Eventualité - La reprise des armes pourrait survenir «à tout moment», selon certains responsables sahraouis.
En l'espace d'un mois seulement, ce sont deux hauts responsables sahraouis qui affirment à InfoSoir que cette option est toujours d'actualité «tant que le Maroc fait fi des déclarations universelles garantissant aux Sahraouis leur droit inaliénable à l'indépendance». Il est vrai que les Sahraouis ne tiennent pas «à être les premiers à violer le cessez-le-feu, mais la reprise des armes semble s'imposer vu l'état actuel des choses».
«Le récent procès mascarade des 24 détenus de Gdeim Izik est une preuve formelle que le Maroc tient à persister dans sa politique répressive. Les échos qui nous parviennent des territoires occupés faisant état des violations quotidiennes des droits humains sont des signes négatifs d'une paix qui risque d'être compromise à tout instant», nous a indiqué Ahmed Ali, ingénieur informaticien rencontré récemment à Smara lors du marathon du Sahara. Pour lui, «il n'est pas question d'afficher un quelconque respect pour un Maroc qui ne se respecte pas». «Tout indique que la reprise des armes demeure la meilleure et ultime solution pour le recouvrement de l'indépendance nationale. La situation se complique de plus en plus depuis le cessez-le-feu de 1991. En 22 ans, ce ne sont que les souffrances de notre peuple qui se sont accentuées. S'entêtant à nous séparer des nôtres, par un mur de sable, le Maroc ne veut toujours pas comprendre que les Sahraouis sont indivisibles. Ils sont un peuple né libre et pour retrouver cette liberté, il est prêt à encore se sacrifier», a encore soutenu, pour sa part, Hamed El-Ouali qui tient, lui, une boutique de réparation de téléphonie portable. Le discours est le même chez tous les Sahraouis auxquels nous nous sommes adressés. Les jeunes de la wilaya de Boudjedour sont unanimes. «Suis-je obligé de repenser chaque jour à cette liberté qui nous a été confisquée par l'égoïsme marocain ' Assurément pas. Prenez votre exemple, vous les Algériens, il vous a fallu prendre enfin les armes en 1954 pour vivre enfin libres et indépendants. Pour notre part, si le feu vert est donné par les autorités, aucun jeune ne restera ici dans les camps à se tourner les pouces. Le prix sera de toute évidence trop cher à payer mais mieux vaut mourir pour son idéal que de passer le restant de ses jours à attendre que le roi du Maroc daigne enfin nous accorder ce qui nous revient de droit», a-t-il conclu. Pour sa part, un membre du secrétariat général du Polisario, qui a requis l'anonymat, s'est contenté d'assurer que les jours «du colonialisme sont désormais comptés». «Notre patience a ses limites et nous ne pourrons réfuter pour longtemps une revendication aussi légitime de la base», a-t-il dit.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F H
Source : www.infosoir.com