L'empreinte de la créativité littéraire de Mohia, l'essence, le raffinement de son style, de son verbe tout en nuances et allégories, et de son engagement farouche pour l'émergence d'une littérature d'expression amazighe dans sa variante kabyle parcourent ses textes poétiques dont beaucoup ont été interprétés par de nombreux chanteurs kabyles comme Idir, Takfarinas, Malika Domrane...Ali Ideflawen qui figure parmi les ténors de la chanson kabyle et qui a beaucoup fréquenté le poète Mohia, dans son exil parisien, a pris part avec d'autres artistes au gala organisé, au niveau de la maison de la culture Mouloud-Mammeri, à l'occasion de l'hommage qui a été rendu au défunt, les 7 et 8 décembre en cours, par la Direction de la culture et des arts, dans le cadre de la commémoration du 17e anniversaire de sa disparition.
L'autre moment fort de cet hommage fut le gala artistique animé par une pléiade d'artistes qui se sont succédé sur scène pour interpréter des poèmes chantés de Mohia devenus des standards de la chanson kabyle.
Présent en grand nombre, le public a eu droit à une véritable ballade dans l'univers poétique de Mohia. Il y eut d'abord la voix étonnamment semblable à celle de l'auteur de Si Kaci (la Jarre de Luigi Pirandello), celle du poète et homme de radio Nordine Aït Slimane qui a déclamé plusieurs textes poétiques de Mohand Ouyahia.
À leur tour, Ali Ideflawen, Salah Gaoua, Malek Bachi, Youcef Hessas, Sadia Idir et son groupe constitué d'un trio de voix féminines égaieront l'assistance avec l'interprétation de plusieurs chansons sur des textes poétiques de Mohia.
Une manière de rendre hommage à celui qui aura consacré plusieurs années de sa vie à la promotion de la culture amazighe, à traduire et à adapter des poèmes, à écrire des chansons pour des artistes et surtout à adapter des ?uvres théâtrales universelles vers la langue kabyle.
Cette dimension emblématique de la vie et de l'?uvre de Mohand Ouyahia connu sous le nom d'artiste «Mohia» et caractérisée par une activité créatrice riche et foisonnante a été mise en relief par la directrice de wilaya de la culture et des arts.
N. Goumeziane a souligné la pérennité et la permanence de la production poétique et dramaturgique de Mohia. En témoigne, dira-t-elle, «l'intérêt qui ne s'est jamais démenti du public, notamment des jeunes pour l'héritage» de l'auteur de Si Kaci (adaptation en langue kabyle de Si Lahlu, de Tartuff de Molière).
Un héritage, ajoutera-t-elle, qui bénéficie «d'une transmission intergénérationnelle» du fait que ses poèmes sont mis en musique et chantés par la nouvelle génération de chanteurs.
Exposition d'un bas relief réalisé par les adhérents de l'atelier de modelage de cet établissement culturel, réalisation in situ d'un portrait à l'effigie de Mohia (des travaux remis en cadeau à la famille du défunt) ont été au menu de l'hommage rendu à Mohia qui s'est poursuivi par la représentation sur les planches du théâtre régional Kateb-Yacine de la pièce théâtrale Sin nni par la coopérative Macahu d'Iferhounene.
Mohia est né en 1950 dans une famille originaire du village Aït Rbah, dans la commune d'Iboudrarene, qui s'établira à Azazga. En décembre 2004, il meurt à Paris suite à une longue maladie et sera enterré dans son village sur les hauteurs du Djurdjura.
S. A. M.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S A M
Source : www.lesoirdalgerie.com