Mascara

LES BAINS MAURES D'ANTAN A MASCARA : Une coutume en voie de disparition



LES BAINS MAURES D'ANTAN A MASCARA : Une coutume en voie de disparition
Pendant que notre pays cherche à encourager le tourisme qui est un acquit rentable après le pétrole, certaines structures faisant partie de notre patrimoine continuent à disparaitre comme les bains Maures ou les bains Turcs qui faisaient le charme de nos villes.
Ces infrastructures servirent jadis comme bains et comme hôtels pour les gens de passage en particulier les gens des campagnes qui après le souk hebdomadaires préféraient se rendre au bain mieux que dans un hôtel, puisqu'ils n'avaient pas la culture des hôtels qui était réservée aux Européens de l'époque. Les bains étaient équipés de matelas et de couverture, les baigneurs pouvaient se reposer quelques minutes avant de s'habiller, ils pouvaient également siroter un thé, une tisane ou une limonade, parce que dans les bains il y avait des buvettes ouvertes pour tout le monde, on se souvient des serveurs qui dans leur majorité avait cet air de courtoisie accompagné de grimace, les gérants de ces buvettes apprenaient par c'ur des poésies qu'ils lisaient à haute voix chaque fois que c'est nécessaire. Les anciens bains sont dans leur majorité fermés, transformés ou démolis, ceux construits ne répondent pas aux normes des anciens bains, ils ont plutôt l'aspect des bains de vapeur des Européens donc nos bains disparaissent petit à petit laissant la place aux bains dit modernes mais qui ne peuvent remplacer les anciens. Chacun de ces bains avait une appellation comme Hammam El Baraka, Hamam El Turc, Hamam Chouyoukhs. Les bains qui continuent à survivre au niveau de la ville de Mascara sont Hamam EL Zadjara (Hamam des Bouchers) et Hamam El Gourchali et Hamam El Baraka les deux premiers sont situés à proximité du Souk d'Erakaba et le troisième mitoyen à la grande Mosquée. Il est de construction turque, chacun de ces Hamams a ses histoires. En effet, nos grands parents nous racontaient beaucoup de choses sur ces Hamams comme par exemple « celui qui est entré en premier dans le Hamam puis il fut rejoint par une autre personne quelques minutes plus tard, il demande à la personne de lui passer le savon et celle-ci se présente avec des pattes de chèvres, au vu de ces pattes, il se sauve pour aller se refugier auprès du caissier et lui raconte la chose et ce dernier lui dit est ce que ces mains sont comme les miennes et lui montre les mêmes pattes alors il perd connaissance jusqu'à l'arrivée des gens, on dit que ce sont des Djinns qui ouvrent le Hamam ». Nos parents avaient leur éducation et leur manière de nous apprendre les choses, une éducation indirecte mais efficace. Ces histoires leur permettaient de nous dire faite attention dans les Hammams et ne venaient pas seul. Les Hammams doivent revenir à leur ancien look pour permettre aux gens de s'y rendre, H. Mohamed disait à ce sujet « Tout a changé dans notre ville, on a perdu nos coutumes et traditions, après la disparition des artisans de l'Argoub, les tanières de Sidi Ali M'hamed, les vendeurs de lait, les horlogers c'est au tour des hammams de disparaitre l'un après l'autre. Autrefois, on prenait notre bain puis on se reposait une demie heure sur un matelas, on se permet même de prendre un thé, une tisane ou une boisson rafraichissante, puis tout a disparu, sous prétexte que ces matelas portaient des microbes, on aurait dû exiger une propreté des lieux et imposer des contrôles mais ne pas les supprimer. Si à chaque fois qu'il y a une saleté quelque part on supprime l'endroit, cela va créer une catastrophe à l'avenir et que tous nos établissements seront fermés ». Mascara doit penser à faire revivre ces traditions et les faire sortir de leurs cendres. C'est ce qu'on espère avec l'arrivée du nouveau Directeur de la Culture, lequel a déjà créé une ambiance dans le secteur, depuis son arrivée la culture a commencé à bouger.
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