Décédé il y a 4 années, H. H., vit toujours dans le c'ur de ceux qui l'ont aimé. Et combien sont nombreux ces amoureux fous de ses commentaires si singuliers qu'ils ne pouvaient provoquer que l'hilarité. Son humour décapant servi par une voix saccadée faisait merveille. On écoutait l'émission sportive pour se détendre et apprendre. C'était notre cinéma, notre théâtre, H. H. Quand je l'entendais dire en direct, moi au 20-Aout et lui à Mascara, que Belloumi jouait des deux pieds comme un kangourou, impossible de ne pas se tordre de rire.
Quand je l'entendais, toujours depuis le stade de Mascara, commenter en direct un match qui a été joué avant qu'il n'arrive, je criais à l'exploit. Un terrain vide, un stade vide et H.H. qui s'enflammait tout seul. Les supporters du club qui ont quitté le stade n'en croyaient pas leurs oreilles ! On rejouait le match sans eux ! Certains sont revenus. Le stade était fermé. Et pourtant le reporter, leur chouchou, Mascaréen bon teint lui aussi, continuait à s'égosiller à la radio. Nul n'a pensé que le reporter avait raté le match et que pour ne pas décevoir les auditeurs, il le simulait ! Quel toupet ! Une autre ' Dans les années soixante, il présentait le JT en français. Une fois dans le studio, face aux caméras, stupéfaction : un plaisantin lui avait subtilisé son texte en le remplaçant par des pages blanches. Il panique ' Il chavire ' C'est mal le connaître. Ils vont voir ce qu'ils vont voir ces rigolos qui ont voulu le tacler. L'Algérie entière et le plaisantin, effaré sans doute, verront le premier journal télévisé muet. Oui, vous avez bien compris, dans un éclair de génie, HH avait trouvé la parade : il mimait des mots, il articulait sans voix. Comme s'il y avait un problème technique de son !!! Le réalisateur, le pauvre réalisateur qui avait fait toutes les vérifications sans rien comprendre, arrêta la diffusion du JT. Mais l'honneur était sauf pour mon ami Hachemi. Il avait dégagé la balle avec élégance comme il savait si bien le faire, mettant les rieurs de son côté. La dernière fois que je l'ai vu, il y a bien une vingtaine d'années de cela, il m'a fait tordre de rire. Il riait de tout. Parce qu'il a appartient à la race de ceux qui ont compris que si on ne rit pas de la vie, c'est la vie qui rira de nous. Et quel terrible rire qui nous laisse en pleurs. Ne pas se prendre au sérieux, tel a été sa ligne de conduite. Comment alors prendre au sérieux sa disparition, hein ' Disparu ' Allons... Allons... seuls ceux qu'on oublie disparaissent. Lui est dans nos oreilles, et un peu plus bas, un peu plus haut devrais-je dire : dans nos c'urs.
H. G.
hagrine@gmail.com
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hamid GRINE
Source : www.liberte-algerie.com