Les villes de Tlemcen, Alger et Constantine ont eu le droit d'être, le temps d'une manifestation, des capitales de la culture arabe ou islamique. D'autres villes telles que Médéa attendent leur tout, mais ont-elles les moyens 'Béjaïa, Laghouat, Oran ou d'autres villes telles que Médéa pourraient bien être choisies pour abriter des manifestations internationales. Ces villes ont une histoire avec la culture, mais ont-elles les moyens d'abriter des tels évènements ' Pour vérifier, on est allé faire un tour aux alentours de Médéa et surtout de par son histoire avec l'art et la culture. Le musée de l'Emir Abdelkader, appelé autrefois fois «la maison de l'Emir» et qui fut véritablement la résidence du Bey de Médéa se trouve en plein centre-ville. A l'entrée, On remarque qu'à côté du livre d'or (registre de doléances), on peut choisir d'écrire au stylo ou, comme autrefois au Qalam (plume). On y trouve plein d'objets ayant appartenu à l'Emir Abdelkader et d'autres liés à l'histoire de Médéa. Ce musée qui se trouve sur un côté de «Blasset -El-Djininar» nous rappelle que dans les années 1930, les plus grands chanteurs et chanteuses y étaient invités à se produire, notamment, durant les soirées de Ramadhan. Louiza Ettounsia et la grande Habiba Massika qui aurait été classée comme la plus belle femme du monde avaient donné des concerts sur cette place. Mohamed El-Kourd, Dris El-Achouri, Fatima Rochdi, le grand maître de la musique andalouse Larbi Bensari et son fils Rodhouane avaient également animé les belles soirées du café Berramoul.
Bencheneb, le premier bachelier arabe
Il faut dire que la région de Médéa n'attirait pas seulement les artistes et les hommes de culture, mais leur donnait naissance et elle en donne toujours. Mohammed Benchneb, le premier dans le monde arabe à avoir obtenu le baccalauréat et le premier professeur agrégé de la faculté de lettres est né à Médéa. Sorti de l'école normale de Bouzaréah, le polyglotte Mohamed Benchneb qui a été également professeur à la medersa Ethaâlibya de Constantine et d'Alger donnait des cours de «Sahih El-Boukhari» à la nouvelle mosquée d'Alger. Il a écrit une cinquantaine d'ouvrages avant de mourir en 1929. Il a été, par ailleurs, membre de l'académie des sciences arabes de Damas et a fait partie de la société asiatique de Paris et de la société historique algérienne. Il est à noter que Mohamed Benchneb a quelque part fait de l'hombre à son frère Saâdeddine qui était également un grand homme de culture ayant occupé le poste de doyen à l'université d'Alger et écrit plusieurs ouvrages. Né à Ksar-El-Boukhari, Abdelkader Ferrah a vite brûlé les étapes pour aller montrer ses dons d'artiste en Europe où il a fini par devenir scénographe à l'académie royale «Shakespeare» à Londres.
Ferrah, qui a réalisé la scénographie des plus célèbres pièces de théâtre en France et en Grande Bretagne, avait refusé de recevoir le prix du ministère de la culture français en 1956 en réaction à la guerre menée contre l'Algérie.
Ayant décidé de monter un spectacle en Algérie dans les années 1980, Abdelkader Ferrah y a renoncé à cause de certains artistes de bas niveau qui géraient notre théâtre. Ces hommes sont cités dans de beaux livres édités par la wilaya de Médéa. On y trouvé également de grands artistes ayant marqué le théâtre et la musique algérienne, notamment le comédien et acteur Hassan El- Hassani dont la troupe T.T.P qu'il a dirigée avait rapproché le théâtre auprès des habitants des villages les plus éloignés d'Algérie et de Mahboub Bati, le musicien et compositeur qui est l'un des précurseurs de la musique chaâbi moderne.
Manque d'infrastructures
Ce grand artiste avait composé des musiques et écrit des paroles pour les meilleurs chanteurs algériens des années 1960 et 1970. Les livres donnent également un aperçu sur la biographie du compositeur et chef d'orchestre Cherif Kortebi et du dramaturge et poète Mahboub Stambouli ainsi que de l'enfant de Miliana Ahmed Ferrah qui a consacré une partie de sa vie à former de jeunes musiciens et chanteurs andalous au siège de cette maison de l'Emir Abdelkader.
Il est à rappeler que la ville de Médéa a vu naître aussi le grand poète français Jean Richepin. D'autres hommes de culture et artistes font la fierté de la wilaya de Médéa, notamment les poètes El-Euldji Abdelkrim et Mohamed Kadik. Le maître céramiste Ali Ould Ramoul qui représente toute une famille d'artisans est parmi nos meilleurs artisans.
La ville de Médéa regorge encore d'artistes et de poètes tels que Mohamed Halim Tobal et biens d'autres. Tout comme Tlemcen, Constantine et Alger les villes de Médéa, Bédjaïa, Laghouat etc, peuvent accueillir de grandes manifestations, mais ce sont les infrastructures et surtout la volonté de décider qui manque. Pour le moment, ces villes ont le droit de rêver.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Bari Stambouli
Source : www.letempsdz.com