Photo : S. Zoheir
Pour le 4e soir de la compétition officielle du Festival national de musique diwane qui se tient actuellement au stade Ennasr de Béchar, l'excès de zèle a encore une fois fait des ravages, ce qui a conduit au report du passage d'une jeune troupe de musiciens du diwane de Mascara venue concourir. En effet, pour la soirée de lundi dernier, la population de Béchar a envahi les gradins et le grand terrain du stade. Au programme, un menu d'enfer, d'abord deux troupes inscrites en compétition suivi de la fameuse formation Essed qui a une renommée bien établie dans la région avec son style ghiwane. Critiquée par la presse lors de la soirée inaugurale animée par Lemchaheb, la direction de Sûreté de la wilaya, qui a enregistré plusieurs défaillances au niveau de la sécurité ce soir-là, s'est vite rattrapée le lendemain en améliorant son dispositif de sécurité et en renforçant le nombre de ses agents sur place. Hélas, pour la soirée de lundi dernier, une surprise a été réservée aux festivaliers qui, arrivés sur place, apprendront qu'une seule troupe en compétition se produira sur scène pour être suivie directement par Essed. La raison du report du passage de la seconde troupe est non seulement due au retard observé lors du début de la soirée (une heure de retard) mais également au fait que «la direction de Sûreté de la wilaya a ordonné l'arrêt de la soirée à minuit», nous a-t-on indiqué sur place. La sûreté avait aussi indiqué aux organisateurs que les agents de police quitteraient les lieux à minuit tapante. Autrement dit, passé ce délai, les organisateurs seront livrés à eux-mêmes et devront gérer tous seuls et entièrement la sécurisation des lieux, et, auquel cas, assumer les débordements qui en découleraient, si le public devenait ingérable. Le festival n'est pourtant pas la «propriété» de ses organisateurs, mais de toute la ville, avec toutes ses institutions. Et la sûreté est indéniablement un acteur majeur et incontournable dans la réussite ou l'échec d'une telle manifestation. Aussi, avons-nous du mal à comprendre la décision des responsables de la sûreté de wilaya qui ne peut qu'être préjudiciable au festival, même si leur intention n'est certainement pas de le saborder, mais seulement de se prémunir de possibles mouvements de foules qu'ils ne pourront contenir sans devoir user de la force, ce qu'ils voudraient éviter. Toutefois, l'argument ne tient pas, car rien ne dit que les mouvements de foules n'ont lieu qu'après minuit ! Le Festival national de musique diwane étant une des rares occasions de se défouler et de festoyer pour la population locale, organisateurs et responsables locaux savent qu'il ne peut qu'attirer un maximum de gens ' les éditions précédentes leur en ont d'ailleurs donné un aperçu' et qu'ils devront donc travailler en étroite collaboration pour mettre en place le cadre organisationnel adéquat qui leur permettrait de prévenir et de gérer au mieux tous les dérapages, débordements ou impondérables qui surviendraient. Ce n'est certainement pas en rognant sur le temps de scène ou en avançant l'heure de fermeture qu'on se prémunira de toute mauvaise surprise ou qu'on garantira la réussite du festival qui est importante pour la ville, ses habitants et ses responsables.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : W S
Source : www.latribune-online.com