La semaine a été pénible. Ancien ministre, ancien président de l'APN, en mission permanente pour la Kabylie, Karim Younes est de ceux qu'on pourrait appeler un « client du système ». Son dernier poste comme « médiateur de la République » n'a convaincu personne quant au statut d'homme ouvert, voire autonome qu'on a tenté de lui fabriquer, sans grand succès par ailleurs, à chaque fois qu'on a eu besoin de ses services. La dernière mission qu'on lui a confiée répond parfaitement à son « profil » donc : médiateur de la République. Un poste hybride pour un homme qu'on continue laborieusement à faire passer pour un autre (Acte 1).La semaine a été pénible. Karim Younes a surtout fait l'actualité de la semaine parce qu'il a été... viré ! Il aurait même appris son limogeage par la... rumeur, comme tout le monde. Cette façon de faire n'est pas nouvelle pour autant, l'élégance n'étant pas vraiment une marque de fabrique de nos gouvernants. Il y a (aussi) autre chose qui ne veut pas changer : Karim Younes, comme tous les autres responsables ne sont jamais surpris quand ils sont nommés mais systématiquement... étonnés quand on leur désigne la porte. Là, ils se « rappellent » même que c'est leurs « idées » et leur « programme » qui dérangent. Des idées et des programmes qu'on n'entend jamais quand ils sont en fonction. M. Younes serait, selon sa propre déclaration, viré parce qu'il voulait qu'on entreprenne « un dialogue sans exclusive » et une lutte sans merci contre la corruption ! Mais voilà, une « info » selon laquelle son limogeage serait plutôt lié au mariage de sa fille. Une sombre histoire sur l'origine israélienne de son gendre vite démentie par des faits plus crédibles et plus précis. Du coup, les choses sont rééquilibrées. Les sarcasmes charriés par son remplacement ont fait place nette à des marques de sympathie suscitées par l'inquisition et l'atteinte à la vie privée dont il est victime (Acte 2).
La semaine a été moins pénible. Le maréchal Bugeaud vient d'être chassé d'une école marseillaise. Jugé par la municipalité indigne de donner son nom à une école de la République, le maréchal Bugeaud a été « déboulonné » de l'établissement marseillais qui porte désormais le nom d'Ahmed Litim, un tirailleur algérien qui a libéré la ville. Polémique, bien sûr. Très attendue là-bas mais elle peut aussi débarquer ici, les Algériens s'invitant souvent dans les débats « franco-français ».
La semaine a été moins pénible. Autre sujet qui aurait pu être « franco-français », le retour de Karim Benzema dans la sélection française de football. Là, les Algériens ne sont pas invités, ils sont carrément parmi les organisateurs de la fête ! On ne s'attendait peut-être pas à ce dénouement qui a constitué une énorme surprise mais on attendait la réaction des Algériens. En tout cas plus que l'événement lui-même. N'allez tout de même pas croire que nos compatriotes allaient s'exprimer d'une même voix sur la question. Il y en a qui pensent que c'est un « non-événement » mais en parlent trop pour être crédibles. Il y a les supporters du Barça qui ne... supportent pas qu'un joueur du Real soit porté aux nues. Il y a ceux qui veulent être à la place de Benzema et refuser la sélection juste pour emmerder Didier Deschamps... et il y a enfin ceux qui ont pris les choses simplement du côté sportif : ce serait le comble que le meilleur joueur du monde ne fasse pas partie de la sélection de son pays dans une compétition majeure. Il n'y a pas que le foot dans la vie ' Certainement, mais que serait la vie sans le foot '
S. L.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.lesoirdalgerie.com