
Beaucoup de gens ignorent l'existence d'un poète et membre de l'Académie française dont l'une des principales artères de la ville de Médéa continue d'être appelée de son nom, même si elle a été rebaptisée il y a de cela plusieurs années. Le poète et écrivain Jean Richepin est né à Médéa le 4 février 1849, dans l'hôpital militaire dont le bâtiment a été transformé en siège de la municipalité puis en annexe de l'administration communale après avoir subi des travaux d'aménagement suite à un incendie criminel. Bien que le nom du poète soit toujours immortalisé par une plaque commémorative où on peut lire "Ici est né Jean Richepin...", de nombreuses personnes semblent ne pas s'en apercevoir ou feignent de ne pas la voir, pensant à une incongruité, car se trouvant sous quatre effigies de personnalités religieuses. Poète excentrique, Jean Richepin a mené une jeunesse de bohême et d'anarchiste, condamné à la prison pour avoir écrit des poèmes contraires à la morale de l'époque. Très prolifique, la publication en 1876 de la Chanson des gueux consacra sa notoriété dans le cercle des grands poètes de sa génération. D'ailleurs, ses poèmes ont été mis en musique et chantés par de grands noms de la chanson française tels que Tino Rossi (1907-1983), Georges Brassens (1921-1981) et d'autres moins connus tels que Polaire (1874-1939) ou Lys Gauty (1900-1994). Ses contemporains lui reprochent d'avoir changé son style d'écriture, devenu plus doux, après avoir été des plus acerbes à l'endroit de la société et de la classe bourgeoise de l'époque. Utilisant un pseudonyme avant d'être dénoncé par un journaliste, la publication de ses premiers poèmes lui valut la prison et le paiement d'une amende, ainsi que la censure de certains vers jugés érotiques, une condamnation qu'il a qualifiée de "castration" de sa poésie. Mais le poète à la plume au vitriol a par la suite changé de posture avant d'être réhabilité par la mythique Académie française qui le nomma membre en remplacement d'un autre poète appelé André Theuriet, le 5 mars 1908. Décédé le 12 décembre 1926, le poète Jean Richepin est évoqué afin d'encourager les personnes éprises de culture et de poésie à faire découvrir l'?uvre de l'homme au même titre que les autres hommes de lettres que la ville a enfantés.M. EL BEY
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : EL BEY M
Source : www.liberte-algerie.com