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"Il faut changer de modèle économique"



Tout en évoquant la place importante qu'occupe l'Algérie dans le marché énergétique mondial, le patron du FCE a insisté sur l'urgence de sortir du modèle économique algérien actuel.Le président du Forum des chefs d'Entreprise, Ali Haddad, conduisant une délégation d'hommes d'affaires algériens en Amérique du Nord, a, dans une allocution qu'il a prononcée au Forum d'affaires arabo-canadien qui s'est tenu avant-hier à Ottawa, fortement insisté sur le développement des énergies renouvelables et la nécessité pour l'Algérie de sortir de son modèle de croissance actuel basé sur les hydrocarbures. Il a longuement étalé les atouts dont jouit l'Algérie grâce à la place qu'elle occupe dans le marché énergétique mondial, mais il a énergiquement insisté sur les dangers que recèle un modèle de croissance mono-exportateur et, qui plus est, est fragile. «Le panel consacré à l'énergie nous a permis réellement de réfléchir à des pistes pour relever les nombreux défis dans ce secteur qui connaît de nombreux bouleversements. L'Algérie a réussi à faire preuve de résilience grâce à des choix économiques judicieux, mais la conjoncture nous a imposé d'amorcer le processus de transition énergétique qui est une étape cruciale de la transformation de l'économie algérienne. Le secteur de l'énergie a toujours constitué le socle de l'économie nationale et l'Algérie restera, certainement, pendant encore plusieurs décennies, un acteur majeur sur le marché des hydrocarbures», a-t-il indiqué, d'emblée, en s'adressant aux opérateurs canadiens présents en nombre à ce forum et ce, en rappelant «le rôle déterminant qu'a joué l'Algérie à l'occasion du sommet de l'Opep tenu à Alger en septembre 2016 et qui s'est soldé par une décision historique qui a permis de stabiliser le prix du pétrole qui avait connu, à l'époque, une baisse qui commençait à fragiliser les économies des pays producteurs.Toutefois, bien qu'il ait rappelé la place importante qu'occupe l'Algérie dans le marché énergétique mondial, Ali Haddad n'a pas omis de souligner que le modèle économique qui sous-tend la position algérienne dans ce secteur a atteint ses limites et qu'il représente aujourd'hui un talon d'Achille pour l'économie du pays. «Les différents chocs pétroliers que nous avons subis ont démontré que ce modèle économique n'est pas viable à long terme car la fin de l'ère du pétrole cher est une réalité. Nous devons nous engager dans une politique nouvelle en nous affranchissant définitivement du «tout-hydrocarbures». Dans ce contexte, les énergies renouvelables s'imposent comme l'alternative la plus sérieuse, la plus propre et commercialement la plus soutenable. C'est pourquoi, nous soutiendrons toute politique publique qui encouragera les projets relatifs aux énergies renouvelables impliquant des technologies nouvelles et innovantes», a-t-il affirmé non sans avouer le soutien du FCE au programme du président de la République «qui prévoit, à l'horizon 2030, une puissance totale de 22.000 mégawatts dédiés à la seule consommation locale». et qui «projette de développer un large éventail de filières technologiques sur le photovoltaïque et l'éolien». Par ailleurs, le président du FCE a déclaré que l'Algérie est engagée dans un processus d'amélioration continue afin de s'adapter à la conjoncture actuelle. Et, dans ce sillage, relevant les sauts qualitatifs réalisés par le Canada dans le secteur de l'énergie, en rappelant notamment que ce pays «est l'un des rares pays au monde ayant réussi son indépendance énergétique, il a affirmé qu'il est possible de «créer un partenariat économique arabo-canadien innovant, efficace et mutuellement bénéfique» dans le domaine des énergies renouvelables. Sur un autre volet, à savoir la place du secteur privé dans l'économie, Ali Haddad s'est réjoui de la place qu'occupe celui-ci en Algérie en précisant notamment qu'il «est devenu le moteur de croissance de l'économie algérienne où il crée deux emplois sur trois et contribue à hauteur de 85% à la valeur ajoutée hors hydrocarbures». Et, s'appuyant sur cette affirmation, il a déclaré que «l'Algérie se positionne aujourd'hui comme étant le plus grand marché de la région» et qu'elle «peut jouer pleinement son rôle naturel d'interface entre le monde et l'Afrique». Ce faisant, il a invité les investisseurs canadiens à s'intéresser davantage à l'Algérie et à s'y installer.
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