Mascara - Revue de Presse

Regard



Le commerce agricole en mal d’organisation ! Un responsable de la direction de l’agriculture de Mascara reconnaissait, hier, sur les ondes de la radio locale que le marché des légumes restait complètement désorganisé et que, nonobstant la libéralisation totale, il ne donnait aucun signe de stabilisation. Ce même responsable estimait à près de 5% seulement la maîtrise des flux de marchandises par ses services. Les points de vente au gros, véritable baromètre de la production, ne traitaient qu’une marge infime de l’offre. Le reste est prélevé directement par les chevillards, ainsi qu’une pléiade d’intermédiaires dans leur sillage, directement auprès des agriculteurs. Tant et si bien que dans le cas de la pomme de terre, il s’avère impossible d’organiser convenablement la «soudure» entre deux campagnes. C’est-à-dire qu’entre deux récoltes, la spéculation fait des siennes. La pomme de terre, pour s’en tenir à cet exemple, s’est négociée cette semaine à 75 da le kilo sur les marchés de détail. Un prix hallucinant quand on sait qu’elle peut atteindre les… 10 da en période dite normale. C’est-à-dire quand les producteurs locaux ont suffisamment à offrir. Mais au cas où la production s’essouffle, il n’y a aucun mécanisme de substitution. Et ce même responsable de s’offusquer du peu d’empressement des importateurs à s’engouffrer dans ce créneau très porteur: ils devraient systématiquement monter des opérations ponctuelles, très rentables au demeurant, pour importer de la pomme de terre en quantité avec à la clé des profits plus que certains. «Je ne m’explique pas pourquoi ils n’y pensent pas, alors que c’est du pain béni!», s’étonna-t-il. Le fait est que la tradition, héritée de main de maître par les opérateurs traditionnels juste avant la révolution agraire de sinistre mémoire, s’est perdue. Vingt-cinq ans après, il semble bien que ceux qui les ont remplacés au pied levé, sans expérience aucune, n’ont pas été formés à cet office qui relève du service public autant que du commerce le plus trivial. Il est clair que par «libéralisation du marché» les beznassa n’y ont vu que du «je fais ce que je veux». Le ministère de tutelle gagnerait à organiser courageusement des assises nationales pour mettre un peu d’ordre dans ce fouillis.   G. Hamida
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