collaborateur lorsque Kofi Anann était SG de l'ONU entre 1997 et 2006. «Cet ancien représentant des Etats-Unis à l'ONU, du 1er août 2005 au 9 décembre 2006, s'était montré hostile aux intérêts du royaume. Il avait notamment défendu un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l'homme au Sahara occidental et l'organisation d'un référendum d'autodétermination.» avait écrit le site d'information marocain Yabladi. Le dernier bastion du colonialisme en Afrique va-t-il enfin être démantelé' Le processus semble s'être mis en branle. C'est vraisemblablement le message adressé par le président américain au roi du Maroc.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com