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Elan de solidarité dans les Alpes françaises



Les professionnels de la montagne ont organisé, dimanche, une «cordée solidaire» et manifesté avec une banderole «SOS Alpes solidaires» pour revendiquer leur devoir d'assistance à personnes en danger.Bientôt, on va retrouver un mort». Jean-Gabriel Ravary, guide de haute montagne depuis 42 ans, habite Névache, village du bout de la vallée de la Clarée, dans les Alpes françaises, où de plus en plus de migrants font naufrage dans la neige et le froid. Dans ce paradis blanc, coupé du monde durant trois jours la semaine dernière, plus d'un mètre de neige est tombé. «Y a tout le catalogue des dangers pour qu'il y ait des drames. Alors pour des gens qui ne connaissent pas la montagne...», soupire Jean-Gabriel, chaudement emmitouflé.
Le guide regarde en direction du col de l'Echelle, ce passage à 1762 m d'altitude, à quelques kilomètres de la frontière italienne. Les températures y descendent souvent à -20°C, sans compter le vent qui s'y engouffre. Le versant italien, qu'empruntent les migrants - surtout des Africains, «jeunes et costauds»-, est avalancheux et sujet aux chutes de pierres.
Côté français, l'hypothermie guette, sans compter le risque de se perdre, car les panneaux indicateurs ont été retirés et certains s'égarent vers le fond de la vallée, croyant gagner Briançon, ville de 12 000 habitants, la plus haute de France, située à 1326 m d'altitude. D'autres exilés tentent le passage plus simple par la route et le col du Montgenèvre, mais les patrouilles incessantes de gendarmes les poussent à se cacher.
«Cet hiver, on a parfois jusqu'à 10 ou 12 arrivées par jour», explique Alain Mouchet, qui organise les maraudes nocturnes quotidiennes avec des bénévoles équipés de matériel de secours. «Les gendarmes sont autant emmerdés que nous, ils ne se sont pas engagés pour courir derrière des gamins dans la neige».
Les professionnels de la montagne ont organisé, dimanche, une «cordée solidaire» et manifesté sous une banderole «SOS Alpes solidaires», en écho à «SOS Méditerranée», qui secourt les bateaux de migrants, pour revendiquer leur devoir d'assistance à personnes en danger. Un jeune de Guinée Conakry a d'ailleurs été retrouvé pendant la manifestation.
Il a été sorti d'un couloir d'avalanche par hélitreuillage du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM). Il était pieds nus dans la neige. Moussa, revu quelques heures plus tard sur son lit d'hôpital à Briançon, avait commencé l'ascension du col de l'Echelle à 5h. Il s'en tire avec des gelures au pied gauche. Etienne, accompagnateur en montagne, qui l'avait localisé, lui a dit : «Bienvenue en France.» «Mais j'ai peur de lui avoir menti», s'émeut-il.
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