Ambiance des grands jours ce jeudi 1er novembre sur les hauteurs d'At Mlikeche, le arch aux mille martyrs. Le village d'At Waâmer a célébré le 64e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale, en rendant de fort belle manière hommage aux martyrs de 1954-1962, mais aussi à ceux de la grande bataille d'Ichariden, du 24 juin 1857, qu'a dirigée avec bravoure Lala Fadhma n'Soumer contre les troupes du maréchal Randon.Le souvenir de cette bataille est désormais rappelé à tous ceux qui empruntent la route d'At Mlikeche. Une stèle et une fresque, belles ?uvres du jeune artiste, enfant de la région, Benhamouche Kamel, de son nom d'artiste Kamatcho, ont été inaugurées en présence d'un public nombreux et enthousiaste. La fresque retrace, sur plusieurs tableaux, des séquences imaginées de la bataille d'Ichariden, qui a coûté la vie à 514 valeureux résistants kabyles, du arch d'At Mlikeche et ses environs, dont les At Abbas et Igawawen, tous enterrés à At Waâmer. La cérémonie, à laquelle ont assisté les autorités locales, dont certains présidents d'APC des communes alentour, a été l'aboutissement de préparatifs entamés il y a plus d'une année sur fond de solidarité et d'implication des habitants du village, qui ont permis le financement de deux stèles et de la fresque ainsi que la prise en charge des nombreux invités du jour. «Les préparatifs remontent à il y a deux ans, avec le projet de la stèle.
Tous les gens du village ont mis la main à la pâte, y compris nos émigrés», déclare à El Watan Mouhou Amirouche, membre du comité des sages du village et du comité d'organisation. La stèle en hommage aux martyrs de la bataille d'Ichariden prend la forme d'un jeune combattant, anonyme, brandissant un fusil et un livre. «La guerre de Libération a été faite par de jeunes combattants et le livre symbolise la science», explique Mouhou Amirouche. Le programme a été entamé par une visite au cimetière de Si El Hadj Amar, où une stèle du chahid a été inaugurée en hommage aux 66 martyrs du village, avant de se rassembler au cimetière de la bataille d'Ichariden. Une conférence a été animée autour de la riche histoire de la région par Idir Azeradj, Ali Djerrada et Mohamed Bellil. L'événement a eu sa touche poétique avec la déclamation par deux poètes de la région, de deux générations différentes : le poète de longue date, Malek Houd, et la jeune poétesse du village, Katia Galou. Des moudjahidine et des représentants du mouvement associatif se sont succédé à la tribune pour rendre hommage aux martyrs et rappeler leurs sacrifices. La journée a été agrémentée par des chants patriotiques interprétés par le groupe des scouts d'At Mlikech et rythmés par la fanfare de Si El Hadj Amar.
Le vendredi, tout le monde a été convié à Tsviyita de Si El Hadj Amar, un grand déjeuner traditionnel offert à l'occasion pour des milliers de personnes. «Nous avons préparé cinq quintaux de viande répartis en 3000 parts», nous affirme Mouhou Amirouche, qui estime les présents en ce vendredi 2 octobre au déjeuner d'At Waâmer à quelque 5000 personnes. Une ambiance de fête et de recueillement empreinte d'un sentiment de satisfaction d'avoir accompli un devoir de mémoire. Avec la grande affluence citoyenne, At Waâmer été une destination où l'histoire a été évoquée avec fierté pour dire l'appartenance à ces centaines de résistants qui ont défié les forces coloniales les plus impitoyables.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Medjedoub
Source : www.elwatan.com