Les forces de l?ordre avaient tout loisir de réprimer à El Mouradia une marche de famille de disparus cette matinée du 5 octobre 2004 - allant jusqu?à humilier un journaliste d?El Watan ?, au même moment à la maison de la presse Tahar Djaout se comptaient en toutes petites dizaines les militantes et militants venus commémorer la mémoire de centaines de jeunes assassinés et de torturés pour qu?aujourd?hui des partis politiques et des journaux libres existent. En une quinzaine d?années, le sultanisme s?est instauré, cependant que les partis ont pris le pli du FLN pour soit constituer de nouvelles brigades d?indus représentants de la nation, soit donner dans une agitation stérile d?opposition convoquée rituellement à des mascarades d?élections. Comme le sultanat de Tunisie où Ben Ali s?apprête pour ce 24 octobre à rempiler pour un quatrième mandat présidentiel. Avec en outre une similitude des journaux coincés dans le giron du pouvoir, sous l?emprise des forces de l?argent. Ignorant leur devoir de responsabilité sociale sous la tentation d?une marchandisation multiforme. Dans une machine huilée à la perfection par la manne de recettes d?hydrocarbures, utilisée en prébendes pour réprimer ou détourner toute contestation sociale. En une quinzaine d?années, l?idéal démocratique s?est dissous dans le mirage d?une libéralisation économique sauvage imposée comme fin ultime. Un ami d?El Watan a titré son papier « L?axe du bien » pour indiquer le rapprochement remarquable entre l?Algérie et l?Afrique du Sud. Prometteurs échanges économiques en perspective, en effet, entre deux nations africaines aux ressources fabuleuses. Mais la société algérienne a besoin de bien plus que les chiffres de containers qu?elle pourrait recevoir de ce pays ami, reconnaissant la République sahraouie. Du régime de l?apartheid, l?un des stades ultimes de dictature par ses règles de ségrégation raciale, l?Afrique du Sud a pu émerger pour se développer. L?Afrique du Sud, en leçon précieuse pour l?Algérie, a réussi par son programme « Vérité et justice » à engrainer dans la nation les bases les plus solides de réconciliation. Ce travail de mémoire à grande échelle a mis à nu particulièrement la pratique barbare de la torture que le Sud-Africain J. M. Coetze, prix Nobel de littérature 2003, a appelé « science nouvelle de l?avilissement qui tue des gens qu?on a mis à genoux, qu?on a réduit à l?hébètement et humiliés à leurs propres yeux ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Belkacem Mostefaoui
Source : www.elwatan.com