
Les étudiants des Beaux-Arts dans de beaux draps«Aujourd'hui, à défaut de s'améliorer, le dialogue entre le corps estudiantin, l'administration, et la tutelle, se voit tout bonnement écarté», affirme le communiqué des étudiants de l'Esba en détresse.Rien ne va plus!Ce qui devait arriver est tristement arrivé. Dans une vidéo postée sur YouTube nous découvrons avec effarement une prise de bec entre des étudiants des beaux-arts et leur directeur. Dans le froid et l'incompréhension générale, le ton monte, des barricades se créent comme en temps de guerre. Une échauffourée ici et là. Une autre altercation éclate entre une étudiante et des membres de l'administration dont un gardien. Des images surréalistes et puis des cris! Depuis mardi, une information nous est parvenue faisant état de six étudiants étant entrés en grève illimitée de la faim. Il y a deux ans, avec le mouvement Infidjart, cette solution nous paraissait déjà extrême, voire intolérable. Il faut croire que rien n'a changé et que peut-être, au final, rien ne changera, mais la force de la jeunesse réside justement dans cette foi d'un lendemain meilleur, dans cet espoir quand les adultes auront jeté l'éponge et tout bonnement baissé les bras. l'Ecole supérieure des beaux-arts n'est pas à sa première tragédie. Tous les sortants de cette école peuvent en témoigner. Les ministres de la Culture eux changent, mais la situation et le rythme de gestion de l'Esba demeurent au statu quo.. Des promesses pour faire éteindre la braise jusqu'à la prochaine grève...Nous voilà en train d'assister donc à une énième grève dans cette école qui est censée non pas vendre des cris de lamentations, mais transmettre des cris de joie, de rêve par le seul fait de la belle créativité de ces étudiants et la qualité d'enseignement de leurs professeurs. Une utopie' Dans un entretien que nous a accordé, Myriem Zekkat, cette jeune étudiante téméraire de l'Esba elle nous avait déjà fait part «de la situation chaotique» au sein de cette école. Des étudiantes éloignées de leurs cités universitaires initiales, des vivres coupés, pas de restauration et encore moins de transport sans compter l'éternel problème du statut de l'école, du diplôme (LMD) qui continuent à se poser. Si les étudiants avaient repris leurs cours en novembre dernier, nous sommes aujourd'hui au mois de février et les promesses de régler les problèmes des plus urgents sont tombées à l'eau. Dans un communiqué signé par les étudiants des beaux-arts il fait état à juste titre du «déclin incontestable» que subit la «situation estudiantine d'une génération a une autre.». Rappelons qu'au mois de novembre une visite ministérielle annoncée n'a au final pas eu lieu. La lettre rappelle que «durant deux mois, et ce, ajoutés aux problèmes logistiques et pédagogiques rencontrés au sein de l'Ecole, les étudiants internes toujours en hébergement provisoire se sont vu privés de restauration, malgré les promesses émises à maintes reprises de la part du directoire de l'Ecole et de notre tutelle.» Et d'ajouter:«Face à la sourde oreille de notre administration qui, n'a toujours pas entamé un travail exprimant la volonté d'améliorer la situation.» (...) «Dès le 9 janvier 2017, l'unique alternative qui s'est offerte à nous fut d'occuper les lieux, en bloquant l'accès de notre école, et ce, non pas jusqu'à une visite ministérielle, mais en attendant la mise en place définitive de solutions.». Le 15 janvier les étudiants finissent par rencontrer le ministre de la Culture Azzdine Mihoubi à qui on remet une lettre sous «forme de présentation d'un travail qui, pour nous, reflétait non seulement notre organisation au cours de l'occupation des lieux, mais aussi notre profonde volonté, et ce, portant la forme de la spécificité de notre école», indique le communiqué. Et de faire savoir avec dépit: «Même si nous sommes forcés de constater l'absence d'initiative depuis les promesses émises il y a deux ans, nous ne pouvons ignorer la malheureuse tradition qui s'instaure de génération en génération au sein des étudiants de l'Ecole supérieure des beaux-arts, qui, pratiquement à chaque rentrée, se mettent en grève, revendiquant les mêmes droits depuis trente ans. Situation qui non seulement n'a jamais été améliorée à ce jour, mais au contraire, qui se dégrade de plus en plus vite. Car si les étudiants de l'Esba, revendiquent avec force leur faim d'apprendre, c'est à la faim qu'il fait face aujourd'hui, l'empêchant ainsi d'espérer une formation adéquate, et un cursus sain.» Le communiqué indique qu' «il fut convenu, qu'en réponse à cet état d'urgence, les problèmes logistiques et pédagogique commenceraient à être réglés et ce dans un délai de dix jours.»Le bras de fer se met en place quand «aujourd'hui, à défaut de s'améliorer, le dialogue entre le corps estudiantin, l'administration, et la tutelle, se voit tout bonnement écarté.» Que faire alors' Où allons-nous comme ça' Quel est le sort de ces étudiants grévistes, quel serait l'issue pour ce conflit quand, même un directeur, menace ses élèves de leur ramener la gendarmerie et la police'». Exprimant clairement une volonté de nous décourager et d'isoler les étudiants occupant, notre troisième semaine de grève fut marquée par une interdiction d'accès à l'école, voire même d'en sortir. Utilisant comme prétexte un accès réservé aux détenteurs de carte estudiantine, en contradiction avec notre contexte en vue d'une rentrée qui n'a pas été menée à terme, et à l'inaccessibilité du service délivrant cette dernière», fait savoir que ce communiqué qui se clôt par ces termes qui expriment un profond désarroi pour ne pas dire désespoir de cette jeunesse. Que font aujourd'hui tous les anciens étudiants sortants de cette école' Beaucoup sont redevables à cette école, la chérient presque comme un fantasme sublimé, certains devenus des artistes confirmés. Qu'attendent-ils pour se mobiliser enfin' Une hirondelle seule ne fait pas le printemps. En attendant, les étudiants ont besoin de visites certes, mais d'une dynamique encore plus forte pour faire déplacer les choses à défaut d'une montagne. Est-ce réellement insurmontable' qu'en pensent nos artistes'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com