Mascara - A la une

Salles obscures



Salles obscures
Au lendemain de l'indépendance, on pouvait dénombrer pas moins de 480 salles de cinéma. Aujourd'hui, leur nombre s'est réduit comme peau de chagrin.Seulement 75 salles sont opérationnelles sur l'ensemble du territoire national avec, souvent, des projections qui ne répondent pas aux normes en vigueur dans le monde. Contrairement aux années 70' et 80' où les cinéphiles algériens se bousculaient au portillon des salles de cinéma de leurs quartiers respectifs pour découvrir des films de qualité en 35 millimètres, aujourd'hui le constat est des plus amers.La plupart des salles obscures sont soit fermées, soit détériorées ou encore détournées de leur vocation première. Selon des statistiques révélées par le ministère de la Culture, l'état des lieux relatif aux salles de cinéma fait ressortit aujourd'hui un nombre de 385 salles de cinéma se répartissant comme suit : 277 salles appartiennent aux assemblées populaires communales, 79 salles sont affectées au secteur de la culture, 13 cinémathèques recensées à travers le pays et 24 salles relevant du secteur privé.Au total, seules 75 salles sont fonctionnelles, dont 10 cinémathèques, soit 23% du parc global. Les 310 autres salles sont fermées. Le nombre de salles de cinéma en cours de travaux dont l'état d'avancement oscille entre 50 et 90% est de l'ordre de 48. Quant au nombre de salles de cinéma à travers le territoire national dont les travaux sont achevés il est de 30 salles. Il s'agit, entre autres, de salles se trouvant dans les wilayas de Laghouat, M'sila, Tébessa, Mascara, Sidi Bel Abbès, Adrar et Béchar.Leur inauguration est prévue pour le mois d'avril. La plupart des salles restaurées seront gérées par l'ONCI. Cet établissement public s'occupera, prochainement, des activités cinématographiques au niveau national en créant un réseau spécial. A l'image de ses prédécesseurs, le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, a réclamé que les salles de cinéma affectées durant les années 90' aux communes passent sous l'égide du ministre de la Culture. Il existe une décision co-signée par les ministères de l'Intérieur et de la Culture pour récupérer les salles qui dépendent des communes.Des élus de certaines APC de l'intérieur du pays ont répondu favorablement. D'autres, comme par exemple au centre du pays, résistent toujours et ne voulent pas redonner la gestion de ces salles au secteur de la culture. Le ministère souhaite même trouver une formule de partenariat avec les APC pour l'exploitation efficace de ces salles. Ainsi, au total, seulement 75 salles sont fonctionnelles, mais l'écrasante majorité est affectée à des activités non cinématographiques.L'expertise effectuée sur lesdites salles révèle soit leur non-conformité aux normes requises, soit que leurs équipements sont désuets ou en panne, avec un sous-encadrement et une gestion archaïque.Selon Mme Zahia Bencheikh El Hocine, directrice du développement et de la promotion des arts au ministère de la culture, son département compte bien élaborer une stratégie permettant de libérer le secteur du cinéma et d'ouvrir le secteur à l'investissement. Ce travail, qualifié d'urgent, repose sur une stratégie et une conception au profit du cinéma algérien pour encourager l'investissement dans ce secteur à travers notamment la construction de nouvelles salles de cinéma, la réhabilitation des anciennes salles, la création de laboratoires de post-production et de studios de tournage.Pour notre interlocutrice, d'autres mesures urgentes entrant dans le cadre de la réglementation de l'activité cinématographique sont à prendre en considération tels que clarifier et coordonner les missions statutaires des organismes publics en charge de l'activité (CAC, CNCA et CADC), réglementer les métiers du cinéma, la mise en place de différentes commissions, proposer un allégement de la fiscalité propre à l'activité cinématographique et audiovisuelle, et l'introduction de barèmes préférentiels pour une durée à déterminer pour l'importation d'équipements en vue d'aider à la relance de l'activité et la mise en place d'une commission interministérielle afin d'effectuer une expertise des programmes d'enseignement et de formation aux métiers du cinéma.Afin de sortir le cinéma algérien de la situation dans laquelle il évolue actuellement et dans l'optique de réduire les dépenses et améliorer les prestations, plusieurs structures feront l'objet de fusion. Ainsi, le Centre algérien de développement du cinéma (CADC) se voit confier les missions attribuées jusque-là à l'AARC, dont la promotion et la production de films. Pour sa part, l'Aarc sera rattachée à l'Office Riadh El Feth, désormais «Entreprise Riadh El Feth pour le rayonnement culturel».Quant à la Cinémathèque algérienne, elle intègrera le Centre national du cinéma et de l'audiovisuel (CNCA). Le siège du Centre national de la photographie de Koléa abritera prochainement le Centre national et audiovisuel et le Centre algérien pour le développement du cinéma. Il est important de souligner qu'il y a eu une réduction des dotations affectées au Fonds de développement de l'art, de la technique et de l'industrie cinématographiques (Fdatic).Selon notre source, il est impératif de restructurer et réorganiser le cinéma algérien, l'ouvrir aux professionnels du secteur. Il est à noter, par ailleurs, que 15 films algériens ont été numérisés grâce aux nouvelles techniques. Le dernier film numérisé est le long métrage Tahia ya Didou, signé par le réalisateur algérien Mohamed Zinet en 1971. Une série de neuf autres films va prochainement subir la même opération. Cette nouvelle expérience, nous dit-on, sera présentée prochainement lors d'une cérémonie spéciale. «Objectif : préserver le cinéma algérien».
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