A l'entrée ouest de la ville de Djendel, en bordure du déversoir du barrage, vivent une centaine de familles qui se sont regroupées au lendemain du recouvrement de l'indépendance et ont bâti ce quartier nommé Hay Erraï.Mercredi dernier, les habitants ont traversé le pont étroit qui enjambe le Chélif et ont bloqué la circulation sur la RN18 qui mène à Khemis Miliana à l'ouest et Médéa au sud-ouest durant des heures, et ce, selon leurs dires, pour attirer l'attention des autorités locales sur les conditions de vie qu'ils endurent depuis des décennies, malgré les nombreuses démarches qu'ils ont effectuées au niveau de l'APC, démarches qui sont restées vaines.
Questionnés à propos de cette action de contestation, les concernés , des jeunes et des moins jeunes, nous ont fait visiter le quartier jeudi dernier. «Nous sommes les oubliés du développement local», déclarent-ils et formulent leurs priorités. L'eau qui coule dans les robinets est infecte et non potable. Cette eau provient d'un réservoir dans lequel pullulent toutes sortes de parasites, des limaces, des sangsues, une eau à forte turbidité qu'on n'utilise même pas pour les travaux ménagers. Pour boire, on achète de l'eau chez des revendeurs qui la puisent au niveau de Aïn Lechiakh, la daïra voisine au sud car même celle de Djendel est boudée par la population. D'ailleurs, la Direction des ressources en eau a programmé la réalisation de 6 nouveaux forages dans le but de distribuer une eau de meilleure qualité.
Les habitants de Hay Erraï se plaignent de l'absence d'éclairage public, de n'avoir bénéficié d'aucune aide à l'habitat rural ni aucune aide aussi dans le cadre du programme de réhabilitation de l'habitat précaire. «Nous avons failli habiter au siège de l'APC tellement nous étions chez le maire chaque jour de réception, pour réponse, nous n'avons reçu que de fausses promesses pour nous faire patienter», nous a-t-on déclaré.
Toujours selon ces habitants, le quartier est plongé dans le noir dès la nuit tombée faute d'éclairage public. «Nos enfants font quatre fois par jour près d'un kilomètre à pied parce ce qu'il n'y a pas de transport scolaire, en passant par un pont très étroit et périlleux pour leur jeune âge pour se rendre à l'école de Hay Si Nacer ou celle du centre-ville de l'autre côté de l'oued», se plaignent-ils aussi.
Plus d'un habitant, sur un ton de colère nous dira «s'ils ne veulent pas de nous comme citoyens, ils n'ont qu'à nous expulser».
Cependant, selon une source locale bien informée, «ce quartier se trouve en zone urbaine, et de ce fait, ils n'ont pas droit selon la réglementation en vigueur à l'aide à l'habitat rural, de plus «très nombreux sont ceux qui ne sont pas propriétaires du terrain qu'ils occupent ou qui sont dans l'indivision.»
«Nous ne sommes pas du tout pour la violence, nous sommes de paisibles habitants qui ne demandent qu'à ne pas être les oubliés du programme de développement local», ont déclaré plusieurs personnes, les moins jeunes surtout qui semblent être les sages du quartier.
K. O.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim O
Source : www.lesoirdalgerie.com