Les citoyens de Beni Slimane attendent le projet des 380 logements.Les demandeurs de logements sociaux locatifs de Beni Slimane sont revenus à la charge, lundi dernier, afin d'exprimer, pour la énième fois, leur désarroi devant la lenteur de l'attribution d'un quota de 380 logements. Pourtant, ces logements ont été achevés depuis plus d'une année. Aussi, ils ont averti les responsables que ces logements réceptionnés devront être affectés, en priorité, aux familles qui vivent dans des conditions lamentables en ville, entassées et dans l'exiguïté, car pour eux, l'habitat précaire à Beni Slimane est résorbé depuis 2007.
Il n'existe plus de bidonvilles dans leur localité, confirment-ils.
«Cette fois, les autorités doivent regarder de notre côté. Les anciens habitants de la ville ont longtemps été ignorés. On ne peut plus patienter après des décennies d'enfer. Dans certaines grandes familles, on dort à tour de rôle et on s'habille dans les WC faute d'intimité», se plaignent des citoyens de Beni Slimane espérant un logement. «On en a marre de ceux qui jouent les misérables juste pour avoir un logement et le revendre par la suite», ajoutent-ils. Les exemples sont légion au chef-lieu de wilaya. Car le logement social est une formule destinée à une catégorie de gens à faibles revenus mensuels (moins de 24 000 DA) qui ne peuvent prétendre aux autres types d'habitation, tels que le promotionnel ou le participatif.
Injustice quand tu nous tiens !
Mais le phénomène de l'habitat précaire a jeté une pierre dans les eaux troubles de la mare et ne laisse aucune chance aux jeunes, en âge de se marier, pour fonder un foyer. Car les logements sont souvent octroyés à des gens qui en font une véritable spéculation.
Le nombre de célibataires endurcis, dépassant la quarantaine, est préoccupant dans les agglomérations importantes de la wilaya. La crise du logement est également la source de nombre de problèmes inhérents à l'exiguïté qui ont souvent pour conséquence, au fil des ans, des divorces et des familles éclatées. Les tribunaux sont envahis de jeunes époux en instance de divorce, dommages collatéraux du problème de logement. Au chef-lieu de wilaya, les nombreux demandeurs de logement, évalués à plus de
18 000, se battent par toutes les voies légales pour obtenir un toit, mais en vain, car la crise aiguë qui s'est accentuée depuis des décennies, réduit davantage leur chance.
Dans son plan d'action présenté devant le Sénat, le 16 octobre 2012, Abdelmalek Sellal, Premier ministre, avait déclaré que «le logement est la première priorité du gouvernement car ce problème constitue un danger pour la stabilité du pays». Malheureusement, la situation du logement, dans la wilaya de Médéa, discutée lors de la deuxième session 2013 de l'APW, reste encore préoccupante et explosive à la moindre opération d'attribution, en particulier dans les cités à forte concentration telles que Médéa, Berrouaghia, Ksar El Boukhari, Tablat et Aïn Boucif. Le problème s'est aggravé à cause de l'énorme retard accumulé à Médéa par le gel de 18 218 logements, qui représentent 70% du programme global 2010/2014 et également la lenteur des chantiers de 8309 autres, dont l'achèvement probable est prévu en fin d'année. Les facteurs sont complexes et multiples, ce qui peut justifier ce retard et les maîtres d''uvre expliquent cela principalement par la non-disponibilité des assiettes foncières en zones urbaines ou qui ne sont pas appropriées à ce genre de projets. L'arrivée d'entreprises étrangères à Médéa, comme annoncé par le wali récemment, est nécessaire pour renforcer les moyens de réalisation en vue de rattraper ce retard et sortir la population de ce désespoir et des problèmes liés au logement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Teta
Source : www.elwatan.com