Rencontré en marge des travaux du Forum des chefs d'entreprise (FCE) qui s'est déroulé mercredi et jeudi à l'hôtel La Renaissance du plateau de Lalla Setti de Tlemcen, le président du FCE, Réda Hamiani, a accepté de nous répondre sur les objectifs de ce regroupement et les propositions contenues dans la plateforme de propositions au nombre d'une cinquantaine qui vont être soumises à l'approbation du gouvernement.
Le Temps d'Algérie : Compte tenu de votre expérience à la tête du FCE et dans le milieu économique en général, pensez-vous que cette plateforme, une fois adoptée par le gouvernement, générera une nouvelle dynamique dans la relance de l'investissement national '
Réda Hamiani : D'abord, nous sommes optimistes quant à son adoption par les pouvoirs politiques car ils affichent une réelle volonté de changement et de dynamisation de l'investissement national, devenus incontournables pour la relance de notre économie nationale et le développement des exportations hors hydrocarbures, mais aussi dans la création des richesses et des postes d'emploi.
Cette plateforme va jeter des bases saines et créer un environnement juridique adéquat et favorable pour permettre l'investissement national parce qu'il va se libérer des contraintes bureaucratiques, fiscales et des lourdeurs administratives, ce qui va libérer les initiatives.
Mais la relance de l'investissement reste tributaire d'autres acteurs, notamment l'administration locale '
Il ressort de notre constat quotidien que l'administration locale ne joue pas pleinement son rôle pour attirer l'investissement national et il est temps que les walis et les chefs de daïra aient toute latitude pour promouvoir l'investissement dans leurs régions respectives et assurer les différents accompagnements à l'investisseur en matière de potentialités spécifiques à chaque région, en fonction des priorités de la demande locale.
Ce sont eux qui, à l'avenir, doivent boucler le dossier d'investissement avec les banques après avoir choisi et viabilisé l'assiette en matière d'électricité, d'eau etc.
Ce sont les walis qui doivent inciter et encourager les opérateurs à venir investir dans leurs régions en leur accordant toutes les facilités afin d'établir des traditions saines et de confiance entre l'administration et l'investisseur.
Un investissement national nécessite-t-il un recensement des priorités et une stratégie globale pour cibler les filières stratégiques afin de diminuer notre dépendance multisectorielle de l'étranger '
Cette question est très importante car l'investissement national doit être méthodique et ciblé en fonction des priorités nationales afin de réduire au maximum d'abord notre dépendance alimentaire et médicamenteuse.
Dans cette perspective, on va travailler prochainement sur les filières et on va axer tous nos efforts dans un premier temps sur l'industrie du médicament avec l'objectif de satisfaire le marché national à hauteur de 70% en incitant les investisseurs nationaux à investir dans ce créneau stratégique, puis on se penchera dans la seconde phase à la filière des céréales et enfin à la filière du lait en troisième phase.
Une fois pourvus de ces trois créneaux stratégiques, nous travaillerons au fur et à mesure sur d'autres filières afin de répondre aux besoins du marché national dans tous les domaines. C'est une vision objective et rationnelle qui va être adoptée par le FCE à l'avenir, car jusque-là c'est l'anarchie qui règne.
Pour les régions du Sud, il existe beaucoup de contraintes pour les investisseurs dans les domaines touristique et agricole notamment, car la législation en vigueur ne les spécifie pas par rapport à ceux du Nord qui ont une certaine facilité dans l'acquisition des matériaux de construction et autres équipements techniques. Quelles sont les mesures préconisées par le FCE pour réparer cette injustice '
Nous avons toujours dit et affirmé que l'investissement dans le sud du pays doit obéir à de nouvelles règles incitatives et encourageantes au vu des spécificités particulières de ces régions du Sud dans lesquelles l'investisseur doit supporter des charges additives en matière de transport et de coût de réalisation.
Il est temps que l'Etat accorde des facilités en matière fiscale et parafiscale en plus d'autres mesures plus incitatives pour encourager les investisseurs à s'installer dans le sud du pays qui renferme des potentialités inépuisables surtout en matière agricole et touristiques.
Etes-vous optimiste,
M. Hamiani '
Certainement, et je suis sûr qu'une fois acceptée par le gouvernement, cette plateforme va permettre une nouvelle dynamique en matière d'investissement national, et je peux vous dire que nous devrions ne compter que sur nous-mêmes pour développer notre pays et assurer notre indépendance alimentaire et dans d'autres domaines stratégiques.
L'avenir du pays est dans l'investissement national pour peu qu'il soit soutenu par l'Etat par la création d'un environnement favorable et en accordant des facilités à tous ceux ou celles qui veulent investir dans leur pays.
L'optimisme est permis car en plus de ses potentialités économiques, l'Algérie possède aussi des ressources humaines d'une valeur indéniable.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B S
Source : www.letempsdz.com