Quand Erdogan a procédé à l'inauguration de l'un des plus vastes hôpitaux du monde, il a pointé du doigt les organisations internationales «qui ont perdu leur signification», dans la lutte contre la Covid-19, où «la Turquie a fait preuve de sa force en agissant par ses propres moyens». Erdogan faisait allusion à la perte de cet esprit de solidarité de la communauté internationale, envers les différents pays, face au coronavirus. Un défi que l'Algérie pourrait, tout aussi bien relever avec la solidarité et l'implication de tous ses enfants, notamment ceux établis à l'étranger et disposant de l'expertise et du savoir-faire nécessaires, mais du lobbying qui nous fait défaut dans pareilles situations. C'est ce que développe, Faouzi Djoudi, un jeune Algérien dont l'idée d'apporter une pierre à l'édifice Algérie, par tous les moyens, taraude son esprit depuis fort longtemps. Ecoutons ce qu'il a à dire.L'Expression: Vous parlez d'un projet d'hôpital de grande envergure en Algérie. De quoi s'agit-t-il exactement'
Faouzi Djoudi:L'apparition, à partir de janvier 2020, du nouveau coronavirus Covid-19 a plongé, subrepticement, la majorité des systèmes de santé, à travers le monde, dans une crise sanitaire mondiale critique. Le système national de santé algérien ne fait pas exception, par rapport à cette situation pandémique mondiale. Une situation inédite avec des défis importants à relever. Cette crise a clairement dévoilé la vulnérabilité du système de santé, à l'échelle mondiale. En Algérie, cette pandémie a révélé l'urgence de réformer, inévitablement, le système de santé. Notre approche s'inscrit dans ce cadre précis. Nous voulons apporter notre expertise et mettre à profit notre savoir-faire en matière d'ingénierie civile, mais aussi en matière de réseautage. Nous avons lancé cet appel à la construction du grand hôpital d'Algérie, un édifice de calibre international, conformément aux nouvelles orientations politiques et économiques du pays. D'un point de vue technique, il s'agit d'un projet clé en main, sous contrat international EPC (Engineering, Procurement and Construction). Les contrats d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC clé en main), sont une forme de contrat, utilisée pour entreprendre des travaux de construction par une compagnie internationale, spécialisée en la matière sur des projets d'infrastructure complexes et à grande échelle. Dans le cas de l'hôpital qui pourrait être construit par l'Etat algérien, sous un EPC Contract, sur un terrain d'assiette d'une superficie de 500.000 m², soit 50 hectares, il constituera pour l'Algérie la plus grande «ville-hôpital» avec une capacité globale de 4000 lits, avec 1500 médecins. Il sera le plus grand regroupement médical de référence en Afrique. Cet établissement réunira de nombreux pôles médicaux et sera doté d'un millier de salles de consultations, 700 lits de réanimation, dont 550 adultes et 150 pédiatriques et néo-natologiques. Le complexe hospitalier abritera également 600 lits de pédiatrie, 600 lits de gynécologie-obstétrique, un centre de rééducation /réadaptation de 300 places et un pôle psychiatrique, en plus d'un centre de médecine légale. 5000 personnes oeuvrant dans la santé y travailleront, sans compter les 5000 autres employés qui feront vivre cette petite ville.
Vous avez lancé des appels en direction des responsables du pays, en vue de contribuer à ce projet. En quoi ce projet est-il si différent par rapport aux projets réalisés'
Effectivement, j'ai lancé un appel au président de la République, Abdelmadjid Tebboune pour contribuer à la construction du grand hôpital d'Algérie, suite aux initiatives de l'état de lancer la modernisation du système national de santé, selon les normes internationales. Je saisis cette intention et cette volonté claire de la part des hautes autorités du pays, pour améliorer le système de santé, selon un modèle qui puisse répondre aux attentes des Algériens, et leur prise en charge dans des conditions dignes et conformes aux normes internationales. C'est dans cette optique que l'Etat algérien poursuit ses efforts de modernisation, à travers la construction et le lancement des projets de réalisation des centres hospitalo-universitaires (CHU) dans les quatre coins du pays. Seulement, la construction d'un méga hôpital en Algérie, d'envergure internationale devient une nécessité absolue. Il sera considéré comme le grand hôpital pôle d'Algérie, et même d'Afrique, où nous pourrons recevoir les présidents et ministres africains, les VIP, etc. Le nouveau grand hôpital d'Algérie sera doté d'une hélistation et d'un petit aérodrome, c'est-à-dire une piste de décollage et d'atterrissage des hélicoptères du Samu et des pompiers, ainsi que des petits jets utilisés pour le transport et le transfert de blessés ou malades graves. L'éventualité de prévoir une partie privée dans le projet est à prendre en considération, étant donné la situation géostratégique du pays en Afrique et dans la Méditerranée. L'Algérie étant devenue cette dernière décennie, une destination de soins pour nombre d'étrangers.
Comment comptez-vous concrétiser ce mégaprojet sur le terrain'
Tout d'abord, la concrétisation d'un projet de telle envergure nécessite l'intervention de l'Etat algérien, en tant qu'Etat souverain dans toutes les étapes du projet, à savoir la faisabilité (étude de projet) sous l'angle des possibilités de réalisation et d'intérêt public. À l'aval du projet, une feuille de route sera établie en vue de préciser les démarches à suivre pour mener le projet à bon port. Une prospective territoriale et choix de terrain d'une superficie de 50 hectares, dans un rayon de 300 km d'Alger sera élaborée. Les éventuels terrains (de préférence) se trouvent dans les wilayas limitrophes d'Alger, dont Sétif, Bordj Bou Arréridj, Médéa, Blida, Boumerdès, Chlef, Médéa, Mostaganem et Djelfa. Ces assiettes, entre 60 hectares et 100 hectares, sont déjà proposées pour ledit projet et feront l'objet d'un examen approfondi, avec des études de sol et d'études géotechniques pour un éventuel choix de terrain idéal, devant abriter l'édifice du grand hôpital d'Algérie. L'élaboration d'un cahier des charges spécifique et bien défini, permettra de passer un appel d'offres international, en vue d'un projet clé en main, sous un contrat international EPC. Le lancement du projet, après la sélection de la compagnie internationale spécialisée en ingénierie, approvisionnement, construction et réalisation, se fera après l'aval du cahier des charges, de la commission sectorielle des marchés publics.
Qu'est-ce qui motive votre démarche de réaliser un tel projet'
En tant qu'ingénieur, expert spécialisé en étude de construction en génie civil, mon rêve tant attendu, celui de mes compatriotes et de toute une nation, celui d'un citoyen qui aime sa patrie, qui aime voir son pays doté d'un hôpital de renommée internationale de grande envergure. Nous avons tous vécu l'horrible épisode de la pandémie de la Covid-19, qui a ébranlé le système de santé national, à l'instar de tous les pays du monde. L'afflux massif des patients, la saturation des lits d'accueil, le manque de moyens, conjugué à la détresse des gens et l'incapacité des équipes de santé à y faire face, de manière suffisante. Tout cela nous a tous marqués. Une expérience douloureuse qui nous incite à chercher des alternatives réelles et plausibles, d'autant plus que le président vient de lancer l'immense chantier de réforme du système de santé. Le grand hôpital d'Algérie, sera un pôle d'excellence dans le traitement, la recherche et la chirurgie des maladies les plus complexes. En tant qu'Algérien, patriote, je ne perds pas espoir de voir un tel projet se réaliser dans mon pays. Je combattrais pour voir mon rêve se réaliser en Algérie. Si le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, décide de lancer ce projet, il marquera son nom en lettres d'or dans l'histoire du pays.
Quel est le coût approximatif d'un tel projet' Et quel montage financier pour le réaliser'
Les coûts de construction internationaux par mètre carré de la superficie intérieure des centres hospitaliers au monde, est de 3950,00 USD /m². Si l'on considère que la superficie du grand hôpital d'Algérie qui est de 500.000 m², le coût approximatif du projet sera de 1.975.000.000,00 USD, soit près de 2 milliards dollars américains. Le montage financier pour la réalisation, revient à l'état algérien en tant que maître d'ouvrage souverain du projet d'intérêt général. L'Etat pourra financer directement le projet, comme il peut faire appel aux Groupes de soutien financiers au monde, conformément aux procédures et à la législation en vigueur. Il s'agit de la banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), le Fonds monétaire international, le FMI, la Banque africaine de développement, la Banque de développement et de financement asiatique, etc.
Est-il vrai que l'étude de faisabilité est déjà fin prête et qu'elle a été réalisée par des bureaux d'études étrangers spécialisés'
En fait, notre appel est celui d'un citoyen algérien, sans plus. Une fois l'appel lancé, en vue de la réalisation de ce projet, nous avons reçu la proposition d'un grand bureau d'études international américain, spécialisé dans la gestion des projets spécialisée d'ingénierie, d'approvisionnement, de construction et de réalisation de classe mondiale. Son représentant, basé en Algérie, nous a sollicités pour nous élaborer l'étude préliminaire de faisabilité du grand hôpital d'Algérie. Une étude qui englobe le prologue, l'amorce, le commencement et la préparation, servant à donner une vision générale de l'opportunité de construction d'un tel projet de grande envergure. Si les conditions seront réunies, nous pouvons participer et aider pour l'émergence de ce pôle. Des bureaux d'études étrangers pourront intervenir à différents niveaux, pour une étude approfondie.
L'hôpital bénéficiera-t-il d'une expertise étrangère en matière de fonctionnement administratif et de gestion médicale'
Il y va des prérogatives de l'état algérien, qui est souverain de décider, en matière de fonctionnement administratif et de gestion médicale. Il est à noter la disponibilité et l'emballement de la diaspora algérienne, quant à contribuer à ce projet. La communauté nationale établie à l'étranger profondément attachée à son pays d'origine, regroupe en son sein un gisement de compétences, de militants, de cadres intègres et engagés, qui nourrissent l'espoir de servir la patrie un jour. Nos Algériens d'ailleurs pourraient apporter leur expertise dans le fonctionnement et la gestion de ce grand hôpital. Pour ce faire, nous devons créer des passerelles et solidifier les rapports avec notre communauté établie à l'étranger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed OUANEZAR
Source : www.lexpressiondz.com