Le clap annonçant le début du festival du film amazigh a été donné dans la soirée de samedi dernier. Sobriété et émotion ont marqué cette cérémonie qui s'est déroulée au théâtre régional Kateb- Yacine de Tizi-Ouzou où étaient réunis pour la circonstance de nombreux invités et habitués du festival.
Les comédiens Saïd Hilmi et Fawzi Saïchi, les chanteurs Kamal Hamadi, Hamidou et Aït Menguellet ; le poète Ben Mohamed et d'autres visages connus de la culture et du cinéma étaient présents aux côtés du wali, du vice-P/APW et du directeur de la culture de Tizi- Ouzou. Côté scène, le choix de la sobriété était visible. Les organisateurs ont préféré la simplicité d'une cérémonie dépouillée et qui se veut juste conviviale. Juste quelques spots, en guise d'ambiance sons et lumière et, en arrière fond, le générique officiel du festival qui se déroule en boucle sur un fond musical du chanteur Mohsa. Un clin d'œil au talent de ce jeune musicien, chanteur et interprète qui mérite les projecteurs du festival pour être plus connu du grand public. Zira, l'animateur de la Chaîne II et Mohamed de l'ENTV égréneront le programme qui commence en douceur et des gestes burlesques et loufoques de Roland Zée, un artiste américain installé en France qui excelle dans l'art du pantomime. Le poète Ben Mohamed déclamera un poème sur des vocalises et la voix chaude du chanteur Hamidou. Séquence émotion en deux temps. Le premier lorsque le réalisateur de Abderrahmane Bouguermouh montera sur scène pour honorer, au même titre que Azzedine Meddour, à titre posthume, par la remise de l'Olivier d'or d'honneur du festival, en signe de reconnaissance au travail de pionnier de ces deux réalisateurs dans le domaine du cinéma d'expression amazighe. L'autre tableau qui suscitera l'émotion parmi l'assistance, c'est la présentation d'une délégation libyenne, invitée d'honneur du festival. Une preuve de la résistance du peuple amazigh de Libye malgré l'oppression et le silence imposé par l'ex-régime despotique de Kadhafi. Ce sont les mots d'un membre de la délégation libyenne qui s'est efforcé de s'exprimer en kabyle et reconnaît qu'il s'agit d'une manière de rendre à la Kabylie qui a inspiré le combat et la résistance des Amazighs libyens dont un court métrage et un film d'animation ont été projetés devant le public du théâtre Kateb-Yacine. Rappelons que la projection des films en compétition a débuté hier, dimanche, avec la projection de Bouboule et la galerie des miroirs, un film d'animation de Tarik Aït Menguellet ; Peut- être un jour, fiction de Mokhtar Dahmani et, enfin du documentaire de Katia Saïb qui a pour titre Agerruj N Tezgi (le trésor de la forêt). Le jury pour l'obtention de l'Olivier d'or sera présidé par le cinéaste Omar Hekkar. Pour départager les concurrents dans la catégorie écriture de scénarios, un jury présidé par le journaliste Ahmed Ben Allam a été institué. Le programme comprend, en outre, un clin d'œil au cinéma du Maghreb et de l'Amérique latine.
S. Aït-Mébarek
Le festival vu par…
Fawzi Saïchi (comédien) : «C'est un grand plaisir puisque le festival du film amazigh, en est à sa 12e édition. En Algérie, c'est une prouesse. Je rentre du Maroc où j'ai tourné un film en tamazight de Tahar Hochi, Idir, en compétition pour l'Olivier d'or. L'organisation est impeccable et je ne peux que féliciter M. Si l'Hachimi Assad, le commissaire du festival pour sa compétence, son staff et particulièrement Mme Khadra qui fournit beaucoup d'effort. La balle est maintenant du côté des créateurs et j'estime que la qualité primera sur la quantité.»
Kamel Hamadi (chanteur) : «Nous souhaitons qu'il y aura de bonnes choses et qu'à chaque édition, il y aura des artistes qui émergent. Longue vie au festival et à la production.»
Ben Mohamed (poète) : «C'est toujours un miracle, c'est là où on voit que la volonté des hommes peut pallier toutes les volontés. On découvre toujours l'étonnement et l'émerveillement. Le champ du cinéma amazigh s'est élargi et il continue à s'élargir. Chaque année, on découvre des surprises et on espère qu'à chaque édition, on en découvrira encore.»
Tahar Yami (producteur et réalisateur) : «C'est une louable initiative qu'il faut pérenniser, c'est un grand moment de partage et d'échange et de développement pour le cinéma amazigh, un cinéma qui ne cesse de progresser durant ces dernières années. Bravo aux organisateurs.»
Adghis Madi (réalisateur libyen) : «C'est la première fois que je participe à un festival en Algérie. Par contre, j'ai eu l'occasion de participer à plusieurs festivals au Maroc. Ce festival est pour moi quelque chose de très important, pour la simple raison que le combat amazigh a commencé en Algérie, et précisément en Kabylie.»
Hamidou (comédien et chanteur) : «Je souhaite un grand succès à ce festival, comme ce fut le cas pour celui d'Azeffoun de l'année dernière. J'ai assisté à la séance de clôture de l'édition 2011, c'est une manifestation très enrichie.»
Propos recueillis par K. Bougdal
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com