La campagne électorale qui vient de prendre fin après trois bonnes semaines de tintamarre et de chahut des partis politiques, a été également l'occasion de gain d'argent pour une catégorie de jeunes qui n'attendaient que cette opportunité occasionnelle dans des patelins où le chômage fait rage.
En effet, des jeunes débrouillards se sont spécialisés dans des «prestations de service», disposés à prêter main forte pour n'importe quel travail proposé par des candidats aux élections locales. Ils sont là, présents, par dizaines au moindre claquement de doigts des candidats pour s'occuper de l'affichage des listes, la confection des banderoles, le pavoisement et la sonorisation des salles de meeting. D'autres, contre une somme d'argent négociée d'avance, se sont chargés du remplissage des salles en faisant venir leurs copains et les petits voisins en vue de prendre part au scénario du grand rassemblement «orchestré» devant la caméra de la télé, et ce, afin d'impressionner les adversaires de cette échéance électorale. Mais les jeunes qui investissement ces petits boulots de circonstance affirment ne pas faire confiance à ceux qui sollicitent leurs services. Ils sont vigilants, car par le passé certains d'entre eux disent qu'ils se sont fait «rouler».
Ce fut aussi le cas pour des transporteurs à qui on avait promis une bonne somme d'argent pour la location, mais aussitôt les lampions éteints, les interlocuteurs principaux se sont évaporés dans la nature. Echaudés, ces jeunes «prestataires de service» insistent avant tout engagement d'être payés cash et d'avance. L'aubaine de la campagne électorale ne s'est pas limitée à ces groupes de jeunes, mais elle a fait aussi profiter les restaurants et gargotiers de la région. Les propriétaires de locaux vides ne sont pas en reste, puisqu'ils les ont loués aux partis politiques pour y installer leur permanence.
Morosité électorale
305 listes de 27 partis politiques et 3 indépendants, totalisant un nombre de 6040 candidats et candidates, n'ont commencé à bouger que durant les derniers jours de la campagne électorale. Ainsi, ils ont voulu rattraper le retard en multipliant les visites et contacts avec la population et séduire les voix des 536 505 électeurs et électrices par tous les moyens.
Même si certains ont eu recours à des promesses trompeuses pour récolter les précieux bulletins des citoyens, l'essentiel pour eux est d'être les heureux élus. L'autre confrontation électorale se joue pour les 39 sièges de l'APW, entre les listes de candidatures de 15 partis politiques qui sont en lice pour l'échéance prochaine du 29 novembre.
Dans ce contexte, il est à signaler que la plupart des partis en lice n'ont pas réussi à couvrir toutes les 64 communes de la wilaya, ils se sont contentés de se présenter dans une commune ou quelques-unes seulement. Seule une exception, FLN, présent partout (100%), du RND avec 58 listes sur 64 et le MPA avec 34 listes, derrière l'Alliance verte avec 22 listes. Il convient de préciser, selon l'avis des citoyens jetant un coup d il furtif par curiosité sur les affiches placardées à la place du 1er Novembre de Médéa, que l'actuelle campagne était morose, et ne ressemble point aux précédentes par un manque de vivacité dans la mobilisation des masses populaires, car les candidats éprouvaient beaucoup de difficultés à remplir de petites salles ne contenant pas plus d'une centaine de places, même en faisant déplacer des citoyens d'autres localités.
L'explication est toute simple, nous dit-on. Les gens sont blasés par les promesses mensongères des anciens élus, ils ne veulent pas tomber dans le même panneau cette fois-ci. «Car, il ne sert rien de voter dans ces conditions. Ils ne sont pas efficaces», nous dit-on. D'autres remarques sont aussi soulevées, c'est le nomadisme des candidats qui est à la mode, on change de parti comme on change de chemise. Pis, l'affichage anarchique n'a donné finalement qu'une mauvaise image des partis politiques. «Cette anarchie et d'autres facteurs nous poussent à ne pas aller voter le jour J», concluent des habitants de Médéa.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkader Téta
Source : www.elwatan.com