Mascara - A la une

Y a-t-il un maître dans la classe '



Y a-t-il un maître dans la classe '
La mascarade continue et semble bien installée pour s'éterniser. Personne ne s'offusque de la tournure que l'Ecole a prise depuis que les décideurs avaient mis en place un système générant l'échec scolaire à coups de milliards. Tout avait commencé quand des luttes intestines pour le contrôle de l'Ecole, sont apparues, au début des années 70, entre des courants antagonistes, aidés par le jeu d'équilibriste du pouvoir en place, dans le but de les neutraliser et de se pérenniser.Depuis l'Ecole n'a cessé d'être écartelée entre une élite francophone dans le sillage du pouvoir et l'autre arabophone aspirant à avoir une place influente et revendiquant son rejet de la culture héritée de la France coloniale. Dans les années 80, les mouvements berbère et islamiste sont venus se replier dans les interstices identitaires pour rappeler au pouvoir qu'ils sont là, eux aussi, pour compter dans le cours que prendra l'histoire du pays. Ainsi l'Ecole est devenue un réceptacle d'idéologies et de revendications contradictoires, ne pouvant coexister entre elles sans frictions et sans rejet. Ces tiraillements sont les causes principales d'une Ecole qui n'arrive pas à se placer dans la performance et la compétitivité. Le chiffre de 4% seulement, des enfants d'une même tranche d'âge, réussissant au baccalauréat, sans avoir jamais doublé, et les moyens titanesques mis à la disposition de l'Ecole, en est l'illustration la plus évidente de cet échec. Vient, ensuite, se greffer une cause, encore plus imprudente, aux conséquences désastreuses quand on charge l'Ecole de missions qui ne sont pas les siennes. L'Ecole a pour vocation d'instruire les enfants et leur inculquer des valeurs les préparant à la citoyenneté, elle n'est pas le lieu de l'action sociale et de l'embauche. Les enseignants devraient venir à ce métier par mérite, vocation et sacrifice, sachant qu'il est difficile, contraignant, stressant et sous-payé. Si, aujourd'hui, des dizaines de milliers de jeunes diplômés universitaires postulent pour cette profession, ce n'est sûrement pas par amour du métier d'enseigner, sinon comment expliquer que des ingénieurs, des juristes, des économistes, des sociologues… n'ayant pas été formés pour cette fonction, concourent pour des postes d'instituteurs et exerceront, dans des régions reculées et isolées.Ces pauvres jeunes sont, évidemment, contraints par une nécessité matérielle et d'insertion sociale, leur désenchantement viendra certainement, au bout de quelque temps et leurs élèves seront les principaux perdants. Actuellement des milliers de diplômés universitaires sont à la recherche d'emploi, les carences et les déboires du modèle de développement du pays et le déséquilibre régional compliquent l'espoir de trouver du travail, hors des secteurs de l'Enseignement et la Santé. Ainsi l'Ecole est au centre de la société, elle subit les aléas de la gouvernance et sécrète ce qu'elle a pu produire, le bon grain comme l'ivraie, et surtout l'ivraie, en l'absence du maître dans la classe.


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