Mascara - Revue de Presse

Mascara - Procès BEA Sig



Un chèque de garantie, escompté pour 625 millions Le procès de l’agence BEA Sig a entamé, hier, sa deuxième semaine en consacrant sa séance aux investigations concernant l’acheminement et le traitement du courrier, ainsi qu’à l’audition des premiers témoins.Le premier témoin cité est la secrétaire du défunt chef d’agence.   Son apparition sera brève en raison de l’absence des accusés détenus et dont la présence a été réclamée par l’avocat de S., le cerveau présumé du réseau. Cela a nécessité la suspension de l’audience pour les ramener au box des accusés, au nombre de onze. Après une heure d’attente, les travaux ont repris donc par l’audition de la secrétaire Z. qui sera questionnée par le président sur la circulation du courrier entre elle et le chef d’agence. Elle expliquera qu’elle recevait le courrier en vrac avant de le remettre au directeur, lequel, après exploitation, le lui renvoyait pour enregistrement et dispatching aux cadres. Elle précisera qu’elle ignorait s’il gardait à son niveau des documents parvenus dans les enveloppes. De plus, ajoutera-t-elle, elle ne voyait jamais les clients qui venaient le voir. Grâce à l’intervention de l’avocat général, la cour apprendra cependant que le courrier était remis aux intéressés sans aucune instruction, démontrant par-là que le directeur disparu se déchargeait sur ses collaborateurs qui faisaient alors la pluie et le beau temps. Cette thèse sera confortée par le témoignage de la 2e secrétaire, O.N., affectée au service des encaissements, mais dont le rôle échappait à l’engrenage des « fameux banquiers « qui étaient en rapport direct avec leur chef M.M. Directeur intérimaire après la découverte des détournements, ce dernier, apprendra-t-on, a été rappelé en urgence pour diriger la commission mise sur pied. Constituée de quatre cadres de différentes régions et du représentant des travailleurs, elle était chargée de mener une enquête approfondie au niveau des différents services de l’agence BEA Sig. Ainsi, elle sera amenée à forcer les tiroirs des bureaux des quatre chefs de service, absents au moment des faits car n’ayant pas répondu à trois convocations les invitant à assister à la fouille, au cours de laquelle seront découverts plusieurs chèques dissimulés. Les avocats ont contesté cette fouille, la qualifiant d’effraction et précisant qu’il fallait qu’elle ait lieu en présence d’un huissier pour être valable. Le procureur général rejettera ces propos, s’appuyant sur le fait que c’est un bien de la banque et que tout ce qui y était enfermé lui appartenait. Appelé à la barre, le représentant de la DG BEA apportera de précieux éclairages. Ainsi, il signalera que lors du contrôle, il s’est avéré qu’une flopée de chèques n’étaient pas comptabilisés, ce qui le mènera à impliquer la responsabilité de l’ensemble du personnel de cette agence, personnel qui a été suspendu et remplacé par des intérimaires dépêchés par la DG juste après la découverte du scandale. Il poursuivra son intervention en disant que « la présence d’un huissier n’est nécessaire que lorsqu’il s’agit de l’ouverture d’un coffre, comme le stipule clairement le règlement intérieur. « Avant d’ajouter que tous les travaux de la commission d’enquête ont été pris en considération, surtout pour le constat des chèques découverts. Interrogés par la cour, Les quatre chefs de service nieront avoir laissé ces chèques dans leurs tiroirs. L’un d’eux diffamera même, en pleine audience, le représentant de la DG qui a, séance tenante, porté plainte, laquelle sera appuyée par l’avocat général. La cour retournera par la suite aux chèques sans provision qui ont été escomptés et détruits, causant un important préjudice financier à la BEA, au bénéfice des inculpés. Ainsi, L.B. aurait pris près de 2 milliards de centimes (8 chèques) ; B.H., 150 millions de centimes (6 chèques) ; B.K., 5 millions de centimes (3 chèques) ; Z.Y., 8 millions de centimes (1 chèque), et T.K. qui a, semble-t-il, remis un chèque de garantie pour un prêt de 40.000 dinars et qui n’a cessé de clamer son innocence, les larmes aux yeux. Ce chèque, apprendrons-nous, a pris d’autres chemins dans cette banque et a été escompté de... 625 millions de centimes. L’assistance n’en revenait pas. L’audience a été levée à 17h30.
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