
Même s'il n'a rien à voir avec l'histoire de l'Algérie, l'auteur a emprunté un décor et une source d'inspiration à un passé révolu, celui de notre pays, au lendemain de la conquête française.S'il a choisi ce décor, c'est parce qu'il le trouve valorisant pour son livre. Ceci aurait pour effet de donner à son roman, le plus de chance possible d'avoir un lectorat élargi, étant donné le peu d'audience, qui lui serait accordée dans le vaste paysage littéraire de son pays d'origine, s'il s'était limité à l'histoire d'une famille malheureuse. Bertrand Solet, qui a publié quatre vingt ouvrages, doit avoir une longue expérience du combat à mener pour mériter une place parmi des écrivains de référence. Ce qui explique ses choix : s'adresser à la jeunesse et donner à ses livres, une vocation historique. Jugez-en par l'une de ses dernières publications intitulée «En Egypte avec Bonaparte». Et que peut-on dire de l'esprit d'objectivité chez les historiens purs et les romandes historiques. Pour un décor hors du commun Une histoire de famille liée à l'histoire de la colonisation de l'Algérie. Il s'agit de la conquête, à ses débuts, à coups de fusils et de canons contre des tribus, d'expropriation des terres ayant appartenu aux autochtones, d'incendies. Le roman a donc pour figure de proue, une famille, les Berthiers, vivant paisiblement à Paris, jusqu'au jour au lendemain de la conquête coloniale, un individu sans foi ni loi, Jean d'Hauricourt propose aux Berthiers, l'achat d'une maison à Alger. Et sitôt dit, l'achat fut conclu et la famille s'embarque vers Alger, mais arrivée, sur les lieux, elle ne trouva nulle maison à l'adresse indiquée. Elle se rendit compte qu'elle venait d'être escroquée. La traque de l'escro commença aussitôt et aidée par d'autres, Jean d'Hauricourt se fit repérer, il prit la fuite mais il ne tarda pas à se faire attraper. Ce qu'a voulu réaliser Bertrand Solet, un ouvrage qui a du succès, moyennant une coloration historique à caractère coloniale. Jugez-en par le passage dans lequel, on mêle la poursuite inlassable de l'escroc et la lutte entre l'armée coloniale et l'armée de l'Emir Abdelkader du côté de Mascara : «La troupe reprit son chemin, elle restait vigilante, mais il n'y eut pas d'autre attaque ennemie». Fred, le héros qui va à la recherche de Jean d'Hauricourt, a perdu en chemin celle qui lui avait promis de l'aider à retrouver cet escroc. «Cette femme était Charlotte qui a dû suivre un ami pour rejoindre Mascara». Des références à l'Algérie en lutte contre un conquérant colonisateur Fred finit par rentrer dans l'armée coloniale, ce serait plus facile pour lui de faire payer le prix de l'escroquerie. On retrouva plus loin, sur une page, blessé au cours d'un accrochage. «En traversant la ligne des «guitouns» en feu, il vit tout à coup à quelques distances dans la campagne, un militaire de l'armée d'occupation poursuivant une jeune fille en robe longue. Fred dévia sa course dans leur direction. En arrivant au niveau du soldat, il lui cria de s'arrêter : laisse là en paix ! L'homme se retourna. Furieux, il hurla à son tour : va-t-en. En même temps, il lança son fusil en avant, voulant transpercer Fred de sa baïonnette. Il le rata de peu, Fred saisit l'arme par le canon, l'arracha des mains du soldat, et en abattit la crosse sur la tête de son propriétaire. Le soldat tomba, assommé. Fred commanda à la jeune fille prénommée Anissa de s'arrêter. Celle-ci l'aida à poursuivre son chemin, avec sa blessure profonde. Le colonel mit en place une arrière-garde pour contenir l'attaque des combattant d'Abdelkader». Puis l'auteur ose faire un cours d'histoire en remontant dans le temps, à l'empire ottoman, dont l'Algérie faisait partie, en Egypte, avec son armada de soldats, de chercheurs et d'espions. Il s'adonne aussi aux origines de la population algérienne ainsi qu'à la famille de l'Emir, au parcours de ce dernier depuis le soulèvement en donnant des dates, par souci de la précision : 1830-1837 souveraineté de l'Emir sur une grande partie de l'Algérie et le traité de la Tafna 1839, reprise des hostilités 1848 ou la commune de Paris. En fait, tous les ingrédients d'un roman devant intéresser le lecteur sont là. Ce qui explique le succès que peut avoir un roman historique agrémenté de connaissances diverses en sociologie, anthropplogie, et que l'auteur a destiné à la jeunesse et qu'il a édité à «Nouveau monde».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boumediène Abed
Source : www.lnr-dz.com