Medea - A la une

1er partie



1er partie
Salim se lève très tôt ce matin. À peine les lueurs du jour commencèrent-elles à poindre qu'il saute de son lit. Une douche rapide, et le voilà déjà habillé et prêt à partir. C'est qu'il avait un rendez-vous très important. Un rendez-vous qui tracera désormais son avenir professionnel. Ingénieur en pétrochimie depuis déjà 5 ans, il avait traîné la patte çà et là sans pouvoir dénicher un travail stable. Travailleur occasionnel ou par contrat, il était souvent sous-payé par ses employeurs, et surtout il n'avait jusqu'à présent pas pu utiliser ses véritables connaissances, puisque, le chômage aidant, Salim acceptait le premier boulot qui se présentait. Aujourd'hui, la providence tranchera pour lui. Un filet dans la presse, et le voici prêt à se présenter à un concours de recrutement d'ingénieurs en pétrochimie dans une grande entreprise d'Etat. Il n'avait pas eu besoin de trop réfléchir. Non. Pas du tout, car s'il pouvait obtenir un poste permanent et rémunéré régulièrement, il ne demandera pas son reste. Il voulait tant se stabiliser, Salim. Un homme, la trentaine déjà bien avancée, et qui parfois se sentait inutile au sein même de sa famille, malgré la compréhension de ses proches. Sa mère l'exhortait à se marier. Elle voulait le voir casé et bien chez lui. Et comme toutes les mamans, elle rêvait de devenir grand-mère avant de rejoindre l'au-delà. Salim ressentait profondément sa détresse. Omar, son frère aîné, médecin, était déjà marié, mais n'avait pas encore d'enfant. Tout simplement, parce que, même installé à son compte, ce dernier n'arrivait pas à joindre les deux bouts. Les temps étaient réellement durs pour tout le monde. Le jeune homme se dirige donc vers l'arrêt de bus. Il est déjà 7h15, et il doit se présenter à son examen à 8h30. Les retards ne seront sûrement pas appréciés.Il prend donc le premier bus, déjà bondé de passagers, et ne descend qu'au terminus qui se trouvait à 500 m de sa destination. Une foule compacte se rendait en ville, tel un essaim d'abeilles. Tout ce monde était pressé et, heure de pointe oblige, chacun essayait d'arriver à l'heure à son travail. Salim s'empressa de traverser la route pour se diriger tout bonnement vers un café. Un crème, un croissant tout chaud et une cigarette fumée rapidement. Le voici fin prêt à affronter son épreuve, d'autant plus que l'institut où devaient se dérouler les épreuves était juste en face de lui. L'esprit vadrouillant, il essaye de se rappeler ses cours et quelques formules d'usage en pétrochimie. Non, il n'avait pas tout oublié. Ses connaissances sont encore fraîches, et il estime qu'il pourra faire face à ses tests sans trop de difficultés. Pris dans l'engrenage de sa concentration matinale, il ne vit pas le véhicule venant à toute allure et n'entendit le coup de klaxon que quand ce fut trop tard. Il se sentit soulevé et projeté dans les airs, avant de retomber sur un métal chaud. À peine entendit-il le bruit de sa chute qu'il perdit connaissance. Un attroupement se forma aussitôt, et la conductrice du véhicule, une jeune dame, accourut, alarmée.- C'est de sa faute. C'est de sa faute, ne cessait-elle de répéter. Il s'est jeté latéralement sur le véhicule. J'ai klaxonné. J'ai freiné. Mais c'était trop tard, cet homme avait l'esprit ailleurs.Elle se penche sur Salim et constate que sa tempe droite saignait. Affolée, elle s'adresse à la foule autour d'elle :-Voyons, ne restez pas là en spectateurs. Aidez-moi à le mettre dans mon véhicule, je vais l'emmener à l'hôpital. Un agent de police s'approche des lieux et constate l'accident. Il prend quelques notes, avant de s'éloigner en priant la conductrice de passer au commissariat dans la journée.(À suivre) Y. H.
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