Ce sont plus de 50% des superficies cultivées qui ont été affectées par les conditions climatiques défavorables.De prime à bord, la vocation de la wilaya de Mascara reste l'agriculture, un secteur dominé toutefois par la viticulture. En effet, depuis l'ère des temps, la région de Mascara, qui bénéficie de concours de circonstances favorables, a servi de tremplin pour attirer les agriculteurs dans le but évident de les encourager à investir dans le développement des produits liés à la viticulture.
La fertilité de ses terres, les richesses hydriques de ses nappes souterraines et les conditions climatiques idéales ont été un gage de garantie pour les producteurs, lesquels n'ont pas hésité à s'engager dans les activités dominées par le vignoble.
Outre le vin de table, la wilaya de Mascara se distinguait par la qualité de ses produits caractérisés par le label de ses vins qui porte son nom et dont la renommée dépasse largement les frontières de notre pays, principalement le vin rouge "Mascara" ou "Les Coteaux de Mascara", qui restent toujours et encore des boissons alcoolisées très prisées, ce qui leur ont valu plusieurs distinctions sur le double plan national et mondial.
Toutefois, les récoltes de ces produits enregistrent une nette diminution, particulièrement au cours des deux dernières décennies. Ainsi, la récolte de 50 000 q sur laquelle spéculaient les responsables au niveau des services agricoles est loin d'être atteinte car la production de cette année n'excède pas 25 000 q.
Dans l'optique de récupérer des aires pour la réalisation des infrastructures socioéducatives, ceux ayant pouvoir de décision ont procédé à un arrachage massif de centaines d'hectares de vigne, des opérations renouvelées avec plus d'ampleur chaque année, sans pour autant en mesurer les conséquences.
Eu égard à ces inconvénients, la production de cette année est compromise car d'autres facteurs ont contribué à ce déclin. Dans ce contexte, force est de citer, d'un côté, les grandes chaleurs enregistrées dans la région et, de l'autre, la pénurie de main-d'?uvre spécialisée. Le sirocco qui a soufflé en juillet et août a grandement affecté les grappes de raisin asséchées de leur jus.
Ces indicateurs ont eu pour effet de décourager les producteurs, préférant abandonner sur pied les produits plutôt qu'engager des dépenses difficiles à combler liées à la cueillette des raisins.
Si jadis la main-d'?uvre pour une telle besogne était disponible, ce n'est plus le cas de nos jours, et les rares jeunes qui se portent volontaires pour effectuer ce travail jugé pénible eu égard aux circonstances exigent la satisfaction de leurs conditions qui consistent à travailler le matin de l'aube à midi seulement et des indemnités qui oscillent entre 1 800 et 2 000 DA/jour.
Dos au mur, les producteurs sont obligés d'accepter ces conditions et de limiter les pertes. Cette campagne n'a pas été épargnée par ces aléas puisque ce sont plus de 50% de la production cultivée sur une superficie réduite qui sont affectés par les conditions climatiques défavorables.
De ce fait, la situation de la viticulture est en net recul dans la wilaya de Mascara avec un fossé qui s'élargit chaque année un peu plus et, gagnés par le découragement, les rares professionnels du secteur privé ont abdiqué pour n'avoir pas pu surmonter tous les obstacles. Néanmoins, une petite consolation émane du secteur public, notamment l'ONCV (Office national de la commercialisation des vins), qui continue à exercer l'activité en dépit des conditions défavorables.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A B
Source : www.liberte-algerie.com