
Mustapha Benchenane, spécialiste dans les études politiques, stratégiques-militaires et économiques a aussi fait son entrée à la faculté de droit de Saint-Etienne, mais aussi directeur de séminaire au Collège interarmées de défense (Ecole militaire de Paris). Un parcours en défense et sécurité des plus originaux. Il est aussi auteur d'ouvrages sur l'Afrique et le monde arabe ; doctorat d'Etat en sciences politiques à la Sorbonne, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, section service public, diplômé de l'Institut des hautes études internationales, Paris ; Auditeur à la 43e session nationale de l'Institut des hautes études de défense nationale ; Politologue à l'université René Descartes (Paris V) et à la Sorbonne, expert et conférencier à l'Institut des hautes études de la défense de l'Otan-Rome.Invité au centre «El-Amal» de Mascara, samedi, il a présenté une conférence de presse sur «le rôle de l'URSS au Moyen-Orient», les véritables rapports de force et regrette la faiblesse de l'Europe et celle des Etats arabes, méticuleusement conservés à des fins inavoués. Après avoir évoqué la longue présence des Etats-Unis en Méditerranée, véritable zone d'intérêts stratégiques, bien qu'étant une puissance étrangère dans cette région, ils ont forcément des intérêts en Méditerranée. Pour l'orateur, la présence américaine est une donnée essentielle des réalités de cette région, l'Otan créée en 1949, couvrait l'espace méditerranéen jusqu'au tropique du Cancer, c'est-à-dire y compris l'Algérie jusqu'à son indépendance le 5 juillet 1962. Dans le même contexte, il a été question de l'adoption à la conférence de Washington en 1999 du nouveau concept de l'Otan, qui souligne que «la sécurité en Europe est étroitement liée à la stabilité en Méditerranée». La présence américaine est une donnée indispensable des dogmes de cette région. Ce qui implique qu'elle doit être au centre de toute réflexion stratégique. Durant la Deuxième Guerre mondiale, le général de Gaulle ne se faisait aucune conception quant à la nature de l'engagement américain et à leur antipathie à son autorité. Il est important de souligner que pendant la guerre, les Américains s'appuyaient sur Pétain ou sur Daclan ou sur Giraud, contre de Gaulle qui incarnait la volonté de la Nation. Les Américains contre leurs alliés Le conférencier a mis l'accent sur le rôle de ces derniers qui ont encouragé la construction de l'Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Seulement, dès qu'ils se sont rendus compte que la réunification des Européens pouvait poser problème y compris celui de contrecarrer leurs dividendes et leur volonté autoritaire dans la région, ils l'ont rivalisé. Le général de Gaulle analysait ainsi leur politique dès 1963, où il a reproché aux Américains d'avoir imposé l'Europe à six. Ce constat fait par le General de Gaulle, il y a de cela plus de quatre décennies est encore établi aujourd'hui. Les Etats-Unis ont tiré profit au maximum de l'existence d'une menace soviétique dont on peut se demander aujourd'hui s'ils ne l'ont pas exagérée à outrance pour mieux dominer ceux qui étaient censés protéger. La menace réelle du terrorisme est aujourd'hui utilisée en vue des mêmes finalités. Les Américains qui ont employé à foison l'Otan, et vu, cette recette du faux semblant a vu le général de Gaulle, d'ailleurs le seul chef d'Etat de l'Europe occidentale à en avoir tiré les conséquences en quittant le commandement intégré de l'Otan. Pour lui, la finalité était une France puissante dans une Europe forte et indépendante. Les Américains cherchent désespérément un ennemi, d'après l'intervenant, et ce, depuis la chute du mur de Berlin et le démembrement de l'Union soviétique, l'Europe n'a plus d'ennemis, mais il est du plus haut intérêt pour les Américains qu'elle n'en prenne pas conscience. Les Américains ont un besoin crucial d'avoir un ennemi à la fois pour des raisons de politique intérieure et pour maintenir homogénéité du monde occidentale sous leur direction et pour leur profit. C'est ce que résumait en une phrase en 1988 Gregory Arbatov, directeur de l'Institut pour les études nord?américaines à l'Académie des sciences politiques : «Nous sommes entrain de vous faire quelque chose de terrible, nous sommes en train de vous priver d'ennemi»... Par conséquent, il leur fallait donc trouver ipso-facto un ennemi de consolation pour proroger à abuser leur rôle despotique de l'oncle Sam. Dans ce volet des plus saisissants du rôle des Etats-Unis dans le Bassin méditerranéen, a été la question ad hoc à l'élargissement de l'Europe et, en particulier, à l'adhésion de la Turquie car, dans ces clauses d'élargissement indiquerait émiettement de l'Union européenne. Le conférencier dira à ce sujet : «Jamais ni dans le temps ni dans l'espace, la Turquie ne siégera à l'Union européenne ou en fera partie !» «Si les Européens se ressaisissent à temps, la Méditerranée pourrait devenir un espace de stabilité et non un protectorat américain», dira l'orateur. Quant aux autres acteurs qui veulent influer sur la localisation au Moyen-Orient, que de temps perdu avant de redécouvrir le précepte de vérité qui nous ramène sans cesse à la seule authenticité qui compte dans les relations internationales : les rapports de force qui sont légion dans la région. Persuadés que le régime syrien serait écarté en quelques mois comme le furent les dictateurs tunisien et égyptien, la plupart des pays occidentaux ont affiché leur soutien à l'Armée libre de Syrie (ALS). Aujourd'hui encore, la majorité des politiques et des «experts » peinent à spécifier la vraie nature du problème : il s'agit d'une guerre civile. Dans ce type de conflit, c'est l'Etat et le peuple qui implosent. C'est ce qui explique la multiplicité des acteurs. Cela favorise les ingérences étrangères à outrance, et la réalité du conflit syrien est bien infernale sur le terrain. Le régime toujours en place à Damas, tout dictatorial qu'il est, continue de bénéficier du soutien d'une partie de la population, en particulier les minorités qui ont tout à craindre de la victoire des musulmans sunnites dont rien ne prouve qu'ils soient des démocrates. La Russie, principale sociétaire de la barbarie et de la folie meurtrière qui ravale la Syrie du régime dictatorial de Bachar Al -Assad, un tyran sanguinaire qui massacre son peuple à coups de fût déflagrateur lancés à partir d'avions, hélicoptères et autres frappes russes aériennes contre les rebelles où les chamboulements des rôles ont amplement prouvé que cette organisation ne symbolise pas grand-chose dans les rapports de force. Au cours de ce débroussaillage de la situation au Moyen -Orient qui a duré plus de deux heures, le politologue M. Benchenane Mustapha mettra l'accent sur l'euphorie qui a marqué l'éclosion du «Printemps arabe», le fondement de réalité s'est décidé dans tous ces pays qui avaient supposé découvrir une liberté sans limites. L'orateur dans son analyse compulse les gravités, les entraves, les révoltes avortées, la revanche de la répression à travers ces différents pays, y compris ceux comme la Syrie et le Yémen où le printemps n'avait même pas commencé. Dans les points communs à ces révoltes et guerres civiles, il décrit la constante, le problème de fond de l'identité. Ce qui lui fait analyser : «L'islamisme apparaît pour ce qu'il est, un symptôme ; il est l'expression politique du désarroi, du désespoir et de l'humiliation (...), une manifestation de peur par rapport à la modernité perçue comme une occidentalisation, donc comme une semonce sur l'identité». Au cours de l'exposé, le politologue a aussi évoqué la nature des troubles en Algérie, communément appelée la «décennie noire», le premier pays arabe à être confronté au terrorisme, un terrorisme aveugle, violent et lâche où plus de 250 000 morts ont été enregistrés dans ce lot macabre. Personne n'a soutenu notre pays à l'époque, l'Algérie s'est retrouvée isolée sur le plan diplomatique et sécuritaire. Sur ce, et à la question d'un confrère de la presse écrite sur la visite d'Abdelkader Messahal à Damas qui a fait savoir au cours de sa déclaration à la presse syrienne et étrangère que le règlement de la crise syrienne ne concerne que les Syriens et eux seuls, loin de toute intervention étrangère. A la fin de sa visite à Damas, le ministre a déclaré que l'Algérie est prête à aider la Syrie dans la réconciliation nationale, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme. Le politologue Benchenane Mustapha, qui n'est pas allé par quatre chemins dira en ces termes : «C'est de la gesticulation diplomatique !». Pour conclure, pour le politologue Benchenane Mustapha, «la Russie qui a fait l'adjonction entre la mer Caspienne et la Méditerranée orientale donne une importance à cette partie du monde».
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Manseur Si Mohamed
Source : www.lnr-dz.com