Mascara - A la une

«Nous sommes tous complices d'une situation née !»



«Nous sommes tous complices d'une situation née !»
La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Mme Louisa Hanoune, a présidé, samedi, un meeting populaire à Bouhanifia, une localité près de Mascara. Cette rencontre, ayant eu lieu à la salle de cinéma «Emir Abdelkader» de la ville des thermes, a vu la présence des élus locaux, et militants du PT de la wilaya de Mascara.Louisa Hanoune a tenu d'emblée à remercier les membres du bureau du PT de la wilaya de Mascara, une instance récemment élue, «qui ont pu organiser une rencontre (ndlr : celle de samedi) d'une telle importance en si peu de temps.» Ce rendez-vous est considéré comme régional, eu égard à la présence des membres du parti venus de plusieurs wilayas limitrophes. Il faut dire que le discours de la SG du parti des Travailleurs s'est focalisé sur la la loi de finances 2017, qui est, selon elle «à l'origine des évènements qui se sont déroulés les 2 et 3 janvier derniers à Béjaïa et à Tizi Ouzou.» «Notre nation traverse une période très grave; la crise économique que vit le pays est sans précédent», a-t-elle martelé. Mme Hanoune n'a pas omis de faire le parallèle avec des pays comme la Turquie et l'Irak, des contrées frappées de plein fouet par la crise économique. «Les évènements qui ont eu lieu à Bejaia et à Tizi Ouzou sont très significatifs, et interpellent à la prudence et à la vigilance», a-t-elle avertit. «Les commanditaires n'ont pas encore été identifiés, puisque l'appel à la grève générale a été lancé via les réseaux sociaux, et, heureusement, qu'il n'y a pas eu embrasement». Selon Louiza Hanoune, «les contestataires, cependant, ont agi pour exprimer leur refus d'être les otages de la loi de finances 2017. Ce sont généralement de jeunes chômeurs, déçus d'être refusés systématiquement pour tout recrutement.» A travers ces actes, dira encore Hanoune, «les jeunes ont voulu lancer un avertissement au gouvernement, et leur signifier qu'ils sont prêts à recommencer si de nouvelles mesures ne sont pas prises pour améliorer leurs conditions de vie.» «Ces actes, toutefois, sont susceptibles d'être exploités à des fins politiciennes, et peuvent prendre des dimensions plus grandes en cas de récidive.» Pour la première responsable du parti des Travailleurs, l'adoption de la loi des finances 2017 constitue un acte dangereux. «Elle impose l'austérité à tous les niveaux, y compris pour le système éducatif. Elle signifie aussi l'absence de recrutement dans l'administration, la mise à la retraite des fonctionnaires à un âge avancé, et le gel des salaires.», révèle-t-elle. Et d'ajouter : «Cette loi entraîne, en outre, la baisse, à concurrence de 40%, du pouvoir d'achat des citoyens. Une conséquence de la hausse des prix des matières premières». Madame Hanoune a qualifié également de «déréglementation», qualifiant la loi de «procédé aberrant», qui a été imposé, dit-elle, au peuple algérien. L'Etat se retrouve dans la «dépression» avec l'arrêt de plus de 5000 projets de dimensions nationale. «On aura à faire, ainsi, à des communes étouffées, faute de nouvelles subventions.» «L'étranglement des budgets des assemblées populaires, dicté par la loi des finances 2017, compliquera davantage la situation, ce qui favorisera l'émergence des fléaux sociaux.», souligne la patronne du PT, et d'enchaîner : «Nos jeunes, faute d'emplois tentent, aujourd'hui, l'aventure ailleurs, au péril de leur vie, en Europe, un continent qui subit lui-même des crises économiques aigues.» En dépit de la chute du prix du pétrole, poursuit-elle, «l'argent existe en Algérie, ce qui rend coupables les gouvernants de tous les fléaux sociaux et de la misère dont souffre la majorité de la population.» La politique appliquée «par ces gouvernants», a fait de nouveaux riches, à l'exemple de Chakib Khalil qui se pavanne en toute liberté. «Le pouvoir affiche son mépris à l'égard des travailleurs qui savent qu'on a confisqué leurs acquis. Et, plus grave, leurs revendications ne sont pas prises en considèration. Nous sommes le seul parti à condamner cet état de fait.», souligne encore Louiza Hanoune. Et d'ajouter : «La grève est un droit reconnu aux travailleurs, aux fellahs et aux étudiants, à condition que ces mouvements se fassent d'une manière pacifique.» L'hôte de la wilaya de Mascara a tenu à rappeler, par ailleurs, la loi sur les hydrocarbures, «qui a permis l'émergence de nouveaux fortunés.» «Ils sont escortés par des gardes rapprochés avec l'argent des contribuables, et qui ont acquis de nouvelles voitures, achètent des châteaux en Europe, et construisent des palais, tout se permettant des voyager en jets privés.» «Et ce qui n'est pas normal, est que l'Etat se porte garant des prêts que contractent ces riches. Il ne faut pas se taire, sinon nous deviendrons complices. Nous condamnons de tels faits pour éviter d'autres actes de violence, pouvant entraîner l'effusion du sang. L'Etat doit trouver des solutions à ces problèmes. Notre parti soutiendra le droit à la grève, mais reste opposer à la violence.» Et de citer, enfin, l'exemple du Mexique, «un pays paralysé par une grève générale, à la suite de la hausse du prix du gaz-oil».
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