La Fondation Emir-Abdelkader a organisé une rencontre à Alger, avec le socio-anthropologue et chercheur en histoire Mohamed Taïbi, qui est revenu sur le parcours, le combat et les qualités de cet homme d'Etat, de culture, de savoir et de sérénité.Le 27 novembre de cette année, l'Algérie célèbre le 187e anniversaire de la Moubayaâ de l'Emir Abdelkader qui s'est faite le 27 novembre 1932 à Ghriss (wilaya de Mascara), ville natale du chef militaire et spirituel de l'époque. L'occasion a été donnée à la Fondation Emir-Abdelkader de réunir les gens de Mascara autour de ce symbole de l'unification de l'Algérie et de tenir un petit forum à Alger, au siège du quotidien El Moudjahid, pour rappeler aux présents le mérite du père fondateur de l'Algérie moderne. En présence de madame Zhor Boutaleb, secrétaire générale de la fondation, des élèves de l'école Emir-Abdelkader et de quelques invités, le socio-anthropologue et chercheur en histoire, Mohamed Taïbi, est revenu sur le parcours, le combat et les qualités de cet homme d'Etat, de culture, de savoir et de sérénité qui fut le fondateur de l'Etat algérien moderne, qui a su réunir autour de lui des hommes de valeur soucieux du devenir de leur pays et animés par un combat commun : la liberté et la justice. Car c'est avant tout de cela dont il est question lorsqu'il s'agit d'élire un chef qui doit avoir nécessairement les qualifications requises pour pouvoir diriger tout un peuple qui a cru en lui et l'a choisi par conviction. Il sera question pour cet élu de servir son pays et non asservir son peuple, comme le dira si bien l'intervenant, faisant un clin d'?il à l'actualité brûlante du moment et rappelant à l'assistance que l'occasion est donnée de revenir sur ce personnage si complet, si rassembleur et pourtant encore sujet à polémique par ceux-là mêmes qui continuent sur la lancée du "diviser pour mieux régner". Tout au long du forum, suivi par de jeunes élèves qui ont été invités pour connaître un peu la vie de celui dont leur école porte le nom ? ce qui aurait été davantage utile ne serait-il pas d'ouvrir plutôt les portes des écoles à ce genre de rencontres ? il a été question de la vie militaire et de l'?uvre culturelle de l'Emir, cet homme qui en a fasciné plus d'un, devenu universel tant son projet "humain" et "unificateur" a dépassé les frontières. "Ce poète, mystique, guerrier, pacifiste, juste, précurseur des droits de l'homme, unificateur? Un homme hors du commun à la vie riche et intense", rappellera encore Mohamed Taïbi qui reviendra aussi et surtout sur son côté bâtisseur averti, car il a été "architecte" de "l'Etat-nation" moderne avec ce que cela exige comme matériau et support : un système solide, fiable et crédible, édifié sur des structures administratives et logistiques réfléchies, une économie conséquente, une diplomatie clairvoyante, entouré par une armée forte et stable, le tout cimenté par un projet culturel et humain rassembleur et unificateur pour un "vivre ensemble" dans la paix et la justice pour tous. Beaucoup reste à dire sur ce poète mystique, père des "mawaqif" (haltes), sauveur des chrétiens de Damas, homme universel et personnage remarquable à plus d'un titre, dont on rappellera juste, entre autres descriptions, celle de Léon Roches qui dira : "Quand il prie, c'est un ascète ; quand il commande, c'est un souverain ; quand il parle guerre, ses traits s'illuminent ; c'est un soldat" ou encore Si Kaddour ben Rouila, soldat poète qui deviendra son secrétaire particulier et qui dira de lui : "Il est très honnête et ne veut jamais rien prendre pour son compte dans le Trésor public (...) Sa justice est tout à la fois douce et rigoureuse, ses décisions sont conformes aux paroles des meilleurs livres ; il n'est pas indulgent pour celui qui a commis une faute grave, il punirait son fils s'il était mis dans le même cas." L'Emir Abdelkader est, et restera pour l'histoire un personnage qui a marqué l'Algérie du sceau de son passage.
Samira Bendris-Oulebsir
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samira BENDRIS OULBSIR
Source : www.liberte-algerie.com