Mascara - A la une

Lyes Salem partagé entre le printemps arabe et l'automne francophone



Lyes Salem partagé entre le printemps arabe et l'automne francophone
«Le français est notre butin de guerre» Kateb YacineAprès son succès dans un petit festival à Angoulême et après son succès critique et populaire à l'avant-première à Alger, le film de Lyes Salem Wahrani est en «compet» au Fiff (Festival international du film francophone) de Namur en Belgique, considéré comme le plus important festival de la Francophonie, organisé sous l'égide de l'OIF. Si Lyes Salem qui a de fortes chances de décrocher un prix à Namur, une terre promise où il s'est déjà illustré avec son premier long métrage Mascarades, le film sera en revanche sévèrement critiqué au Festival du Caire et au Festival d'Abou Dhabi où il est déjà programmé. Pour cause, une scène où le réalisateur se «moque» de la langue arabe. En fait, la scène se veut comme une dénonciation politique de la généralisation de la langue arabe votée par le FLN dans les années 1990. La scène reste une attaque frontale gratuite qui n'était pas justifiée dans le contexte du film et qui pourrait avoir une influence négative sur un jury dans un festival en Egypte ou dans un autre pays de la Ligue arabe. Il faut dire que la majorité des Egyptiens, des Syriens ou des Libanais préfèrent la présence de la langue anglaise pour les sous-titrages. Les Arabes du Moyen-Orient captent très mal les films qui utilisent le dialecte maghrébin, surtout quand il est mitonné avec des expressions francophones. Le film Casanegra de Lakhmari l'a appris à ses dépens puisque la majorité des membres du jury venus de Jordanie, d'Egypte et de Syrie l'avait sanctionné lors du Festival d'Oran, car elle n'avait pas compris les paroles du film qui étaient sous titrées en français. Ce qui a conduit à donner un Prix technique, celui de la mise en scène. Si le film Wahrani s'illustre dans les festivals en France, comment compte-t-il convaincre dans des festivals du Monde arabe. Il faut dire que le film qui a obtenu une aide du CNC français a pour obligation d'utiliser la langue française dans au moins 50% du film. Même chose pour le Fdatic qui pourrait refuser de verser la dernière tranche si le film n'offre pas les 50% des dialogues à la langue arabe. Hors selon certains experts, la langue française est présente dans plus de 65% des dialogues du film. Le reste est partagé entre le dialecte algérien qui est composé à 60% d'expressions françaises. Cette concurrence linguistique pose un sérieux problème aux réalisateurs maghrébins, qui sont parfois obligés à sous-titrer parfois leurs films en anglais pour se faire comprendre par les autres pays arabes de la planète. Lors du Festival méditerranéen d'Alexandrie, le film tunisien Bastardo, qui est une version tunisienne de Casanegra, n'a eu le Grand Prix que grâce au lobbying de la comédienne tunisienne Dorra Zerouk qui a réussi à convaincre les autres membres de l'importance du film tunisien. L'adoption à outrance du français dans son dernier film a étonné plus d'un surtout que le comédien et réalisateur Lyes Salem avait insisté sur la présence de la langue arabe et plus particulièrement du dialecte algérien dans ses derniers films surtout pour Cousines et Mascarades. En renforçant la présence du français dans Wahrani, il rejoint dans cet esprit l'un des plus grands défenseurs du français dans les films algériens, Nadir Moknache qui a tenu à ce que la langue arabe soit la moins visible possible dans ses films. Du coup ses films étaient passés inaperçus dans les festivals arabes, que ce soit au Caire ou ailleurs.amirasoltane08@live.fr


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)