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Visite de Tayeb Louh à l'occasion du 1er Mai



Visite de Tayeb Louh à l'occasion du 1er Mai
Voilà pourquoi le 1er Mai a été choisi dans la wilaya de Mascara, pour des histoires de maquillages, faux cils et papillon digne de la marque Oréal de Paris qui fait dans le mascara des formes ergonemétriques intense et parfaite. Chez nous, rien n'est aussi parfait que le temporaire. Dans la wilaya de Mascara, 60 000 chômeurs et plus de 50 000 pauvres cohabitent dans une instabilité absolue, le tout condensé dans des communes, hameaux et douars.
Drôle de fête que ce 1er mai 2013 pour une partie des miraculés du néo-libéralisme «éhonté». Une ignominie ! Certains n'hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 60 000 chômeurs à travers le territoire de la wilaya. Plus question, en tout cas, d'embauches massives des travailleurs et autres ouvriers. Pas de quoi être optimiste : Sonitex, Ecotex, Bromeco, une nuée de filatures et de confectionneurs qui ont mis la clé sous le paillasson... Les liquidations, les fermetures et les plans de restructuration se sont succédé à mesure que s'essouffle la cadence de la production ou du moins ce qui en reste au niveau de la wilaya. En aval, toujours des suppressions d'emploi et des drames sociaux à l'exemple de la dernière mise en garage d'une soixantaine de travailleurs de l'Unité de réalisation et de la maintenance, par abréviation URM, auxiliaire de l'OPGI-Mascara, qui ont été délogés il y a de cela deux mois comme de vulgaires «sans-patrie». L'augmentation du nombre des affaires en difficulté reflète la vulnérabilité des entreprises. Cette vulnérabilité a été largement aggravée par la dégradation récente de la rentabilité liée à l'insuffisance des investissements et à l'alourdissement des charges sociales et financières à l'exemple de la Sarl El-Macta (ex-Enajuc) de Mohammadia, qui a vu son heure de dégraissage révolue, et ce, dans des conditions confuses. Un responsable de l'inspection du travail de la wilaya, qui a voulu garder l'anonymat, affirme que depuis deux décennies, le territoire de la wilaya a vu plus de 36 dissolutions d'entreprise, 6 fermetures dont 2 privées, 12 plans de redressement et 6 autres concernées par le volet social. Depuis 1997, les entreprises sinistrées au niveau du territoire de la wilaya peuvent être classées en quatre catégories : les malades rongés par un vieux cancer, les victimes de l'effondrement d'un secteur d'activité, les entreprises prises à mal par les concurrences nouvelles et celles que l'on n'attendait pas du style blanchissement d'argent, qui ont investi la zone industrielle du chef-lieu de wilaya et celle de la daïra de Sig, à l'exemple de la tréfilerie de Sig (ex-SNC), qui produisait des clous toutes catégories ainsi que des trombones et autres agrafes. Actuellement, cette unité importe ces produits, dont la matière première est pourtant disponible chez nous. L'unité Eriad, qui a été complètement annihilé n'a plus de sens que les casses qui ont été outrageusement portés contre cette unité tant au niveau local, qu'à l'ensemble du territoire de la wilaya. Première catégorie : le bâtiment et les travaux publics. On est tellement habitué à ce que les pouvoirs publics fassent la pluie et le beau temps, car le plus indécis et le plus fantasque des décideurs est bien l'Etat qui, d'année en année, remet en cause des orientations et des programmes planifiés à la va-vite. Ainsi, plus de 35 entreprises ont été liquidées dans la wilaya, à l'exemple de l'Entreprise de construction de Mascara (ex-DNC) qui vu son effectif réduit de 1 062 travailleurs à 120, puis brutalement à zéro. Dans le cas du BTP, il est important de souligner que le nombre des dissolutions d'entreprises communales dépasse largement la quarantaine. Une trentaine d'entreprises qui ne seront jamais comptabilisées dans le nombre des entreprises dissoutes susmentionnées. La deuxième catégorie, ou les victimes de l'effondrement d'activité, des centaines, concerne les entreprises de la branche d'activité industrielle. Douze d'entre elles ont vu l'ordonnance de fermeture ou de dissolution et autres mesures déguisées via des licenciements secs et la mise au chômage de plus de 2 500 ouvriers. Des unités telles que l'Ecotex, l'Emaco et la SNS ont été condamnées sous l'indication d'«autres mesures». La fermeture de l'Eniem de Mohammadia, de l'Emac-Sig, de l'EMB, des unités qui ont été classées dans le champ du volet social et du plan de redressement et de la braderie via l'ordonnance 95-22 du 25 août 1995 relative à la privatisation des entreprises publiques économiques, un subterfuge pour mettre à la rue des milliers de travailleurs. La zone industrielle du chef-lieu de wilaya a été livrée sur un plateau d'argent à des maffieux, narcotrafiquants et autres énergumènes au bras long qui font grâce à la complicité de l'Etat providence. L'agroalimentaire, troisième catégorie, a été brisée par ses concurrents privés. Les anciens responsables de ces unités nous l'expliquent : «A l'époque, la démission de l'Etat, les difficultés financières et le manque d'investissement n'ont fait qu'aggraver la situation.» Dans ce cadre bien précis, les 135 employés de l'ex-Enajuc de Mohammadia étaient partants au titre des conventions signées à l'époque dans le cadre du volet social. Le matériel qui se trouvait dans l'ex-Enajuc, quant à lui, s'est volatilisé de cette importante unité qui a fermé ses portes définitivement avec une perte de plus de six milliards de dinars. Le métier de l'agroalimentaire est à réinventer. L'Orolait Tizi, distante d'une dizaine de kilomètres du chef-lieu et qui comptait 187 ouvriers dans les années 2000, tourne à moitié, voire moins de l'effectif initial. «Un marché en panne depuis longtemps doit fatalement se réanimer un jour, lorsque les causes de sa mise en sommeil auront cessé d'être actives», estime un économiste de l'université de Mascara. A l'Orpo-Sig, une unité spécialisée dans l'oléiculture qui n'a pas réussi à décrocher les financements escomptés, 22 emplois seront supprimés. Même si la situation à l'époque n'était pas simple et même si les points de vue et surtout la détermination n'ont pas été homogènes, parmi les travailleurs de l'Orpo-Sig, il est patent que les responsables syndicaux ne sont pas allés au bout des possibilités. La dernière catégorie est celle qui ne s'attendait pas à ce revirement de situation. Un des débouchés les plus rentables de l'activité de service, c'est-à-dire les transports, à l'exemple de l'ex-Ectum, la SNTV et l'ETV, sera mis à rude épreuve. Autres entités soumises également à la rigueur : l'unité Enafla-Tizi, y compris celle de Mohammadia, dont le personnel compressé est de 200 ouvriers. L'Emifor de Mascara, spécialisée dans les travaux forestiers, c'est-à-dire de services, n'a pas été épargnée par la dissolution. Suppression d'emplois, fermetures, restructurations, licenciements ont été le lot affligeant des travailleurs entre 1995 à ce jour. Les zones industrielles de Mascara et de Sig, qui ont été accaparées par d' irascibles véreux affairistes, grâce à des hauts responsables se sont érodées petit à petit au détriment de l'affairisme insultant, de bazar et autres tartuferies de la malhonnêteté. Dans cette optique, on a même constaté qu'au niveau de la zone industrielle de Mascara, on a emmuré les portes d'entrée pour un semblant d'intimité de façades. Si aucune réaction urgente des autorités ne vient redresser cette situation aberrante pour non-respect du cahier des charges, c'est là un pur exemple de laisser-aller et d'indifférence qui ne peut encourager des privés irrespectueux des lois de la République qui constitue une menace au développement et à tout investissement dans la wilaya. Les appareils syndicaux ne cherchent absolument pas à faire converger le mécontentement autour des centres déjà en lutte. Est-ce réaliste ' Les travailleurs et les ouvriers compressés que nous avons rencontrés regrettent que le monde syndical de l'ex-parti unique Ugta ne se soit pas montré solidaire de cette caste laborieuse. En attendant, 60 000 chômeurs viennent grossir les rangs des 150 000 pauvres que compte la wilaya. Le speech du ministre du Travail et de la Protection sociale, Tayeb Louh, qui a présidé les festivités du 1er Mai dans le chef-lieu de la wilaya dans le vide le plus complet, n'a rien apporté de nouveau, sauf la spoliation des générations futures, permettant aux politiciens promoteurs du système d'empocher leurs profits sur le marché politique pour se maintenir de gré ou de force sur le dos de la troisième couche de la société algérienne. Pour Tayeb Louh, qui a exposé le droit à la différence, en éluderont le détriment des autres qui n'y ont pas le droit, tout simplement parce que l'acquis social n'est qu'une vulgaire introduction d'inégalité au profit de groupes d'intérêts et de pressions. L'acquis social est devenu un concept de l'injustice une sorte de clientélisme étatique du style donnant-donnant ! Enfin, voilà pourquoi les décideurs ont préféré un 1er Mai à Mascara, car sa brosse qui s'est très bedonnée ces derniers temps ne fait pas le paquet du maquillage de l'Oréal version Mascara.
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