Interrogation - Peut-on en vouloir au dinar quand les prix flambent et s'embrasent comme un feu en été ' Bien sûr que non.
Surtout quand il s'agit d'un produit sensible et de large consommation..
Comme la pomme de terre précisément qui, il y a quelques années, était introuvable sur le marché pas même dans les régions où elle est produite en quantité comme Mascara ou Aïn Defla.
Pour un tas de raisons liées à la mauvaise récolte, au manque de soudure entre les deux saisons et surtout à l'absence d'aires de stockage, ce légume qui était presque bradé en temps normal à 6 DA le kilo, est passé allègrement à 20 DA et dans certains cas à 25 DA.
Bref, la pomme de terre qui avait déserté les étals était ainsi écoulée sous le manteau, à l'abri des regards et servie très souvent aux bourses qui ne regardaient pas à la dépense.
Avant cette rupture du marché et en temps normal 10 DA vous permettaient d'acheter au prix du cours un peu plus d'un kilo et demi.
Avec ce dérèglement conjoncturel, les mêmes 10 DA vous permettaient de n'acheter qu'une livre et parfois beaucoup moins selon les points de vente. Ce qui revient à dire en toute bonne logique que ce n'est pas le dinar qui est en cause ou qui s'est déprécié de sa valeur mais que c'est le produit ou du moins les magouilles qui l'ont entouré qui a affaibli momentanément la monnaie.En fait, ce sont tous les canaux du commerce intérieur qui concourent à sa vulnérabilité surtout quand ils sont grippés. Il suffit en hiver que des routes soient inondées et impraticables et donc coupées à toute circulation pour que l'arrière-pays soit complètement isolé du reste du monde.
Vous êtes sûrs alors que tous les produits augmentent et changent brusquement de prix.
Nous n'en voulons pour preuve que l'extraordinaire tension qui se crée au niveau de la distribution et de la vente des bouteilles de gaz.
Intermédiaires, commerçants et revendeurs donnent alors libre cours à leur insatiable appétit.
Les petites bourses sont saignées à blanc et le pauvre dinar est laminé.
Sans même les intempéries qui sont des aléas climatiques indépendants de la volonté des hommes, quand les livraisons ne sont pas faites à temps à cause des lourdeurs bureaucratiques, les conséquences sur les foyers sont strictement les mêmes et la valeur du dinar est la première à en pâtir à force de manipulations.
Dysfonctionnement dans la distribution, mauvaise planification des besoins, pénurie provoquée, rareté des produits, magouilles des spéculateurs, fuite du cheptel vers le Maroc, commerce informel, commerce parallèle, importation frauduleuse, bref il est difficile pour une monnaie, quelle qu'elle soit, de trouver une quelconque vigueur dans ces conditions.
Une monnaie unique au Maghreb, comme l'euro en Europe pourrait-elle relever un jour les défis économiques de l'étranger '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com