
La série d'incendies qui ravagent depuis des jours des régions entières du pays ont mis à nu le système de lutte contre ce genre de catastrophes naturelles. Un système défaillant, basé sur des procédés dépassés et, par conséquent, incapable de freiner l'avancée de ces flammes qui détruisent tout sur leur passage.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Les bilans de ce drame se passent de toute explication : des milliers d'hectares ravagés en l'espace d'une semaine, des victimes par dizaines, mais aussi des décès. Deux morts ont été enregistrés ce week-end en haute-Kabylie, une région particulièrement concernée par les incendies qui se sont produits.Les images retransmises par les télévisions et celles circulant sur les réseaux sociaux ont jeté l'émoi parmi les Algériens. Comment peut-il en être autrement face aux scènes de panique des villageois se battant mains nues contre les flammes arrivées aux portes de leur maison, celles de cadavres d'animaux calcinés jonchant le sol, ou celles encore de ces vastes étendues ravagées”'pour tenter de juguler le phénomène, les citoyens ont tenté eux-mêmes de faire face aux incendies en usant de moyens archaïques, mais en vain. La force de la nature a très vite pris le dessus. La vitesse de propagation du feu a contraint les plus chanceux à fuir leurs maisons en laissant toute une vie derrière eux, espérant que les moyens mis en place par l'Etat parviennent à apaiser la situation.Malheureusement, le système de lutte contre les incendies qui se sont déclenchés a très tôt démontré ses limites. Les pouvoirs publics sont ainsi apparus très vite, incapables de faire face à l'étendue du phénomène faute de moyens adéquats. Les pompiers, certes, mobilisés pour la circonstance, ont eu très peu la latitude de freiner l'avancée des flammes avec les moyens rudimentaires dont ils disposent.Les jets d'eau et lâchers de produits d'extinction ne se sont pas produits à partir d'appareils aériens comme il convient en pareille circonstance. L'Algérie n'en dispose pas. Dans un communiqué parveu hier aux rédactions, le ministère de la Défense annonce que des détachements de l'ANP ont dû prêter main forte aux équipes de pompiers et celles affiliées à la Direction des forêts dans six zones (Relizane, Jijel, Tizi-Ouzou, Blida, Tlemcen et Médéa) afin d'évacuer les habitants des zones concernées et leur prodiguer les premiers soins.Mais déjà , sur les réseaux sociaux et autres moyens d'expression, les Algériens criaient au scandale, assénant les pouvoirs publics de vérités crues. Les interrogations se font les plus nombreuses dans cet espace : «Comment se fait-il que le pays ne se soit pas doté de matériel sachant que ce genre d'incendie se produit fréquemment en cette période '», s'interrogent de nombreux citoyens. Une question qui s'impose sachant combien les forêts et végétations désséchées par la canicule sont facilement inflammables.Au-delà des actes de malveillance et du manque de civisme pouvant être enregistrés de temps à autres, il est de notoriété publique que les détritus qui jonchent les espaces constituent des dangers potentiels où le feu peut partir de la moindre étincelle. Ne pas se préparer à y faire face avec des moyens développés est une faute grave. Ses conséquences sont là .Jeudi, et face à l'ampleur de la situation qui se déroulait en Kabylie, le FFS a réagi en déclarant que «ces événements confirment, malheureusement, que nous sommes face à un pouvoir qui ne dispose pas de mesures souples et pratiques pour la conduite des affaires publiques (”?) il est incapable d'élaborer un plan national pour l'intervention d'urgence, ce qui aggrave la situation et la rend de plus en plus complexe et dangereuse en raison des moyens limités des organismes autorisés à intervenir».Le FFS a, enfin, appelé les pouvoirs publics à «assumer leur entière responsabilité dans cette situation difficile pour les citoyens».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A C
Source : www.lesoirdalgerie.com