L'Algérie et le Mali ont appelé mercredi, les deux parties au conflit au Sahara Occidental, le Maroc et le Front Polisario à reprendre les négociations sous l'égide de l'ONU «sans conditions préalables» pour arriver à une solution «juste et durable» qui permet l'autodétermination du peuple sahraoui. C'est ce droit que le sénateur républicain James Inhofe a défendu devant le congrès américain.Dans un communiqué conjoint publié à l'issue de la 17e session du Comité bilatéral stratégique Algérie-Mali, les chefs de la diplomatie des deux pays, Ramtane Lamamra et Abdoulaye Diop, ont demandé aux deux parties au conflit au Sahara Occidental «de reprendre les négociations sous les auspices du SG de l'ONU, sans conditions préalables et de bonne foi en vue de parvenir à une solution politique juste et durable qui permette l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations-Unies et l'Acte constitutif de l'Union africaine».
Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara Occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.
Par ailleurs, à Washington, le sénateur républicain James Inhofe a défendu, mardi dernier, lors d'une intervention devant le Congrès américain, le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, pointant du doigt les obstacles dressés par le royaume du Maroc face à la concrétisation de cet objectif et dénonçant les atteintes aux droits humains commises par les autorités marocaines. James Inhofe, également président de la Commission défense du Sénat américain, a rappelé que depuis des décennies, tout le monde est d'accord sur la nécessité d'organiser un référendum d'autodétermination au Sahara Occidental, dont la Cour de justice internationale, en 1975, l'Organisation des Nations-Unies, la Cour de justice européenne et l'Union africaine.
La grande peur du Maroc
«Après plus d'une décennie de violence de la part du Maroc, les Nations-Unies sont enfin intervenues, en 1991, et les deux parties (le Maroc et le Front Polisario) ont décidé d'instaurer un cessez-le-feu (...) Un référendum pour l'autodétermination du peuple sahraoui a été décidé mais ce référendum n'a jamais eu lieu», a-t-il signalé.
«Le Maroc sait qu'il perdrait rapidement si le référendum était organisé (...) Il n'accepterait jamais un référendum qui inclut la possibilité de l'indépendance du Sahara Occidental», a assuré le sénateur.
Par ailleurs, James Inhofe a déploré le fait que la communauté internationale n'ait pas réagi après la répression, par les autorités marocaines, des Sahraouis lors des manifestations organisées en novembre dernier à Guerguerat, signalant que cet acte de violence a été la cause de la reprise des hostilités entre les deux parties. Le pire, selon lui, a été «le changement de la politique américaine» en ce qui concerne la question sahraouie, évoquant la proclamation de l'ex-Président américain, Donald Trump, sans toutefois le nommer, qui, en décembre 2020, a dit reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental. «Cette proclamation est illégale et contredit la politique suivie par les Etats-Unis depuis des décennies», a-t-il ajouté. «La question de l'autodétermination est une chose très significative pour nous tout au long de l'histoire de notre pays», a-t-il rappelé.
Sur un autre plan, James Inhofe s'est attardé sur la souffrance du peuple sahraoui et sur la répression imposée, notamment aux militants des droits humains. Il a cité, à ce propos, une déclaration de la militante sahraouie, Sultana Khaya qui affirme que «la répression imposée au peuple du Sahara Occidental dure depuis 1975 et durera encore jusqu'à la fin de l'occupation».
Sultana Khaya assignée à résidence depuis novembre dernier dans son domicile subit régulièrement toute sorte d'agressions de la part de la police marocaine.
R. I./APS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R I
Source : www.lesoirdalgerie.com