Mascara - A la une

Le ciment entre crise et spéculation



Eu égard à l'implantation de deux cimenteries et d'une briqueterie dans la wilaya de Mascara, les résidents de cette région ne devraient en principe rencontrer aucun obstacle à s'alimenter en ces matériaux de construction. Mais si en théorie cette réflexion fait recette, en réalité il n'en est rien, puisque les entreprises en bâtiment et les autoconstructeurs de ce département se heurtent à divers obstacles pour accéder à ces produits.En effet, la wilaya de Mascara dispose de deux importantes cimenteries, l'une domiciliée dans la commune de Zahana, identifiée sous le sigle Erco, que les anciens désignent par son ancienne appellation "La Cado", et la seconde, en l'occurrence la société Lafarge (ex-Orascom), dont le siège est sis à la zone de production de la daïra de Oggaz (Sig).
En hiver, le problème est relativement moindre, mais en été la crise s'aggrave, favorisée par une demande plus importante du ciment, un produit nécessaire pour toutes les constructions. Cette situation est exploitée par une catégorie de spéculateurs pour imposer leur diktat.
Dans ce contexte, force est de constater que le marché du ciment est depuis quelques années source de compromis, car caractérisé par une spéculation à large échelle, entretenue par un circuit de distribution déstructuré et des opportunistes et aventuriers de tous bords, activant à visage découvert.
Le prix du ciment, contrairement aux directives de la direction de la concurrence et des prix, afin de remettre un minimum d'ordre et de transparence sur le marché du ciment, reste excessivement élevé, donc inaccessible pour la majorité des constructeurs. Il n'est un secret pour personne qu'en été la demande des matériaux de construction explose et les prix flambent.
En dépit de quelques initiatives opérées dans le but de juguler les prix des matériaux, notamment ceux du ciment, les spéculateurs, quant à eux, continuent en toute impunité de s'enrichir sur le dos des malheureux constructeurs.La production est en baisse, car l'unité enregistre des arrêts fréquents liés à des pannes ou des grèves des travailleurs.
Et c'est à ce titre que la société a entrepris des travaux d'extension de ses installations avec une production supplémentaire de 800 t/j.Le prix pratiqué actuellement du sac de ciment de 50 kg de l'Erco avoisine les 500 DA en hiver mais grimpe jusqu'à 800 DA en été. Bien souvent des anomalies relatives au poids sont relevées par les clients avec des sacs de 45 ou 48 kg.
À un degré moindre, les mêmes problèmes sont recensés à la cimenterie de Oggaz avec une production, certes, relativement constante mais ne pouvant de ce fait satisfaire la demande. Les prix pratiqués par cette unité sont souvent ignorés par les entrepreneurs et les autoconstructeurs, puisque majorés à leur sortie de l'enceinte de l'usine.
Ceux qui gèrent cette unité ne se sentent nullement responsables des opérations spéculatives exercées par les intermédiaires car se déroulant en dehors de l'unité. Les transporteurs achètent le sac à 280 DA et le revendent à 350 DA à des spéculateurs une fois la porte de sortie de l'usine franchie. Outre les deux cimenteries, une briqueterie est opérationnelle dans la commune de Hacine, une unité exploitée par un privé.
Cette briqueterie dispose de l'argile piochée des montagnes situées à proximité et puise l'eau de l'oued El-Hammam qui passe à deux pas, des avantages non négligeables et dont tire profit l'exploitant. Avec une production, certes, instable de 50 000 unités/j, cette briqueterie ne parvient pas à satisfaire les besoins exprimés par des clients souvent exigeants quand il s'agit de la qualité du produit.

A. B.
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