
Al'origine était le film, puis très vite la salle arriva et leur mariage réussi nous donna le spectateur, cet être magnifique. C'est pourquoi l'information rapportée par un journaliste de Sidi Bel Abbès qui annonçait que le wali de cette ville avait inauguré dernièrement deux nouvelles salles de cinéma pourrait marquer la renaissance de ce cycle vertueux à la condition bien sûr que cette information véritable, cadeau de nouvel an pour les jeunes, filles et garçons de cette ville soit vérifiée et confirmée. Notre journaliste pourrait entre autres nous dire si ces salles sont équipées sur le plan technique, si les appareils de projection, la sonorisation et l'écran sont installés, si les opérateurs, ces authentiques protecteurs des films existent, si des films sont régulièrement programmés, et enfin si la billetterie est en place.En un mot comme en deux, notre informateur devrait en simple spectateur anonyme se rendre dans ces salles pour tout simplement voir un film et si possible un bon. Pour notre part, nous ne lui souhaitons pas de vivre la même expérience que nous il y a une dizaine d'années à propos de la salle de répertoire de la cinémathèque de Constantine. En effet, au début de l'année 2004, quelques petits mois seulement avant notre mise à la retraite, un coup de fil chaleureux du wali de cette ville nous invitait à inaugurer avec lui la salle Nasr, belle petite salle de quartier.Après une longue conversation, toujours aussi chaleureuse, nous sommes arrivés à le convaincre d'annuler cette inauguration mascarade, car la salle ne possédait pas encore de cabine de projection, alors que les travaux de restauration ont débuté en l'an 2000.Ce haut responsable de l'Etat, sage et avisé, à la différence de la majorité d'entre eux, tous plus autoritaires les uns que les autres, doit rire sous cape aujourd'hui lorsqu'il apprendra que cette salle est toujours fermée, alors que 14 bonnes années sont déjà passées et de plus qu'elle a été, paraît-il, restaurée une deuxième fois. Pour revenir à Sidi Bel Abbès, cette ville qui a accueilli Kateb Yacine, la ville du fameux groupe Raïna Raï et du grand Slim, peut être fière de compter parmi ses enfants un immense cinéaste poète qui nous a donné de grands et authentiques films-poèmes. Nous sommes certains qu'il peut encore offrir d'autres œuvres à sa ville et à ses enfants et il s'appelle Brahim Tsaki. En attendant et pour rester dans le monde de la poésie, apprécions tous ensemble justement l'un de ses poèmes et reconnaissons aussi tous ensemble qu'il est d'actualité.Tu m'as dit/Frappe ta s'ur /Quand elle danse /Pour qu'elle pleure /Et toi danse./Mon père,/Quand je frappe/Ta fille,/C'est moi/Qui pleure/Et c'est elle /Qui danse/Pour arrêter/Mes pleurs./Mon père/Tu décrètes /Que je sois/Comme un diamant !/Dur !/Unique !/Lisse !/Riche !/Moi je voudrais être/Du fumier,/Vrai dans son odeur./Des diamants,/Ne naissent rien./Des fumiers,/Naissent des fleurs,/Disait/Un vieux proverbe/De la renaissance./Ton fils./Mon père,/Tu m'as interdit/De voir !/Avant./Et j'ai vu./Tu m'as interdit/De caresser !/Avant/Et j'ai caressé,/Avant./Tu m'as interdit/D'aimer !/Avant./Et nous avons/Avorté!/Après.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Boudjemaâ Karèche
Source : www.elwatan.com