Medea - A la une

60% de la population au chômageLes programmes de développement jugés insuffisants à Médéa



60% de la population au chômageLes programmes de développement jugés insuffisants à Médéa
La délinquance et la petite criminalité commencent à prendre des proportions alarmantes dans cette wilaya du centre du pays.En cette période estivale, tenter de brosser un tableau succinct sur la situation de la population, notamment celle de la jeunesse à Médéa, c'est se noyer dans un océan de désillusions et de désespoir. Si sous d'autres cieux l'été est souvent synonyme de loisirs et de détente après plusieurs mois de labeur, à Médéa, cette chance n'est pas à la portée de la majeure partie des habitants de cette wilaya, particulièrement ceux des zones rurales.
La majorité des moins de trente ans ' plus de 60% de la population 'traîne, comme un boulet, une existence terne et sans but qui se nourrit de chimères et se meurt de trop attendre' Les plages sont si lointaines pour ceux qui cherchent la fraîcheur marine. Solution palliative : un petit joint pour voyager gratis. Ne dit-on pas que l'oisiveté est mère de tous les vices ! La délinquance augmente au fil des jours, selon les statistiques des services de sécurité (police et gendarmerie), en particulier dans les agglomérations à forte densité d'habitations, telles que Médéa, Ksar El Boukhari, Berrouaghia, Aïn Boucif, Beni Slimane et Tablat. Car l'économie est en panne.
L'investissement est presque nul, malgré les bonnes volontés pour motiver et faciliter la venue des investisseurs. Mais ces derniers sont réticents et ne se bousculent pas au portillon. Ils évoquent, à chaque fois, le retard immense de développement de cette wilaya, notamment pour ce qui est des voies de communication. Les programmes de développement attribués, au titre des plans quinquennaux (2005/2009 et 2010/2014), à ce vaste territoire, (une goutte dans un océan), n'ont pu endiguer et rattraper ce retard accumulé depuis plusieurs décennies, surtout que la région a connu les pires atrocités durant les années de la tragédie nationale. Cela s'est accentué aussi par un exode rural sans précédent et la ville n'arrive plus à prendre en charge ses habitants.
D'autres facteurs ont contribué également à cette crise : les fermetures des petites unités économiques étatiques, au nom d'une réforme pour se débarrasser d'un secteur public devenu gênant, ainsi que la mise à mort des fabriques de chaussures du chef-lieu de wilaya. Les plus chanceux des jeunes ont pu créer leur propre projet, en bénéficiant des avantages offerts par l'Ansej, la Cnac et l'Angem.
D'autres ont pu décrocher des contrats de pré-emploi (contrat de travail temporaire). Mais cela reste infime par rapport au nombre important de chômeurs. «Même pour un emploi précaire dans les administrations, il faut avoir du piston», dénonce un jeune chômeur. Le phénomène du chômage devient plus visible lors des concours de recrutement. Ainsi, à chaque annonce d'ouverture de postes budgétaires (généralement une dizaine de postes seulement), c'est un déferlement de plusieurs milliers de candidats et candidates qui se présentent à la sélection. Mardi dernier, les établissements scolaires de Médéa ont été pris d'assaut par plus de 6000 concurrents pour 500 postes vacants, dans les trois cycles de l'enseignement (primaire, moyen et secondaire).
Un autre langage est cependant tenu par les autorités locales, qui déplorent un manque flagrant de main-d'œuvre sur les chantiers de la wilaya et accusent les jeunes chômeurs qui refusent des postes dans le BTPH. Cette version est rejetée par les jeunes demandeurs d'emploi. Ils disent qu'il est difficile de trouver un emploi dans n'importe quel domaine. «Même ceux qui terminent leur contrat de trois ans dans le cadre du pré-emploi ne sont pas généralement réintégrés et confirmés à leur poste», affirment des jeunes qui ont passé trois ans dans une administration publique sans avoir été retenus.
A propos des promesses de confirmation des jeunes bénéficiaires du pré-emploi après quelques années d'expérience professionnelles, plusieurs jeunes soulignent que le discours des officiels est creux jusqu'à présent.
Il est urgent pour les pouvoirs publics de se concerter, afin de désamorcer ce conflit du double langage complètement contradictoire, et ce, dans l'intérêt général du pays et de son capital humain. Certes, on ne peut ignorer les efforts louables entrepris par des bonnes volontés au profit de la jeunesse, mais cela reste insuffisant. Un programme spécial doit être attribué à cette contrée géostratégique, jonction entre le Tell et le Sahel, une région tampon, pour faire sortir ses habitants du marasme ambiant, de la précarité et fixer la population rurale en lui procurant des ressources sur place.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)