Medea - A la une

L'écriture romanesque à l'ère coloniale



Lors de cette conférence donnée à la Maison de la culture de Médéa, Pr Nahilia est revenu sur les grandes périodes ayant marqué la littérature durant la colonisation, et ce, en évoquant l'?uvre de Mohammed Dib qui a "permis de rendre justice au peuple algérien".Messaoud Nahilia, professeur de lettres à l'université Yahia-Farès de Médéa, spécialiste en étude et critique littéraires, a été invité par la maison de la culture Hassan-El-Hassani, à l'occasion de l'inauguration de la rentrée culturelle inscrite sous le slogan "Notre culture dans notre diversité et dans notre unité", pour parler de l'une des figures emblématiques de la littérature algérienne, en l'occurrence l'écrivain Mohammed Dib. Dans sa présentation liminaire de l'auteur, Pr Nahilia a rappelé le contexte politique, économique et social dans lequel a vécu Mohammed Dib, un "contexte de la colonisation qui ne permettait pas à l'autochtone de choisir sa langue d'écriture, autre que la langue française".
Le courant qui a prévalu à cette époque était de créer les conditions d'une production littéraire qui a connu différentes étapes, et qui se sont enchaînées selon différentes périodisations : de 1830 à 1900, de 1900 à 1935 et de 1935 à 1950. Selon Pr Nahilia, la première période est celle de l'écriture portée par des auteurs venus d'ailleurs, qui imposaient la défense de l'idéologie faisant la promotion de la colonisation, en se mettant à son service et ses intérêts. Quant à la 2e période qui s'étale de 1900 à 1935, c'est celle portée par les Français issus de la première vague de la colonisation, dont les écrits ne reflétaient aucunement la situation des Algériens durant ces années de misère et de dèche. La période allant de 1935 à 1950 est celle à laquelle appartient Albert Camus.
Elle a été marquée par l'émergence d'un courant qui a décrit "les conditions de l'autochtone par des auteurs qui n'ont pas eu l'audace de dénoncer la colonisation dans ses agissements brutaux contre les Algériens". Par la suite a suivi la période durant laquelle la scène littéraire a connu de nouveaux visages d'auteurs algériens ayant été formés à l'école coloniale et appris à manier la langue française. Parmi ces auteurs, il a cité pour exemple Mohammed Dib.
À ce propos, le conférencier a indiqué que cet écrivain est l'un des principaux fondateurs de la littérature algérienne d'expression française. La trilogie algérienne (La Grande Maison, L'Incendie et Le Métier à tisser) ? adaptée au cinéma et traduite dans plusieurs langues ? est "une ?uvre prémonitoire qui a permis de rendre justice au peuple algérien" et qui a "introduit l'Algérien sur la scène romanesque d'où il était exclu, et ce, en lui restituant la parole qui lui avait été confisquée". Au sujet de la trilogie nordique (Les terrasses d'Orsol, Le sommeil d'Ève, Neiges de Marbre), Pr Nahilia a souligné qu'elle est caractérisée par "une créativité langagière et romanesque très singulière".
Lors de cette rencontre, l'universitaire est revenu, entre autres, sur quelques éléments biographiques de l'écrivain, notamment son instruction dans sa ville natale, ses études à Oujda (Maroc) et ses postes successifs en tant que maître d'école à l'âge de 19 ans, employé dans les chemins de fer, puis comptable à Oujda, interprète à Alger et enfin journaliste dans Alger Républicain, organe du parti communiste. Décédé en 2003, Mohammed Dib, à travers ses 50 ans de carrière, a écrit des ?uvres monumentales dans divers genres littéraires, dont la poésie, la nouvelle, le théâtre, le conte, le roman. Compte tenu de la richesse de ses ?uvres, sa candidature au prix Nobel de littérature a été suggérée par ses pairs mais n'a pu aboutir pour des raisons qu'on ignore, a conclu Pr Nahilia.
M. EL BEY
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