Mascara - A la une

La mascarade continue



Décidément, Chakib Khelil ne manque pas de culot. Faisant fi de l'indignation et du sentiment de révolte au sein de l'opinion qu'évoque son nom, associé aux affaires de corruption Sonatrach ou Saipem en Italie, l'ancien ministre de l'Energie a poussé l'arrogance jusqu'à admettre, sur une chaîne de télé privée, avoir rencontré Farid Bedjaoui à Paris.Le neveu de l'ancien ministre des Affaires étrangères, un sulfureux intermédiaire, est lui-même recherché par la justice italienne, parce que mêlé au scandale des pots-de-vin ? de l'ordre de 198 millions de dollars ? versés par l'entreprise italienne à des responsables algériens en échange de juteux contrats. C'est toute honte bue et avec un mépris absolu à l'égard des Algériens qu'il affirme, dans le même entretien accordé à la télévision Ennahar, réputée proche du clan présidentiel, qu'il reconnaît posséder des comptes en Suisse, où il aurait déposé 900 000 euros ! En se mettant ainsi en scène, il a tenu à montrer, aux yeux de tous, qu'il jouit d'une impunité sans limite. On peut penser que ce n'est pas en comptant sur la baraka des saints des quelques zaouïas qui ont accepté de l'adouber qu'il tire cette confiance, mais plutôt de ses amitiés présidentielles.En effet, beaucoup s'attendaient, après son retour au pays, suite à son exfiltration, qu'il repasse comme le prévoit la procédure devant le parquet qui a lancé l'enquête et que toute la lumière soit faite sur son affaire. Loin s'en faut, le voilà qui se comporte comme si de rien n'était, allant jusqu'à faire croire que le moindre soupçon ne peut être retenu contre lui. Prêt à jurer par tous les marabouts qu'il est innocent et qu'une «poignée seulement» serait persuadée du contraire. Preuve en est que sous le régime de Abdelaziz Bouteflika, M. Khelil est loin d'être un justiciable comme les autres et qu'il est bel et bien au-dessus des lois. Un tel comportement ne peut qu'entretenir le discrédit général à l'égard de la justice algérienne. Une mise en scène où l'ancien ministre campe le rôle de l'accusé à tort, une situation qu'il tourne en sa faveur en se montrant arrogant et sûr de son bon droit. Alors qu'il devrait normalement expliquer pourquoi rencontrer ailleurs qu'à Alger et en dehors du siège de son ministère des intermédiaires et des représentants de partenaires étrangers pour discuter de l'attribution de marchés relevant de son secteur. Pour être à l'abri des regards indiscrets, sans doute...Partout ailleurs des aveux semblables tenus par un haut responsable de l'Etat suffiraient pour l'ouverture d'enquêtes afin de savoir pourquoi un ministre en fonction conserverait-il ouverts des comptes en Suisse ou ailleurs à l'étranger. Et si des transferts financiers y sont effectués, quelle en est l'origine ' Autant de questions qui intéressent l'opinion et auxquelles on n'apportera sans doute aucune réponse tant que perdurera l'autoritarisme d'un système de pouvoir reconnaissant envers les siens et tous ceux qui le servent. Du coup, beaucoup d'Algériens se mettent à espérer que la fin de cette mascarade vienne un jour de la justice étrangère.


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