Selon eux, le bradage de ce légume a provoqué un grand déficit sur le plan financier. Les pertes avancées par certains se chiffrent à des centaines de millions de dinars.À vocation agricole, la wilaya de Mascara a de tout temps occupé les premiers rangs dans la production des fruits et légumes et reste de ce fait indétrônable s'agissant de la récolte de la pomme de terre avec des superficies à perte de vue et une production de plus de 60 q/ha. L'inconvénient dans cette situation réside dans le fait que les populations de ce département ne tirent aucun avantage de ces richesses.
En effet, les prix des fruits et légumes pratiqués dans cette wilaya sont identiques, voire supérieurs à ceux pratiqués dans les autres grandes agglomérations du pays. Pourtant et à juste titre, cette région reste une référence en matière de récolte de la patate car, outre son autosuffisance, elle est étroitement liée à l'inondation des marchés des autres eu égard à la quantité de la production.
Si cet état de fait profite aux bourses des consommateurs, les producteurs quant à eux affichent leur frustration, car le bradage de ce légume a provoqué un grand déficit sur le plan financier. Les pertes avancées par certains gros producteurs se chiffrent à des centaines de millions de DA, puisque, selon l'un d'eux, "le prix de revient de la pomme de terre est de 50 DA/kg".
"Pour calculer les pertes sèches des producteurs, il faut multiplier la quantité de la récolte par la différence qui est de 40 DA, car les producteurs vendent leurs récoltes aux mandataires au prix de 10 DA/kg. Le mandataire, lui, la propose aux revendeurs en prenant sa marge bénéficiaire. Le dernier est le détaillant qui la taxe à 20 ou 25 DA/kg. Pour une récolte d'une tonne, le producteur enregistre une perte de 40 000 DA.
Il engage des dépenses pour l'achat de la semence en fonction de ses besoins et dont les prix oscillent entre 8000 et 12 000 DA le sac de 20 ou 25 kg. Ensuite, il doit s'acquitter des frais de la main-d'?uvre relative à la cueillette de la pomme de terre. C'est un travail qui nécessite des ouvriers qualifiés, une denrée devenue rare en l'absence de la relève qui n'est pas assurée.
À titre d'information, les ouvriers entament leur travail vers 8h et l'achèvent vers 12h. Ils sont payés à raison de 1600 DA et le repas est à la charge des producteurs", a indiqué Hadj Ali, un agriculteur de la région de Matemore.
Lui emboîtant le pas, Karim, un jeune homme qui a hérité de la profession de son défunt père, n'a pas manqué de souligner : "La wilaya de Mascara souffre de l'absence ou du manque des moyens de stockage de la pomme de terre. Les quelques chambres froides en fonction sont exploitées en permanence par une poignée de producteurs. Elles sont en nombre insuffisant, tout comme les caves, lesquelles faute de bonifier les vins, sont utilisées pour stocker les légumes (pomme de terre et oignon).
Certains fellahs ont préféré abandonner leur récolte sous terre que d'approfondir le trou des pertes." Selon notre source, des intermédiaires des wilayas limitrophes achètent sur pied les récoltes des fellahs de Mascara, les acheminent pour les stocker dans des chambres froides puis les revendent à des maquignons de la région de Mascara, une pratique dénoncée et qui serait évitée si les moyens d'emmagasinage étaient disponibles sur place.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.liberte-algerie.com